Les oies sauvages 2 : la critique du film (1985)

Action, Thriller | 2h05min
Note de la rédaction :
4/10
4
Wild Geese II - les oies sauvages

  • Réalisateur : Peter R. Hunt
  • Acteurs : Laurence Olivier, Scott Glenn, Barbara Carrera, Edward Fox
  • Date de sortie: 24 Mai 1985
  • Nationalité : Britannique, Australien
  • Titre original : Wild Geese 2
  • Distributeur : Inédit en salles en France. La date ci-dessus est celle de la sortie britannique.
  • Scénario : Reginald Rose d'après un roman de Daniel Carney
  • Éditeur vidéo : Thorn EMI - American Vidéo (VHS) / MGM (DVD)
  • Sortie vidéo (DVD) : Le 1er mars 2012
  • Box-office USA : 69 342 $
  • Box-office Allemagne : 135 000 entrées
Note des spectateurs :

Ennuyeux et souffrant d’un casting à la ramasse, Les oies sauvages 2 est un pur accident industriel, plus intéressant par l’histoire de sa conception houleuse que par le résultat final.

Synopsis : Un groupe de mercenaires est chargé d’enlever le nazi Rudolf Hess dans sa prison de Spandau, en plein cœur de Berlin.

Une suite tardive qui réunit l’équipe technique du premier volet

Critique : Face au triomphe remporté par Les oies sauvages (1978) en Europe, le producteur Euan Lloyd ne cesse de repousser l’échéance d’une suite, pourtant réclamée par le public. Alors que fleurissent partout (et notamment en Italie) des imitations de ce premier volet, Lloyd ne semble pas pressé de remettre le couvert. En réalité, il tient à réunir la même équipe au sein d’une suite qui ne serait pas un simple remake, mais bien une œuvre à part entière.

Il a finalement obtenu du romancier Daniel Carney que celui-ci se penche sur le cas du nazi Rudolf Hess, enfermé dans sa prison de Spandau depuis plus de quarante ans. Il s’agit effectivement d’un sujet tout aussi brûlant et controversé que celui de l’emprise des Européens sur l’Afrique dans le premier film. Carney finit par s’exécuter au début des années 80. Aussitôt, le scénariste Reginald Rose est appelé en renfort pour en tirer un script, comme sur le précédent épisode. Euan Lloyd parvient même à convaincre l’acteur Richard Burton de sortir de sa retraite pour reprendre son rôle du mercenaire Allen Faulkner.

Le décès de Richard Burton change la donne

Alors que le financement est déjà réuni et que le réalisateur Peter Hunt a déjà été engagé, Richard Burton décède. Il s’agit d’un coup dur terrible dont le long-métrage ne s’est jamais remis. Effectivement, le script est réécrit en urgence, faisant du personnage incarné par Scott Glenn le protagoniste majeur. A la place de Burton, l’équipe engage Edward Fox qui incarne le frère de Faulkner. Toutefois, le style du comédien ne convient pas vraiment et son personnage est volontairement escamoté pour faire de Scott Glenn le véritable héros de cette aventure.

Outre le problème majeur d’un casting émasculé, le métrage perd instantanément la plupart de son financement et se retrouve donc à jouer dans la cour de la série B fauchée, là où cette suite devait être un événement. Malgré le savoir-faire de Peter Hunt en matière d’action – on lui doit notamment Au service secret de Sa Majesté (1969), l’un des meilleurs James Bond – Les oies sauvages 2 ne propose qu’une suite ininterrompue de bavardages. Axée sur la lente préparation de l’évasion, la première partie du film est terriblement ennuyeuse. Elle échoue notamment à présenter les différents protagonistes, là où le premier volet avait su se tirer brillamment du défi.

Des acteurs peu charismatiques dans un ensemble bien mou

Très rapidement, le spectateur se contrefiche de l’histoire d’amour peu crédible entre Scott Glenn et Barbara Carrera. Il faut dire que le couple ne fonctionne jamais vraiment à l’écran, par la faute de comédiens en cruel manque de charisme. Certes, Carrera est très jolie, mais ses capacités de comédienne demeurent limitées. Quant à Scott Glenn, il ne présente aucun charme particulier et se contente d’être présent.

Malheureusement, les seconds rôles ne sont pas mieux lotis. Edward Fox surjoue le flegme britannique, là où Roger Moore le possédait naturellement. Derek Thompson n’est pas plus agréable à regarder en membre de l’IRA raciste. Il fait pâle figure à côté de la prestation de Hardy Krüger dans le premier opus, alors que le rôle est similaire.

Un point de vue politique douteux, noyé dans la médiocrité ambiante

Outre l’échec évident du film en matière d’action, Les oies sauvages 2 se fourvoie également dans le point de vue adopté. Effectivement, si le premier volet était ambigu sur le plan politique, il mettait surtout en avant l’hypocrisie des nations et l’avidité des entreprises privées. Dans ce second opus, on retrouve globalement les mêmes idées, mais à force de vouloir faire de Rudolf Hess une victime des manigances des nations européennes, le long-métrage le ferait presque passer pour sympathique. Il est d’ailleurs joué avec beaucoup d’empathie par un Laurence Olivier dont ce fut l’avant-dernière apparition à l’écran.

Devant la médiocrité du produit fini et son peu de potentiel, les producteurs ont fini par limiter sa sortie en salles à quelques pays, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis (en sortie limitée) ou encore l’Italie. En France, quelques salles de province semblent l’avoir programmé, mais aucune sortie officielle n’a été effectuée. Le film est sorti directement en VHS chez Thorn EMI, avant de disparaître des écrans radar. Il est généralement couplé au premier volet dans les différentes éditions DVD parues depuis.

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Critique : Virgile Dumez

Wild Geese II - les oies sauvages

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