Les Belles créatures : la critique du film (2024)

Drame | 2h03min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
Les Belles créatures, l'affiche

  • Réalisateur : Guðmundur Arnar Guðmundsson
  • Acteurs : Birgir Dagur Bjarkason, Viktor Benóný Benediktsson, Áskell Einar Pálmason
  • Date de sortie: 25 Sep 2024
  • Année de production : 2022
  • Nationalités : Islandais, Danois, Suédois, Néerlandais, Tchèque
  • Titre original : Berdreymi
  • Titres alternatifs : Beautiful Beings (titre international) / Făpturi de vis (Roumanie) / Piękne istoty (Pologne) / Csodálatos teremtmények (Hongrie) / Prekrasni stvorovi (Croatie) / Belas Criaturas (Brésil) / Bellas criaturas (Uruguay)
  • Casting : Birgir Dagur Bjarkason, Áskell Einar Pálmason, Viktor Benóný Benediktsson, Snorri Rafn Frímannsson, Aníta Briem, Ísgerður Elfa Gunnarsdóttir, Ólafur Darri Ólafsson, Kristín Ísold Jóhannesdóttir, Blær Hinriksson, Theodór Pálsson, Kamilla Guðrún Lowen, Aðalbjörg Emma Hafsteinsdóttir, Sunna Líf Arnarsdóttir, Davíð Guðbrandsson, Þórhildur Ingunn, Sólveig Guðmundsdóttir, Árni Arnarson, Stefán Franz Guðnason, Arnar Dan Kristjánsson, Bragi Árnason, Sigurður Eyberg, Mikael Leo Aclipen, Arnfinnur Þór Jónsson, Baldur Einarsson, Stormur Jón Kormákur Baltasarsson, Daniel Hans Erlendsson, Sigríður Líba Bragadóttir, Eyrún Ósk Jónsdóttir, Maria Palsdottir, Jónmundur Grétarsson, Inga Eiríksdóttir, Alexander Esra Sæmundsson, Magnús Steinar Ágústsson, Jóhannes Felix Jóhannesson, Victor Anh duc Le, Samúel Týr Sigþórsson McClure, Bjarni Hrafnkelsson, Ágúst Þór Ámundason, Guðjón Daníel Bjarnason, Hannes Hreimur Arason Nyysti, Kári Trevor Park, Valur Kristinn Starkaðarson, Ronja Halldórsdóttir, Helen Gunnarsdóttir, Svala Ólafsdóttir, Ebba Guðný Guðmundsdóttir
  • Scénariste : Guðmundur Arnar Guðmundsson
  • Monteur : Andri Steinn Guðjónsson, Anders Skov
  • Directeur de la photographie : Sturla Brandth Grøvlen
  • Compositeur : Kristian Eidnes Andersen
  • Cheffe Maquilleuse : Salóme Ósk Jónsdóttir
  • Cheffe décoratrice : Hulda Helgadóttir
  • Directeur artistique : Aron Martin Ásgerðarson
  • Producteurs : Anton Máni Svansson, avec Jeroen Beker, Caroline Ljungberg, Jesper Morthorst, Peter Possne, Lise Orheim Stender, Pavel Strnad, Linda van der Herberg, Nima Yousefi
  • Producteurs exécutifs : Birgitta Bjornsdottir, Guðmundur Arnar Guðmundsson
  • Sociétés de production : Join Motion Pictures, Bastide Films, Film i Väst, Hobab, Motor, Negativ
  • Distributeur : Outplay
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Outplay (DVD, 2025)
  • Date de sortie vidéo : 25 janvier 2025
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 1 879 entrées
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification : Interdiction aux -12 ans avec avertissement : "Certaines scènes violentes dont une scène de viol sur un jeune garçon sont susceptibles de heurter un public sensible"
  • Formats : 1.85 :1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals : Festival de Berlin 2022 section Panorama / Festival international du film de La Roche-sur-Yon 2022 / Festival international du film de Stockholm 2022
  • Nominations : Berlinale 2022 : Sélection officielle, section « Panorama » ; Prix Teddy du meilleur film / Edda Awards 2023 : Meilleure réalisation pour Guðmundur Arnar Guðmundsson ; Meilleur scénario pour Guðmundur Arnar Guðmundsson ; Meilleur acteur pour Birgir Dagur Bjarkason et Viktor Benóný Benediktsson ; Meilleur acteur dans un second rôle pour Blær Hinriksson ; Meilleur montage pour Andri Steinn Gudjónsson et Anders Skov ; Meilleurs effets visuels ; Meilleurs costumes pour Helga Rós Hannam ; Meilleur maquillage pour Kristín Kristjánsdóttir ; Meilleure photographie pour Sturla Brandth Grøvlen
  • Récompenses : Berlinale 2022 : Label Europa Cinemas / Festival international du film de La Roche-sur-Yon 2022 : Section « Compétition internationale » Grand prix du jury du meilleur film pour Guðmundur Arnar Guðmundsson / Festival international du film de Stockholm 2022 : meilleur scénario pour Guðmundur Arnar Guðmundsson / Edda Awards 2023 : meilleur film
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Join Motion Pictures, Bastide Films, Film i Väst, Hobab, Motor, Negativ. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachée de presse : Anne-Lise Kontz
  • Tagline : Par le réalisateur de Heartstone, un été islandais
  • Franchise :
Note des spectateurs :

Drame de l’adolescence qui tutoie le sordide, Les Belles créatures bénéficie d’une belle réalisation et de jeunes acteurs tous formidables. Le tableau de la situation sociale islandaise y est accablant.

Synopsis : Addi, 14 ans, est élevé par sa mère clairvoyante qui perçoit l’avenir dans les rêves. Il prend sous son aile Balli, un garçon introverti et en marge, victime d’harcèlement scolaire. En l’intégrant à sa bande, ces garçons désœuvrés et livrés à eux-mêmes explorent la brutalité et la violence, comme seuls moyens d’expression et d’exister. Alors que les problèmes du groupe s’aggravent, Addi commence à vivre une série de visions oniriques. Ses nouvelles intuitions lui permettront-elles de les guider et de trouver leur propre chemin ?

Le retour réussi du réalisateur d’Heartstone, un été islandais

Critique : Repéré en 2016 par son premier long métrage Heartstone, un été islandais, bouleversant petit film gay qui s’est avéré être un pur chef d’œuvre de sensibilité et de poésie, le cinéaste islandais Guðmundur Arnar Guðmundsson a ensuite préféré se concentrer sur la production. Ainsi, il a permis de financer des œuvres majeures signées Hlynur Pálmason, à savoir Un jour si blanc (2019) et Godland (2022).

Les Belles créatures, photo 1

© 2022 Join Motion Pictures, Bastide Films, Film i Väst, Hobab, Motor, Negativ. Tous droits réservés.

Finalement, en 2022, Guðmundur Arnar Guðmundsson choisit de repasser derrière la caméra avec une nouvelle histoire qui se penche sur les tourments de l’adolescence. Avec Les Belles créatures – titre étonnant sachant que Berdreymi signifie Cauchemar en islandais – l’auteur retrouve donc avec bonheur cette difficile période de l’existence qu’est le passage à l’âge adulte. Pourtant, même s‘il fait encore appel à des éléments oniriques par la présence de scènes de rêves, son deuxième film apparaît comme beaucoup plus sombre que le précédent.

L’histoire d’une amitié poignante

Cela commence dès le début par le harcèlement intolérable que subit le jeune Balli (excellent Áskell Einar Pálmason, qui attire immédiatement la sympathie) dans l’enceinte scolaire et au-dehors. Le jeune garçon est systématiquement tabassé et roué de coups au point de finir à l’hôpital. Parmi le groupe des harceleurs, nous faisons aussi la connaissance d’Addi, Konni et Siggi qui paraissent de prime abord n’être que des petits cons sur la pente de la délinquance.

Pourtant, Addi (là aussi formidable et charismatique Birgir Dagur Bjarkason) va prendre Balli en pitié et va finir par l’imposer petit à petit au reste de la bande menée par le gros balourd Konni (impeccable Viktor Benóný Benediktsson). Progressivement, le groupe va se souder et même nouer des liens d’amitié extrêmement forts comme seule l’adolescence permet d’en tisser.

Le cinéaste n’a pas peu du sordide

Certes, les gosses sont violents, souvent insolents et leurs agissements vont forcément avoir des conséquences désastreuses, mais la force de Les Belles créatures est de finir par nous faire comprendre les origines d’une telle révolte. Et dès lors, le cinéaste n’épargne guère la société islandaise qu’il montre comme étant totalement décadente. Ainsi, les adultes sont soit totalement irresponsables, soit absentéistes, soit carrément toxiques et dangereux, laissant leur progéniture grandir sans aucun modèle viable.

Du côté de Balli, le beau-père sort tout juste de prison, bat sa mère et viole sa sœur. Chez Konni, le père est une terreur qui frappe son fils, tandis que chez Addi la mère est une dingue d’ésotérisme totalement à côté de la plaque. Autant dire que le cinéaste charge la barque et que le film émarge souvent du côté du long métrage social à tendance sordide. A cela, il faut encore ajouter des scènes de drogue, ainsi qu’un atroce viol sur l’un des jeunes protagonistes.

Quelques trouées oniriques dans un ensemble très sombre

Certes, Guðmundur Arnar Guðmundsson tente bien de créer quelques scènes oniriques permettant de s’évader de temps à autre de cette sombre réalité, mais la tonalité générale du film est nettement plus dure que celle de Heartstone, un été islandais. La réalisation est quant à elle toujours aussi soignée, avec des images splendides signées Sturla Brandth Grøvlen comme sur l’opus précédent. La musique parvient à souligner judicieusement les situations, notamment les morceaux atmosphériques de Trentemøller, mais c’est surtout l’interprétation impeccable du jeune casting qui force l’admiration tant les scènes paraissent difficiles à incarner au vu de la noirceur extrême du sujet.

Les Belles créatures, photo 2

© 2022 Join Motion Pictures, Bastide Films, Film i Väst, Hobab, Motor, Negativ. Tous droits réservés.

Sorte de version noire des premiers films de Bille August consacrés à l’adolescence – on pense souvent à Zappa (1983) et Twist and Shout (1984) – Les Belles créatures se termine toutefois sur une note d’espoir et une déclaration d’amitié qui touche forcément après le déferlement de malheurs qui a frappé le groupe de jeunes gens en pleine construction, au milieu d’un vaste champ de ruines.

Box-office de Les Belles créatures

Tourné en 2020 pendant la période de la Covid-19, Les Belles créatures a finalement été présenté au public pour la première fois dans la section Panorama du Festival de Berlin 2022. Il y gagne le Label Europa Cinemas qui va permettre au drame adolescent de sortir dans près de 44 pays. Ensuite, le film gagne le Grand prix du jury au Festival international du film de La Roche-sur-Yon 2022. Enfin, en Islande, Les Belles créatures gagne l’Edda (équivalent de nos César) du meilleur film en 2023.

Cette belle collection de prix en a fait un beau succès dans les pays nordiques, mais la France a vu sa sortie tardive n’intervenir qu’à partir du 25 septembre 2024, soit quatre ans après son tournage et deux après sa première présentation. Le distributeur Outplay n’a pu le placer que dans un circuit limité de salles et le métrage aux critiques plutôt positives a vu sa carrière s’arrêter à 1 879 entrées, bien loin des 12 093 spectateurs d’Heartstone en 2017.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 25 septembre 2024

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Les Belles créatures, l'affiche

© 2022 Join Motion Pictures, Bastide Films, Film i Väst, Hobab, Motor, Negativ. Tous droits réservés.

Biographies +

Guðmundur Arnar Guðmundsson, Birgir Dagur Bjarkason, Viktor Benóný Benediktsson, Áskell Einar Pálmason

Mots clés

Cinéma islandais, Les drames de l’adolescence, L’amitié au cinéma, Jeunesse paumée au cinéma, Les délinquants au cinéma, Festival de Berlin 2022

 

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