Le loup-garou de Londres : la critique du film (1981)

Epouvante-horreur, Comédie | 1h37min
Note de la rédaction :
7/10
7
Le loup-garou de Londres, l'affiche

  • Réalisateur : John Landis
  • Acteurs : Frank Oz, Jenny Agutter, Griffin Dunne, David Naughton, John Woodvine
  • Date de sortie: 04 Nov 1981
  • Nationalité : Américain, Britannique
  • Titre original : An American Werewolf in London
  • Titres alternatifs : Un hombre lobo americano en Londres (Espagne) / Um Lobisomem Americano em Londres (Portugal) / Amerykański wilkołak w Londynie (Pologne) / Un lupo mannaro americano a Londra (Italie)
  • Année de production : 1981
  • Scénariste(s) : John Landis
  • Directeur de la photographie : Robert Paynter
  • Compositeur : Elmer Bernstein
  • Société(s) de production : Polygram Pictures, Lyncanthrope Films, American Werewolf
  • Distributeur (1ère sortie) : LMD
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Spectrum – Polygram Vidéo (VHS, 1982) / Fil à Film (VHS) / Terror Home Vidéo (VHS) / D.E.C. (VHS) / Iris Éditions (VHS) / Universal Pictures France (DVD, 2001 et 2009) / L’Atelier d’Images (blu-ray et UHD 4K)
  • Date de sortie vidéo : 24 août 2021 (UHD 4K)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 932 212 entrées / 181 706 entrées
  • Box-office nord-américain : 30,5 M$ (91,7 M$ au cours ajusté de 2021)
  • Budget : 10 M$ (30,1 M$ au cours ajusté de 2021)
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono, Dolby Digital
  • Festivals et récompenses : Oscars 1982 : meilleurs maquillages pour Rick Baker en 1982 / Saturn Awards 1982 : meilleur film d'horreur et prix des meilleurs maquillages (Rick Baker),
  • Illustrateur / Création graphique : Michel Landi (affiche 1981)
  • Crédits : American Werewolf Inc.
  • Franchise : 1er film du diptyque An American Werewolf
Note des spectateurs :

Habile mélange de comédie et d’horreur, Le loup-garou de Londres contient surtout une scène de transformation mémorable qui demeure une référence dans le genre. Éminemment sympathique.

Synopsis : Deux jeunes routards américains, David et Jack, se lancent dans un voyage en Europe de plusieurs mois. Mais, alors qu’ils se trouvent au beau milieu d’une campagne anglaise désolée, les gens du pays les mettent en garde : “Restez sur la route, ne vous aventurez pas dans la lande” et “Attention à la Lune”. Les deux garçons s’enfoncent pourtant dans l’obscurité, lorsqu’ils sont surpris par un hurlement terrifiant… Ils ne savent pas encore qu’ils sont traqués par une créature mythique et assoiffée de sang.

Un long processus de création

Critique : En 1969, le jeune John Landis est assistant réalisateur sur le film De l’or pour les braves (Hutton, 1970) qui se tourne en Yougoslavie. Là, il assiste à un enterrement tsigane qui l’étonne fortement puisque le défunt est enterré à la verticale pour éviter qu’il puisse revenir hanter les vivants. La confrontation soudaine entre ces superstitions ancestrales et l’époque moderne lui a donné l’idée d’écrire un scénario qui mêlerait justement tradition et esprit cartésien dans un même mouvement. Le jeune homme rédige son script à propos de deux jeunes gens dont l’un devient loup-garou après avoir été mordu. Dès le départ, John Landis intègre des éléments humoristiques dans son script, sans pour autant abandonner l’ambiance horrifique. Proposé à plusieurs producteurs, le scénario ne trouve pas preneur pendant une décennie, car trop difficile à ranger dans une case.

Le loup-garou de Londres, jaquette blu-ray UHD 4K

© 1981 American Werewolf Inc. / © 2021 Conception graphique : L’Atelier d’Images. Tous droits réservés.

Le temps passant, John Landis est devenu un cinéaste bankable grâce aux succès de Hamburger Film Sandwich (1977), American College (141 millions de dollars de recettes nord-américaines pour un budget initial de 3 millions) et Les Blues Brothers (1980). Désormais considéré comme le pape d’un nouvel humour très tendance aux États-Unis, John Landis peut revenir à la charge avec son scénario de film d’horreur, mâtiné de blagues potaches. Il faut dire que parallèlement, un certain Joe Dante est également en train de préparer un film de loup-garou intitulé Hurlements (1981). Alors que le thème de la lycanthropie n’était plus à la mode depuis les années 60, deux productions concurrentes déferlent donc la même année.

Un tournage à Londres pour raisons fiscales

Malgré sa situation enviable, John Landis ne parvient à réunir le budget nécessaire (10 millions de dollars de l’époque) que grâce à la société Polygram Pictures dirigée par Peter Guber et Jon Peters, ainsi que les avantages fiscaux déployés par le Royaume-Uni afin de faciliter les tournages sur son territoire. Le choix de Londres n’était pas arrêté dans le scénario d’origine, mais s’est donc imposé pour des raisons fiscales. John Landis avait la possibilité d’engager trois autres compatriotes (les acteurs David Naughton, Griffin Dunne et le responsable des effets spéciaux Rick Baker), tandis que le reste de l’équipe devait être britannique, par obligation contractuelle.

Si John Landis n’échappe pas toujours à l’effet carte postale, il tire toutefois son épingle du jeu en faisant débuter Le loup-garou de Londres dans la lande galloise. Le spectateur féru de films d’horreur à l’ancienne retrouve ici ses marques en se souvenant des films de la Hammer, auxquels Landis rend hommage. Dès la présentation des personnages, le réalisateur insiste sur une dimension comique, notamment à travers des dialogues percutants et franchement amusants. Toutefois, dès que la menace du loup-garou se précise, le cinéaste parvient à tendre l’atmosphère et l’extrême violence du premier affrontement – avec des éléments gore – vient rappeler que nous sommes bien face à un film d’horreur.

La modernisation d’un personnage du bestiaire classique du fantastique

Après cette longue introduction, John Landis nous transporte à Londres, dans un environnement contemporain qui n’a plus rien à voir avec l’atmosphère gothique et brumeuse du début. On retrouve là des éléments humoristiques qui ne parasitent pourtant pas l’angoisse naissante quant au destin du jeune survivant, incarné avec bonhomie et fraîcheur par un David Naughton fort sympathique. L’intrusion de son ami mort-vivant joué par Griffin Dunne inquiète et vient sonner le rappel de l’horreur. A cela, on ajoutera des scènes de cauchemar efficaces, dont une invasion très bis de loups-garous nazis dans la demeure du héros, par ailleurs clairement juif. Un sous-texte intéressant quand on sait que Landis est lui aussi israélite.

Mais rien ne laissait présager l’intrusion de la scène choc du film : la transformation du jeune homme en loup-garou en pleine lumière, à grands renforts d’effets spéciaux mécaniques particulièrement brillants. Quiconque a pu découvrir cette scène à l’époque en est resté à jamais marqué, tant elle est réaliste. Tournée sur une semaine complète, la scène a redéfini à elle seule les possibilités en matière d’effets mécaniques et Rick Baker en sera récompensé par un Oscar largement mérité. Après ce coup d’éclat, le long-métrage parvient à rester sur une ligne de crête particulièrement difficile à tenir : à la fois drôle, effrayant et même émouvant par le destin tragique du personnage principal.

De l’humour, des séquences choc et une scène de transformation culte

On saluera encore la séquence finale tournée sur Piccadilly Circus (durant deux nuits, ce qui fut une des rares fois dans l’histoire de ce quartier), avec ses cascades très impressionnantes, son accumulation de meurtres gore et la beauté de l’animatronique qui sert de loup-garou. Ce dernier quart d’heure vient ainsi confirmer l’importance du long-métrage dans l’histoire du cinéma horrifique, même si certains traits humoristiques ont vieilli et si John Landis n’a pas toujours su laisser le temps à l’émotion de s’installer.

Distribué par Universal Pictures (auquel John Landis rend également hommage à plusieurs reprises dans son film), le long-métrage est proposé dans une combinaison de 870 salles aux États-Unis et se classe numéro 1 la semaine de sa sortie avec 5,8 M$ de recettes. De quoi l’amener à glaner 30,5 M$ en fin d’exploitation et se hisser à la 11ème place du box-office américain de 1981.

Un joli succès maintes fois réédité en vidéo

En France, le long-métrage est diffusé à partir du mercredi 4 novembre 1981 et entre à la 7ème place du box-office parisien de la semaine avec 61 690 lycanthropes. La semaine suivante, le il gagne des salles supplémentaires et ajoute 49 238 curieux à son actif. Toutefois, le film cède du terrain lors de sa cinquième semaine et finit sa carrière parisienne avec 181 706 spectateurs. Sur la France, Le loup-garou de Londres se comporte mieux en débarquant à la 7ème place nationale (127 763 lupus) , mais le film va ensuite conserver une très belle stabilité durant de nombreuses semaines.

Ainsi, après avoir dévissé durant les fêtes de Noël 1981, le métrage retrouve des couleurs au mois de janvier 1982, continuant à fédérer entre 20 000 et 30 000 clients chaque semaine. Il disparaît finalement des classements au mois de février et cumule 932 212 entrées sur l’ensemble du territoire.

Depuis, Le loup-garou de Londres a été maintes fois édité en VHS, puis en DVD. Récemment, il a fait l’objet d’un très beau coffret collector édité par L’Atelier d’Images qui propose une superbe copie en UHD 4K, ainsi qu’une palanquée de bonus éclairants (près de six heures) qui ne laisseront plus une zone d’ombre quant à la conception de cette œuvre culte.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 4 novembre 1981

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Le loup-garou de Londres, l'affiche

© 1981 American Werewolf Inc. / Affiche : Michel Landi. Tous droits réservés.

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Le loup-garou de Londres, l'affiche

Bande-annonce de Le loup-garou de Londres (VOstf)

Epouvante-horreur, Comédie

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