Les colts brillent au soleil : la critique du film (1970)

Western | 1h32min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
Les colt brillent au soleil, vignette chaîne action

  • Réalisateur : Sergio Merolle
  • Acteurs : John Ireland, Raymond Pellegrin, Betsy Bell, Andrea Giordana
  • Date de sortie: 08 Avr 1970
  • Nationalité : italien, français
  • Titre original & alternatifs Quanto costa morire (original), A taste of Death (Etats-Unis), De colts schitteren in de zon (Flamand)
  • Scénariste : Biagio Proietti
  • Directeur de la photographie : Benito Frattari
  • Compositeur : Francesco De Masi
  • Sociétés de production : Cine Azimut, Les Films Corona
  • Distributeur : Les Films Corona
  • Date de sortie vidéo : 1992 (VHS)
  • Editeur vidéo : TF1 Video (VHS, 1992)
  • Crédits visuels : Dessin : Hermida © 1970 Enzo Merolle, Robert Dorfmann, Cine Azimut, Les Films Corona. Tous droits réservés.
  • Année de production : 1968
  • Format : 1.66 : 1 / Couleurs (Eastmancolor) / Mono
  • Box-office France / Espagne (1970) 157 673 entrées / 841 609 entrées
Note des spectateurs :
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Les colts brillent au soleil, unique film de Sergio Merolle, est un coup de maître injustement méconnu, a découvrir absolument!

Synopsis : Bloqués par la neige, des voleurs de chevaux s’installent dans un petit village de montagne. Leur présence va y semer la terreur…

Critique : En 1968, Sergio Merolle, jusqu’alors directeur de production sur de nombreux longs métrages dont La bataille d’Alger, réalise son seul et unique film, Les colts brillent au soleil. Contre toute attente, le long métrage est une vraie réussite. La réalisation de Merolle, pourtant novice en la matière, est superbe. Il nous propose de magnifiques travellings, et ce même pendant l’action. Ajoutez à cela de beaux cadrages et des plans surélevés et vous obtenez un vrai style. On se prend ainsi très vite à regretter que Sergio Merolle ait mis fin aussi vite à sa carrière de metteur en scène.

Les colts brillent au soleil un film simple et efficace…

Même s’il a été tourné dans le parc national des Abruzzes, au nord-est de Rome, Les colts brillent au soleil propose des décors enneigés très convaincants. Ces derniers sont mis en valeur par la superbe photographie de Benitto Frattari. Les éclairages sont très convaincants, y compris lors des scènes nocturnes, le tout conférant une ambiance très singulière au film. Ceci amènera beaucoup de monde à  le considérer comme un succédané du Grand silence, avec lequel il partage beaucoup de similitudes. Or ce serait une erreur, Les colts brillent au soleil étant sorti quelques mois avant le film de Corbucci en Italie.

De façon générale, on pourra reprocher aux colts brillent au soleil son manque de spectaculaire et de lyrisme. En effet, le rythme se révèle parfois lent et le budget limité, mais ces contraintes sont plutôt bien contournées. En résulte un film minimaliste à l’ambiance glaciale captivante. Enfin, le script de Biagio Proietti, s’il se révèle assez simple dans son déroulement, et très influencé par le western classique, recèle une grande profondeur thématique.

Les colts brillent au soleil , un film non dénué de profondeur

Beaucoup ont vu dans cette histoire de village pris en otage par des bandits une dénonciation des heures les plus sombres de l’Italie fasciste. En effet, Les colts brillent au soleil met en avant l’oppression d’un peuple tiraillé entre conformisme et rébellion suicidaire. Comme les grands westerns spaghetti, Les colts brillent au soleil est un film universel. Il propose en effet une réflexion sur des thèmes aussi fondamentaux  que la violence ou la liberté. Son manque de lyrisme est en fait cohérent, car le film cherche à sonder l’âme humaine sans idéaliser des héros. Néanmoins, il recèle un certain aspect tragique, au sens le plus classique du terme, dans son évocation du thème de la paternité.

Les colts brillent au soeil, affiche cinéma france (alternative)

© 1970 Enzo Merolle, Robert Dorfmann, Cine Azimut, Les Films Corona. Tous droits réservés.

Les colts brillent au soleil est un film pessimiste et triste, ce que souligne bien son titre original. La musique de Francesco De Masi, maîtrisée et lancinante, contribue à cette atmosphère mélancolique. Enfin, le trio d’acteurs apporte beaucoup d’humanité à leurs personnages. John Ireland incarne un protagoniste attachant, qui va former un jeune et fougueux Andrea Giordana. Raymond Pellegrin campe quant à lui un shérif simple mais intègre, prêt à mourir pour ses idées. Face à eux, Bruno Corazzari incarne un antagoniste glaçant, et nous livre une performance atteignant presque le niveau des meilleurs rôles de Klaus Kinski.

Les colts brillent au soleil mérite de toute urgence une réédition

En définitive, Les colts brillent au soleil est une œuvre malheureusement passée inaperçue chez nous, ce qui est probablement dû à sa date de sortie, postérieure à celle du Grand silence. Aujourd’hui encore, il demeure un film rare, disponible uniquement en VHS . Partout dans le monde, de nombreux amateurs attendent avec impatience de pouvoir profiter d’un tel chef-d’œuvre dans des conditions décentes. C’est ainsi que l’on espère de tout cœur une ressortie de ce petit bijou méconnu du genre.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Les sorties de la semaine du 8 avril 1970

Les colts brillent au soeil, affiche cinéma france

Dessin / Illustrateur : Hermida – © 1970 Enzo Merolle, Robert Dorfmann, Cine Azimut, Les Films Corona. Tous droits réservés.

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