Les Tuche 3 : la critique du film (2018)

Comédie | 1h35min
Note de la rédaction :
5/10
5
Les Tuche 3 affiche du film

  • Réalisateur : Olivier Baroux
  • Acteurs : Isabelle Nanty, Jean-Paul Rouve, Claire Nadeau, Nicolas Maury, Stéphan Wojtowicz, Sarah Stern, Olivier Baroux, Pierre Lottin, Jean-Michel Lahmi
  • Date de sortie: 31 Jan 2018
  • Année de production : 2018
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Les Tuche 3
  • Titres alternatifs : Les Tuche 3: Liberté, Égalité, Fraternituche, The Magic Tuche (International), Rodzina Tuche: Wolność, równość, rodzina (Pologne)
  • Scénaristes : Olivier Baroux, Nessim Chikhaoui, Julien Hervé, Philippe Mechelen, Jean-Paul Rouve
  • Directeur de la photographie : Christian Abomnes
  • Monteur : Flora Volpelière
  • Compositeur : Martin Rappeneau
  • Producteurs : Richard Grandpierre
  • Sociétés de production : EskwadPathéTF1 Films Production
  • Distributeur : Pathé Distribution
  • Editeur vidéo : Pathé Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 2 juin 2018
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 5 687 200 entrées / 620 362 entrées
  • Box-office monde : 47 427 990 $
  • Budget : 13 090 000 euros
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur / 5.1
  • Festivals et récompenses : Sélection officielle du Festival de l'Alpe d'Huez 2018, César du Public 2019
  • Illustrateur / Création graphique : © Création originale JEFF / © Photos : Arnaud. Borrel Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2018 Eskwad - Pathé Films - TF1 Films Production - Gialla Productions - Jouror Films Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 3e chapitre de la franchise des Tuche
Note des spectateurs :

Encore un président qui ne tient pas ses paroles ! Comédie sans scénario, Les Tuche 3 aligne les gags « piches » et « cruches », avec l’approximation à micro-ondes de la réplique réchauffée. Du déjà-vu qui peut néanmoins compter sur des personnages attachants.

Synopsis : Jeff Tuche, se réjouit de l’arrivée du TGV dans son cher village. Malheureusement, le train à grande vitesse ne fait que passer, sans s’arrêter à Bouzolles. Déçu, il tente de joindre le président de la République pour que son village ne reste pas isolé du reste du territoire. Sans réponse de l’Élysée, Jeff ne voit plus qu’une seule solution pour se faire entendre : se présenter à l’élection présidentielle… Profitant de circonstances politiques imprévisibles, Jeff Tuche et toute sa famille vont s’installer à l’Élysée pour une mission à haut risque : gouverner la France.

Les Tuche 3 ou l’anticipation du mouvement des Gilets jaunes

Critique :  Vous trouvez le président Macron et son sens de la communication lisses? Pas de problème, Les Tuche 3 est là pour vous remonter le moral, anticipant dans l’humour le mouvement des Gilets jaunes, avec le prolétariat débarquant à l’Elysée.

Le sens de la répartie plein les dialogues, sans poudre de perlinpinpin et saperlipopette à chaque sortie d’autoroute, Jeff Tuche et sa famille cruche investissent la résidence présidentielle après quelques jolis malentendus politiques qui font sourire (un candidat vert rattrapé par le scandale d’une photo de lui et de son trophée de chasse, un panda criblé de balles). L’idée est connue, et les deux premiers films de la désormais célèbre trilogie d’Olivier Baroux et de bon nombre de comédies françaises (La vie est un long fleuve tranquille, Neuilly sa mère!, Les visiteurs…) aiment l’appliquer à la lettre, en déclinant la nature chic du réceptacle. Il s’agit toujours de placer des éléments incongrus dans un milieu de convenance et de décorum, où la sympathie et la franchise du petit l’emportent toujours sur la mesquinerie de la haute société.

La sympathie, les Tuche l’ont déjà acquise, ils la conserveront bon gré mal gré. Point de personnages dans la famille qui n’obtienne pas l’adhésion populaire dans ce chapitre. Et ce même si le fils intello de la bande, pivot du second numéro, puisqu’il était la raison pour laquelle la famille s’expatriait aux USA, se trouve, en raison du scénario, plutôt absent des devants de la scène élyséenne.

Une comédie du verbe maltraité

Les Tuche, ces dictionnaires ambulants d’un français revisité par la syllabe folle, égratignent l’accent, écorchent la langue, et savourent le premier degré des mots. Et on apprécie cela. De leurs ratés linguistiques sur lequel le gros du film repose, à la fainéantise légendaire de chômeur de Jeff président, portée ici en emblème national (la généralisation d’un jour férié, avant le jour férié, pour s’y préparer, mais aussi après, pour s’en remettre ; l’exécutif qui se met en grève contre le CAC40, devenu le « couac 40 »), forcément, le sourire est fréquent. Dans ce bain de franchouille avéré, on évite même la consternation pour une bienveillance sereine.

Pas de socle narratif solide

Toutefois, l’idée d’un rire volontiers ne se vérifie pas, puisque l’essentiel de l’œuvre, qui devrait aussi passer par une structure scénaristique, abdique de tout bon sens. Le film n’a pas de cap et les rouages ne sont pas suffisamment solides pour ne pas trahir la parole présidentielle du nouveau chef de l’État.

Les méchants (appelez-les adversaires politiques ou écrivaillon à la plume opportuniste acérée) sont expédiés de façon transparente, à l’image d’une fin précipitée qui tord le cou à la vision que peuvent avoir certains amateurs du genre comique, pour qui la suite de gags contrebalancerait l’absence de narration. Les Tuche 3 ne permet en rien de valider cette vision un peu limitée du divertissement.

Malgré une réalisation ronde et des décors surprenants qui ne manquent pas d’aisance (budget de 13 millions d’euros), l’appréciation de cette suite de sketches est donc essentiellement télévisuelle et TF1 l’a déjà engagé pour ses primes, en étant coproductrice.

Les Tuche 3 trahit encore la parole présidentielle

In fine, en 2018, le président Tuche n’est pas le premier à trahir sa parole présidentielle ou à n’œuvrer que pour son microcosme de fidèles (il propose immédiatement à ses potes chômeurs de venir prendre les postes de ministres) ; pis, il n’est pas le dernier des élus à parvenir au sommet de la République sans vrai parcours politique (il a quand même le mandat de maire de Bouzolles !). Mais on lui reconnaîtra au moins de ne pas avoir la fadeur et l’air benêt de ses prédécesseurs, même s’il est né avec un bonnet d’âne cousu sur la tête. Bref, quand on voit l’état mortifère de la politique actuelle, on se dit que finalement, un Tuche au pouvoir, ce n’est pas non plus la catastrophe tant redoutée. Box-office Verdict : un énorme succès en province, moins sur Paris… 5.687.100 en France, soit un million de plus que le précédent volet. Les Parisiens n’ont même pas été 700.000…

Avec ce score phénoménal, le public a élu Les Tuche 3 deuxième plus grand succès annuel en 2018, premier pour une production nationale, ce qui lui a valu le César du public devant La famille Ch’ti de Dany Boon.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 31 janvier 2018

Voir le film en VOD

Les Tuche 3 affiche du film

Création originale JEFF / © Photos : Arnaud Borrel / © 2018 Eskwad – Pathé Films – TF1 Films Production – Gialla Productions – Jouror Films

Box-office Vintage

Retour sur différents articles de box-office que nous avions postés au fil des semaines de la carrière phénoménale des Tuche 3. A reprendre dans le contexte de sa sortie le 31 janvier 2018.

Paris 14 heures

Les Tuche 3 tient la République en marche ! 1.892 entrées dans 20 salles, pour une comédie populaire au fort potentiel provincial : c’est une première séance décapante, certes moins impressionnante (1.892 entrées/17 salles) que le démarrage du premier volet, sur cette même case, mais largement mieux que le numéro 2 qui avait ouvert à 1.019 spectateurs dans 16 salles. Les critiques favorables ont sûrement incité le public parisien à se rendre à l’Elysée du rire. En deuxième place, Woody Allen ne semble pas subir les foudres des bien-pensants : 1.703 entrées dans 28 salles, c’est un beau score pour Wonder Wheel, mais loin des précédents longs de l’auteur. Dans un contexte moins houleux, sans appel au boycott, le réalisateur new-yorkais avait séduit un cercle de 2.861 spectateurs dans 29 salles, sur cette même séance, lors d’un Café Society réussi. Au niveau des bonnes surprises, la production décalée hexagonale Gaspard va au mariage séduit : 746 entrées dans 13 salles, pour une œuvre au casting méconnu, c’est tout bon ! Distribué dans 12 salles, L’insulte, nommé à l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère, fait le job (451 entrées, moyenne de 38). Les valeureux soldats de Horse Soldiers sont un peu bons à rien : quand on sait qu’ils sont emmenés par Thor le guerrier en personne, Chris Hemsworth, on peut se demander où sont les fans de l’acteur : 372 entrées dans 10 salles, moyenne de 37. Des films d’auteur suivent en pagaille, notamment Oh Lucy ! (310/9 salles), ou Une saison en France avec Sandrine Bonnaire (100 entrées/5 salles). Le désastre de la semaine pourrait s’appeler Sparring, nouvelle production Europa Corp qui s’écrase dès son lancement avec 282 entrées dans 11 salles, malgré la présence de Mathieu Kassovitz (moyenne de 26).

Les Tuche 3 en première semaine

Un pour Tuche, Tuche pour trois ! C’est un véritable ouragan qui s’est saisi des 756 cinémas exploitant le 3e volet des Tuche. Avec 2.201.007 entrées, la comédie d’Olivier Baroux réalise le 11e meilleur démarrage de l’histoire pour une production hexagonale, et évidemment le meilleur score d’une trilogie qui avait pourtant démarré timidement en 2011, avec 354.188 entrées. Le second opus avait ouvert de son côté à 1.500.000 entrées 5 ans plus tard, précipitant ce 2e sequel beaucoup plus rapidement ! Le cinéma français avait besoin d’un tel bolide, après des mois de scores au mieux convenables, mais bien loin des tornades espérées dans le domaine de la comédie locale. Dans le top 10 la production nationale est également représentée par Brillantissime, un budget moyen qui sabre le champagne avec 547.000 entrées en 21 jours (88.000/399 en 3e semaine) et La douleur d’après Duras qui permet aux Films du Losange de connaître leur plus gros succès depuis longtemps (194.003 lecteurs en 15 jours). La deuxième nouveauté du top 10 a pour titre Wonder Wheel, de Woody Allen. Accompagné d’un buzz défavorable, ce très beau drame doit se contenter de 151.000 entrées dans 264 cinémas. Présenté à Cannes en 2016, Cafe Society avait alors attiré 365.813 fidèles du cinéma new-yorkais sur ses 7 premiers jours. En fait, ce cinéaste phénoménal dans sa longévité (une vie de succès, à raison d’une œuvre par an !) n’avait pas subi un démarrage aussi mou depuis des décennies. Même des œuvres mineures comme Anything Else, Melinda et Melinda ou Le rêve de Cassandre avaient été au-dessus pour leur première semaine. Au vu de la qualité du film, ceci est vraiment dommage.

La deuxième semaine des Tuche 3

Les chiffres : Encore une nouvelle année triomphale pour Universal France qui démarre 2018 avec les succès des Heures sombres (700.000 entrées), de Pentagon Papers, qui se situe aux portes du million en 3 semaines (198.000 entrées en 3e semaine), et surtout Cinquante nuances plus claires, troisième et ultime numéro de la saga romantico-érotique qui prend la tête cette semaine, avec 1.257.000 entrées dans 700 salles. C’est toutefois le démarrage le plus faible de la franchise, puisque le second épisode s’était envolé au-dessus des 1.600.000 entrées en première semaine, le premier ayant ouvert à deux millions… Au final, on peut attendre de ce troisième volet un score final avoisinant les 2.500.000 quand le second avait franchi les 3 millions de masochistes, et l’on atteignait les 4 millions avec le premier. Cela reste un miracle de marketing, quand on connaît la nullité de cette redoutable trilogie.

En deuxième place cette semaine, on apprécie la bonne humeur des Tuche 3, toujours en force, avec 1.254.000 entrées dans 759 salles, soit un score époustouflant de 3.455.000 spectateurs en 15 jours. Les 5 millions sont acquis ! Entrée en 3e place pour Le labyrinthe 3 qui fait fort. Son prédécesseur avait forcément fait mieux (1.190.000), mais était sorti il y a trois ans ! En fait, même le segment originel avait fait mieux (887.000 en 2014). Mais, après un retour aussi tardif, pour un genre devenu depuis has been, on peut considérer ce lancement comme plutôt abouti.

Les Tuche 3 en troisième semaine française

1.058.869 entrées en France, dont 346.981 entrées sur Paris et sa périphérie. Black Panther réalise un score tout à fait satisfaisant sur l’ensemble du territoire français, mais plus proche du million de Doctor Strange que des 1.575.000 entrées de Deadpool, concernant les ouvertures des nouveaux venus de Marvel sur le grand écran. On est donc loin du phénomène de société américain où le film a réalisé pas moins de 320M$ en 8 jours. Il sera d’ailleurs ce week-end, le 4e monstre à franchir les 100M$ aux USA, après Star Wars 7, Jurassic Word et Avengers 1. Ces blockbusters ont tous dépassé les 600 millions de dollars. Dans quelques jours, Black Panther figurera donc dans les 10 plus grosses recettes de tous les temps aux USA… Un score à l’avenant de l’importance sociologique que recouvre cette sortie dans un contexte politique inédit.

Aussi, dans l’Hexagone, la Panthère noire de Marvel est talonnée par Les Tuche 3 qui, en 3e semaine, caracole en 2e place, avec 919.156 spectateurs, pour un total exceptionnel de 4.374.164 entrées. Le second épisode de la trilogie (4.6) devrait déjà avoir été dépassé par son successeur, à l’heure où l’on vous écrit ces lignes. Le nouveau Dany Boon devrait lui faire céder du terrain, mais quelle carrière.

Semaine 4 pour Les Tuche 3

La Panthère noire rugit donc une seconde semaine au sommet ! Loin de s’écrouler, Black Panther réchauffe les cœurs, avec 849.000 spectateurs en 2e semaine, et surtout un total rare pour une production Marvel de 1.908.000 entres en 15 jours. Les 3 millions seront dépassés ! En 2e place, Les Tuche 3 dépasse les 5 millions d’entrées en 4 semaines, un score faramineux atteint par deux films seulement en 2017. C’est que la famille populos s’armait de 628.000 cousins ces 7 derniers jours.

Frédéric Mignard

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