Les 2 Alfred : la critique du film (2021)

Comédie sociale | 1h32min
Note de la rédaction :
8/10
8
Les 2 Alfred, affiche

  • Réalisateur : Bruno Podalydès
  • Acteurs : Sandrine Kiberlain, Denis Podalydès, Luàna Bajrami, Michel Vuillermoz, Yann Frisch, Bruno Podalydès, Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté
  • Date de sortie: 16 Juin 2021
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Les deux Alfred
  • Titres alternatifs : French Tech
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Bruno Podalydès
  • Directeur de la photographie : Patrick Blossier
  • Compositeur : -
  • Société(s) de production : Why Not Productions, Arte France Cinéma
  • Distributeur (1ère sortie) : UGC Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : Festival de Cannes 2020, Deauville Film Festival, Lumière Film Festival, Zurich Film Festival
  • Illustrateur / Création graphique : Charles Berberian
  • Crédits : Photos : Anne-Françoise Brillot / © Why Not Productions – Arte France Productions
Note des spectateurs :

Les deux Alfred est une comédie corrosive mais jamais malveillante qui jette dans un monde joyeusement déshumanisé quelques candides prêts à tout pour s’y conformer.

Synopsis : Alexandre, chômeur déclassé, a deux mois pour prouver à sa femme qu’il peut s’occuper de ses deux jeunes enfants et être autonome financièrement. Problème : The Box, la start-up très friendly qui veut l’embaucher à l’essai a pour dogme : « Pas d’enfant! », et Séverine, sa future supérieure, est une « tueuse » au caractère éruptif. Pour obtenir ce poste, Alexandre doit donc mentir… La rencontre avec Arcimboldo, « entrepreneur de lui-même » et roi des petits boulots sur applis, aidera-t-elle cet homme vaillant et déboussolé à surmonter tous ces défis?

Une comédie volontairement déconnectée

Critique : Bruno Podalydès possède cette particularité de savoir insuffler quelques délicates touches de poésie et de douceur au cœur de toutes les situations, même les plus violentes, installant le spectateur dans un climat de douce félicité dénué de toute signe de manichéisme. Les deux Alfred ne déroge pas à la règle.

Marchant sur les traces de Delépine et Kerven et de leur Effacer l’historique sorti cet automne et dans lequel jouait déjà son frère Denis Podalydès, le réalisateur de Bécassine ! et Comme un avion scrute avec malice la cruauté de nos sociétés connectées à l’encontre des malheureux qui ne courent pas assez vite pour attraper en marche le train de la technologie moderne.

Alexandre (Denis Podalydès) est un quinquagénaire, doublé d’un papa poule, d’autant plus attaché à ses deux bambins qu’il chérit, que sa femme lui en a laissé la garde. Son travail dans une imprimerie est devenu obsolète mais il doit absolument décrocher un nouvel emploi, pour retrouver la confiance de sa femme.

Drones, start-up et petits boulots

Pour postuler à un poste dans une start-up, il revendique ses qualités d’honnêteté, gentillesse et indulgence. Pas de doute. Alexandre accumule les décalages dans ce monde où les drones survolent les rues et où des voitures autonomes vous mènent où elles veulent quand bon leur semble. Mais Alexandre dont la candeur n’a d’égale que la bonne volonté ne cherche qu’à s’adapter aux tâches étranges (comme l’importance de l’arrosage des plantes) qu’on lui confie et à ce charabia robotique auquel personne, à commencer par ceux qui s’en gargarisent, ne comprend rien. Il va devoir composer avec des personnages apparemment en phase avec leur époque mais dont le sort peu enviable va peu à peu se révéler.

Sandrine Kiberlain dans Les 2 Alfred

© Anne Françoise Brillot

Arcimboldo (Bruno Podalydès), le plus décontracté, papillonne de petits boulots en petits boulots et revendique une pseudo-liberté, tout enchaîné qu’il est aux contraintes draconiennes de l’ubérisation. Séverine (impeccable Sandrine Kiberlain) s’accroche à ce statut devenu rare de cadre supérieure en CDI et se drape dans une panoplie de working girl faussement autoritaire et guindée, totalement contraire à sa nature profonde. Sous la plume définitivement chargée de la bonhomie de l’enfance et délibérément optimiste de notre scénariste réalisateur, l’amitié et la solidarité triomphent de la déshumanisation ambiante, coupant court à tout soupçon de cynisme pour laisser la place à une joie libératrice et rassurante.

Les deux Alfred entre satire et poésie de l’absurde

Entre puérilité et goguenardise, le décor se fait le complice débonnaire de cette satire poussée jusqu’à l’absurde avec l’apparition d’une multitude d’objets incongrus (chaises longues, tables de ping-pong, distributeur de bonbons…) censés véhiculer, au sein de l’entreprise,  une apparente sérénité bientôt démentie par l’irrépressible subordination à tous ces engins connectés tyranniques.

Un trio d’acteurs redoutablement efficace accompagné de rôles secondaires de qualité dont le magicien Yann Frisch, fascinant en patron décomplexé et la désormais incontournable Luana Bajrami (que l’on a tout récemment pu apprécier dans Ibrahim de Samir Guesmi), une écriture fluide et sensible, un regard plein de poésie mordante composent une parenthèse de douceur et d’humour propre à enchanter la réalité.

Les deux Alfred a vu sa date de sortie repousser à plusieurs reprises en 2020 en raison de la crise de la Covid. Il devrait faire le bonheur des spectateurs le 13 janvier 2021.

Critique : Claudine Levanneur

Sorties de la semaine du 16 juin 2021

Les 2 Alfred, affiche

© Why Not Productions – Arte France Productions

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