Les entrailles de l’enfer : la critique du film (1982)

Épouvante-horreur | 1h38min
Note de la rédaction :
6/10
6
Les entrailles de l'enfer, VHS France Warner Home Vidéo

  • Réalisateur : Philippe Mora
  • Acteurs : Ronny Cox, R.G. Armstrong, Luke Askew, Bibi Besch, Paul Clemens, Don Gordon
  • Date de sortie: 12 Fév 1982
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : The Beast Within
  • Titres alternatifs : Le démon en lui (Québec) / Engelsgesicht - Drei Nächte des Grauens (Allemagne) / Con la bestia dentro (Espagne) / Wcielenie (Pologne) / Sangre de bestia (Mexique) / Sangue Amaldiçoado (Brésil)
  • Année de production : 1982
  • Scénariste(s) : Tom Holland d'après un pitch d'Edward Levy
  • Directeur de la photographie : Jack L. Richards
  • Compositeur : Les Baxter
  • Société(s) de production : Katzka
  • Distributeur (1ère sortie) : Film inédit en salles en France, sauf peut-être en province. La date ci-dessus est celle de la sortie américaine.
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Warner Home Vidéo (VHS, 1986) / Sidonis Calysta (DVD, blu-ray, mediabook, 2021)
  • Date de sortie vidéo : Novembre 1986 (VHS), 20 septembre 2021 (Mediabook)
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : 7,7 M$ (21.8 M$ au cours ajusté de 2021)
  • Budget : 6 M$ (17 M$ au cours ajusté de 2021)
  • Rentabilité : -
  • Classification : -
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Stéréo
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : © 1986 Conception graphique : Warner Home Video. © 2021 Dark Star, l'Etoile Graphique (mediabook)
  • Crédits : United Artists Corporations, Metro Goldwyn Mayer. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Série B méconnue, Les entrailles de l’enfer est un petit film d’horreur complètement dingue qui mérite d’être redécouvert par les amateurs de cinéma bis.

Synopsis : Agressée et violée neuf mois plus tôt par une monstrueuse créature surgie de la nuit, Caroline McLeary donne naissance à un enfant qui, en dépit de ses origines, semble normal. À dix-sept ans cependant, Michael McLeary commence à ressentir des symptômes de plus en plus envahissants, de plus en plus violents, dont surtout des visions cauchemardesques. Hospitalisé, il s’enfuit, poussé par son instinct vers le lieu maudit de sa conception…

Les entrailles de l'enfer chez Sidonis

© 1982 Metro Goldwyn Mayer / Conception graphique : Dark Star, l’Etoile Graphique. Tous droits réservés.

Un script dingue du jeune Tom Holland

Critique : A la fin des années 70, le producteur Harvey Bernhard connaît un succès inattendu avec La malédiction (Donner, 1976) qu’il décline alors en trilogie. A la recherche de sujets horrifiques capables de rivaliser avec ses succès passés, il se porte acquéreur d’un synopsis écrit par le romancier Edward Levy. En réalité, l’écrivain n’a jamais été au-delà d’un simple pitch et le producteur a donc fait appel au jeune scénariste Tom Holland (futur réalisateur de Vampire, vous avez dit vampire ? et Jeu d’enfant, le premier Chucky) pour vraiment développer l’histoire afin d’en faire un scénario exploitable.

Ce qui deviendra Les entrailles de l’enfer (1982) est donc un mélange de plusieurs influences qui se télescopent au cœur d’une intrigue passablement fantaisiste. Si Tom Holland conserve l’idée d’un homme enfermé dans une cave et devant se nourrir de cadavres pour survivre, il y ajoute une malédiction indienne qui amène un jeune homme à se transformer en une créature géante avide de chair fraîche. Ajoutez à cela un viol inaugural par un être répugnant et un final du même ordre encore plus dégoûtant et vous aurez une vague idée de l’aspect complètement dingue du long-métrage.

Une atmosphère glauque du meilleur effet

Entre-temps, nous suivons les pas d’un jeune homme qui subit une métamorphose, tandis que ses parents tentent de lui venir en aide. Le canevas reprend ici la trame assez classique du film de loup-garou, même si aucun lycanthrope ne pointe ici le bout de son museau. Bien entendu, la métaphore sur la transformation corporelle de l’adolescent est un peu rebattue, mais elle intervient dans un cadre de malédiction familiale qui lui donne un poids supplémentaire, celui d’une forme d’atavisme.

Grâce à une ambiance assez glauque, voire franchement macabre lors de la découverte d’une trentaine de cadavres, Les entrailles de l’enfer (1982) propose un spectacle certes un peu foutraque, mais qui a le mérite d’être inédit dans sa folie. Tourné sans second degré par Philippe Mora, réalisateur franco-australien qui débute sur le sol américain, le métrage suscite toujours la curiosité du spectateur par le recours à des scènes chocs qui interviennent à intervalles réguliers. Au grand dam des acteurs Ronny Cox et Bibi Besch qui ont regretté l’ajout de nombreuses séquences sanglantes dans leur dos, le film s’avère plutôt généreux en matière d’hémoglobine.

Les entrailles de l'enfer

© 1981 United Artist Corporation. © 1986 Conception graphique : Warner Home Video. © 1982 Metro Goldwyn Mayer

Les entrailles de l’enfer propose une séquence de transformation culte

Mieux, Les entrailles de l’enfer comporte une très bonne séquence de métamorphose portée par les effets spéciaux de Thomas Burman. Reprenant des techniques déjà vues sur Le loup-garou de Londres (Landis, 1981), Mora filme en plein cadre et pleine lumière la transformation du jeune héros en une cigale géante (ou plus exactement un monstre qui ne ressemble pas vraiment à l’insecte évoqué). La séquence, même imparfaite, fait son petit effet encore de nos jours, de même que la fin nihiliste qui ne laisse aucun espoir aux différents protagonistes.

Doté d’une jolie photographie de Jack L. Richards, de bons cadrages et d’une excellente musique de Les Baxter (compositeur à l’ancienne qui livre une partition orchestrale et non synthétique), Les entrailles de l’enfer bénéficie également d’une interprétation satisfaisante de la part d’acteurs rompus à l’exercice. Ronny Cox et Bibi Besch sont d’excellents professionnels, tandis que Philippe Mora a convoqué pour les seconds rôles des gueules issues des films de Sam Peckinpah comme R.G. Armstrong ou Luke Askew. Dans le rôle difficile du jeune héros victime, Paul Clemens s’en tire plutôt bien malgré une évidente inexpérience devant la caméra.

Une édition Blu-ray de toute beauté, à saisir d’urgence

Sorti aux États-Unis dans une certaine indifférence, Les entrailles de l’enfer a à peine remboursé sa mise de départ sur le sol nord-américain. La série B a donc été condamnée à sortir directement en VHS sur de nombreux territoires dont la France. Si le site Encyclociné cite une potentielle sortie en province, aucune autre trace n’est mentionnée ailleurs. Ressuscité par l’éditeur Sidonis Calysta, le métrage est désormais disponible dans un joli Mediabook agrémenté d’un entretien passionnant avec Olivier Père et d’un livret signé Marc Toullec. On notera que la copie proposée est de toute beauté.

Critique de Virgile Dumez

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Les entrailles de l'enfer, jaquette blu-ray

© 1982 Metro Goldwyn Mayer / Conception graphique : Dark Star, l’Etoile Graphique. Tous droits réservés.

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Les entrailles de l'enfer, VHS France Warner Home Vidéo

Bande-annonce de Les entrailles de l'enfer (VO)

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