Ibrahim : la critique du film (2021)

Drame | 1h19min
Note de la rédaction :
8/10
8
Affiche d'Ibrahim de Samir Guesmi

  • Réalisateur : Samir Guesmi
  • Acteurs : Luàna Bajrami, Philippe Rebbot, Samir Guesmi, Rabah Nait Oufella, Abdel Bendaher
  • Date de sortie: 23 Juin 2021
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Ibrahim
  • Titres alternatifs :
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Samir Guesmi, Camille Lugan, avec la collaboration de Sylvie Verheyde et Rosa Attab
  • Directeur de la photographie : Céline Bozo (A.F.C.)
  • Compositeur : Raphaël Elig (sous le nom de Raphael Eligoulachvili)
  • Société(s) de production : Why Not Productions, Canal +, Ciné +
  • Distributeur (1ère sortie) : Le Pacte
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : 2021
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.66 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : Film Francophone d'Angoulême (Valois de Diamant, Valois du scénario, Valois de la Mise en scène, Valois de la Musique), Sélection officielle Cannes 2020
  • Illustrateur / Création graphique : Le Cercle Noir pour Silenzio
  • Crédits : Copyrights : 2020 - Why Not Productions / Photos : Anne-Françoise Brillot
Note des spectateurs :

Ibrahim, première réalisation de l’acteur Samir Guesmi, observe avec une infinie pudeur les difficultés de communication entre un père malmené par la vie qui rêve d’un avenir meilleur pour son fils et un adolescent influençable qui, malgré son désir de renouer le lien familial, emprunte la mauvaise voie.

 Synopsis : La vie du jeune Ibrahim se partage entre son père, Ahmed, écailler à la brasserie du Royal Opéra, sérieux et réservé, et son ami du lycée technique, Achille, plus âgé que lui et spécialiste des mauvais coups. C’est précisément à cause de l’un d’eux que le rêve d’Ahmed de retrouver une dignité se brise lorsqu’il doit régler la note d’un vol commis par son fils et qui a mal tourné. Les rapports se tendent mais Ibrahim décide alors de prendre tous les risques pour réparer sa faute…

Abdel Bendaher dans Ibrahim de Samir Guesmi,

© Anne-Françoise Brillot

Critique : Tout auréolé de son label Cannes 2020 et encore bien plus de ses quatre récompenses au Festival du Film d’Angoulême dont le prestigieux Valois de diamant, Ibrahim s’articule autour d’un magnifique tandem père/fils, emprisonné dans ses non-dits et ses émotions refoulées.

Ibrahim et les mauvaises fréquentation

Ibrahim, personnage éponyme, n’est plus tout à fait un enfant mais pas encore un adulte. Il ne sait trop quel sens donner à sa vie. Sa passion, c’est le foot et il se verrait volontiers en star du ballon rond mais ses compétences sont limitées. En attendant mieux, il prépare sans grand enthousiasme un CAP qui ne lui réserve qu’un avenir incertain. Il est pourtant encadré par une enseignante bienveillante à qui Maryline Canto apporte toute son humanité. Négligeant l’aide qu’elle est prête à lui accorder, il choisit de mettre ses pas dans ceux d’Achille, un camarade de classe, livré à lui-même, qui le fascine et n’aura aucun mal à l’entraîner dans quelques escroqueries dont son père devra payer les conséquences financières, réduisant à néant les espoirs d’ascension qu’il nourrissait.

Père-fils : mode d’emploi

D’Ahmed, on ne sait pas grand-chose d’autant que le silence est son refuge. On découvre, au fil du récit, qu’il a un passé de toxicomane et souffre d’un problème d’illettrisme, le plaçant dans une position d’infériorité face à son fils qui lui sert de lecteur ou de rédacteur. L’ombre de la mère de son fils plane sans que l’on connaisse les raisons de son absence. Aujourd’hui Ahmed n’a d’autre ambition que de guider son fils, qu’il aime plus que tout même s’il ne le lui montre jamais, vers une vie honorable. Employé dans une brasserie, il brigue un poste de serveur qu’il ne pourra atteindre qu’après avoir résolu un défaut dentaire. Alors qu’il est sur le point de réunir la somme nécessaire à ces frais médicaux, les égarements de son fils font capoter ses projets.

Abdel Bendaher et Luana Bajrami dans Ibrahim de Samir Guesm

© Anne-Françoise Brillot

 

Des acteurs à la hauteur

La haute silhouette de Samir Guesmi se coule parfaitement dans la peau de cet homme qui, bien caché derrière une dignité absolue et une intransigeance d’un autre temps, dévoile parcimonieusement une sensibilité insoupçonnée. Face à lui, le jeune Abdel Bendaher, dont c’est le premier grand rôle, n’a aucun mal à faire vibrer son personnage de toute une panoplie de sentiments, de la forfanterie à la culpabilité en passant par le désir viscéral de réconciliation.

Les personnages secondaires, tout particulièrement la pétillante Luàna Bajrami (dont on avait déjà pu apprécier récemment l’étonnante performance dans l’heure de la sortie de Sébastien Marnier) apportent un souffle de légèreté à une intrigue qui fait la part belle aux regards plutôt qu’aux paroles, aux indices visuels plutôt qu’aux démonstrations affectives intempestives.

A trop se complaire dans la retenue, Ibrahim souffre certes de quelques manques de rythme. Pourtant la beauté des sentiments qu’il dégage, la ferveur des comédiens à faire vivre des personnages cabossés mais déterminés à s’en sortir fait de cette ode au courage un drame social digne d’intérêt.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 23 juin 2021

Affiche d'Ibrahim de Samir Guesmi

Le Cercle Npir pour Fidelio © photo Anne-Françoise Brillot

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