Les démons de l’esprit : la critique du film (1973)

Epouvante-horreur, Thriller, Gothique | 1h29min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche de Les démons de l'esprit (demons of the mind)

  • Réalisateur : Peter Sykes
  • Acteurs : Michael Hordern, Robert Hardy, Shane Briant, Gillian Hills, Yvonne Mitchell, Patrick Magee
  • Date de sortie: 20 Sep 1973
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : Demons of the Mind
  • Titres alternatifs : Dämonen der Seele (Allemagne) / Los demonios de la mente (Espagne) / A Sombra do Diabo (Portugal) / Rose rosse per il demonio (Italie) / Demonios da Mente (Brésil)
  • Année de production : 1972
  • Scénariste(s) : Christopher Wicking, d'après une histoire de Frank Godwin, Christopher Wicking
  • Directeur de la photographie : Arthur Grant
  • Compositeur : Harry Robinson
  • Société(s) de production : Anglo-EMI, Hammer Films, Frank Godwin Productions
  • Distributeur (1ère sortie) : Film uniquement diffusé dans le Nord de la France, selon Encyclociné.
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : StudioCanal (DVD, 2009)
  • Date de sortie vidéo : 5 mai 2009 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : -
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : StudioCanal
Note des spectateurs :

Les démons de l’esprit s’affranchit de tout fantastique pour proposer une intrigue fondée sur la psychanalyse. Certes inégal, le résultat final est tout de même intéressant par sa radicalité et son pessimisme.

Synopsis :1830, en Bavière. Après la mort tragique de sa femme, le comte Zorn retient prisonniers sa fille et son fils dans un château, persuadé qu’ils souffrent d’une folie héritée de leur mère.

Demons of the Mind, Les démons de l'esprit photo du film

© 1972 Hammer Film Productions Ltd – Tous droits réservés

Quand la psychanalyse se substitue au fantastique

Critique : Au début des années 70, la firme britannique Hammer spécialisée dans l’horreur gothique entame un lent déclin qui se traduit par son incapacité à sortir des sentiers d’un fantastique traditionnel, tout en souffrant de budgets de moins en moins importants. Pourtant, les patrons du studio encouragent une jeune génération de cinéastes à sortir des clichés habituels, par le biais de sujets plus osés. Parmi eux, on signalera notamment des productions comme Dr. Jekyll et Sister Hyde (Ward Baker, 1971) et un peu plus tardivement Capitaine Kronos (Clemens, 1974). Moins connu des fans de cinéma horrifique, Les démons de l’esprit vaut pourtant le détour pour son exploration psychanalytique de la psychose meurtrière.

Les démons de l'esprit, jaquette DVD

© 1972 StudioCanal. Tous droits réservés.

Basé sur un scénario de Christopher Wicking, le long-métrage semble initialement suivre les traces d’un film Hammer classique. On nous présente ainsi de grandes demeures gothiques, des personnages obsédés par le sang et deux jeunes gens dont la couleur pâle nous met sur la voie d’un énième film de vampirisme. Pourtant, le scénario de Wicking, ainsi que la réalisation de Peter Sykes viennent peu à peu contredire ces attentes. Ainsi, au fur et à mesure du développement de l’intrigue, le spectateur doit faire le deuil de tout élément fantastique.

Plongée au sein d’une famille décadente

Ce qui se passe autour de la demeure du baron Zorn  – notamment la disparition de jeunes filles – n’est aucunement lié à la présence d’une créature maléfique. En fait, le métrage explore la psyché désordonnée du maître des lieux par le biais d’un médecin spiritualiste largement inspiré par la figure de Mesmer (médecin allemand du 18ème siècle qui a étudié le magnétisme). Incarné avec emphase par Patrick Magee, le médecin va peu à peu découvrir le secret que cache le baron Zorn (joué avec justesse par Robert Hardy).

Ainsi se dessine progressivement l’image d’une famille décadente où le meurtre, l’inceste et la corruption du sang sont autant d’obsessions dévastatrices. Les deux jeunes frères et sœurs (agréables Shane Briant et Gillian Hills) apparaissent donc à la fois comme des victimes et des bourreaux au cœur d’une famille dysfonctionnelle. Le spectateur est donc convié à oublier tout effet spectaculaire afin de mieux pénétrer l’âme d’une famille maudite. Les tourments sont ici intérieurs, et ceci même si quelques meurtres ont été disséminés afin de brouiller les pistes.

Les démons de l'esprit, affiche VOD

© 1972 StudioCanal. Tous droits réservés.

Une atmosphère baroque, malmenée par un manque cruel de moyens

Certes, la psychanalyse est utilisée de manière grossière, mais elle est au centre du long-métrage, à la fois comme facteur d’explication, mais aussi comme moteur des différents personnages. Cela ne rend pas toujours la projection passionnante, la faute revenant à un rythme un peu trop chaotique. Toutefois, cela confère au film une profondeur insoupçonnée, aidée par une atmosphère de déliquescence qui s’immisce partout. On peut d’ailleurs regretter la pauvreté de certains décors et l’aspect un peu trop lisse de la photographie (dernier travail d’Arthur Grant avant son décès), là où l’on s’attendrait à contempler des décors baroques comme dans certains films polonais de la même époque.

Finalement, il faut patienter jusqu’au dernier quart d’heure qui s’avère d’une grande cruauté. Aucun happy end ne viendra rassurer les spectateurs dans ce long-métrage étonnant qui précipite tous les protagonistes vers une fin inéluctable. La violence des dernières scènes est particulièrement crue et vient placer le métrage dans la lignée des dernières réussites du studio.

Les démons de l’esprit : une sortie sabordée par le distributeur MGM-EMI

Malgré ces qualités évidentes, le résultat n’a guère enchanté les pontes de MGM-EMI qui devaient distribuer le film. Ce dernier est donc resté bloqué pendant un an, avant de ne sortir qu’en double programme avec La tour du diable (O’Connolly, 1972). En France, le film a été diffusé lors d’une Convention du cinéma fantastique au mois d’avril 1973, avant de sortir au mois de septembre de la même année, exclusivement en province selon le site Encyclociné. Il a ensuite fallu attendre 2009 pour que l’éditeur StudioCanal décide de sortir un DVD du film.

Demons of the Mind, photo du film

© 1972 Hammer Film Productions Ltd – Tous droits réservés

Sans être un incontournable du studio, notamment à cause de moyens insuffisants, Les démons de l’esprit s’inscrit plutôt dans les petites réussites du début des années 70, alors que la Hammer cherchait désespérément à renouveler sa formule gothique. Elle n’allait pas tarder à être balayée par le raz-de-marée des productions américaines axées sur une horreur plus contemporaine et donc plus directement accessible.

Tamasa devrait sortir le film en salle le 27 octobre 2021 dans le cadre d’un cycle Hammer.

Critique de Virgile Dumez

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Affiche de Les démons de l'esprit (demons of the mind)

© 1972 Hammer Film Productions Ltd – Tous droits réservés

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Affiche de Les démons de l'esprit (demons of the mind)

Bande-annonce de Les démons de l'esprit (VO)

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