Blague à deux balles, Le Vertige est assurément un Quentin Dupieux mineur qui n’apporte rien à son œuvre, ni dans l’esthétique (laide), ni dans sa thématique déjà maintes fois abordée. Un coup pour rien.
Synopsis : Jacques se rend chez son ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité tout entière vit dans une simulation…
Quentin Dupieux se met à l’animation
Critique : Depuis ses débuts dans la musique, Quentin Dupieux s’est toujours emparé d’un genre artistique pour le détourner à sa manière. Ainsi, ses morceaux techno sous le pseudonyme de Mr. Oizo étaient d’un minimalisme confinant au foutage de gueule, tandis que la marionnette qui lui servait de mascotte était totalement fauchée – on la retrouve d’ailleurs avec plaisir en clin d’œil dans Le Vertige. Par la suite, l’artiste a conçu la plupart de ses films avec des bouts de ficelle, tout en parvenant à créer un univers cohérent dont le point d’orgue a assurément été L’Accident de piano (2025).

© 2026 Chi-Fou-Mi Productions. Tous droits réservés.
Avec Le Vertige (2026), Quentin Dupieux s’approprie le genre du film d’animation pour en faire un objet cinématographique non identifié. Loin de chercher la perfection dans ce domaine, il a plutôt voulu retrouver l’esthétique un peu foutraque des jeux vidéo à l’ancienne, avec notamment une capture de mouvement basique, réalisée à partir d’un logiciel peu performant. Il n’a d’ailleurs jamais cherché à corriger les bugs survenus lors de la transposition en animation puisque le phénomène de dysfonctionnement est au cœur de l’intrigue même du film. Dès lors, comme la bande-annonce le prouvait, le rendu général apparaît extrêmement sommaire, voire carrément laid si l’on n’éprouve aucune nostalgie envers les débuts des jeux vidéo.
Le Vertige ou l’art de se répéter
Le spectateur ne pourra donc guère s’accrocher à l’esthétique du métrage, avec ses mouvements grossiers, ses effets d’un autre temps et ses couleurs à faire saigner les yeux. Malheureusement, le cinéaste ne propose rien de vraiment neuf non plus en ce qui concerne la thématique développée. Une fois de plus, il choisit de jouer sur la frontière entre réel et fiction, le passage entre deux mondes et la mise en abîme. Il revient donc à des thèmes déjà traités dans Réalité (2014), Incroyable mais vrai (2022), tous deux déjà avec Alain Chabat, ou encore avec Le deuxième acte (2024). Mais le réalisateur ne va pas au-delà de ce qu’il a déjà dit sur le sujet et se contente donc de recycler les mêmes idées dans un bégaiement plutôt étonnant au sein de son œuvre.

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Lorsqu’intervient une rupture de plus de quinze ans dans la narration, le cinéaste se lance à nouveau dans une diatribe contre le monde moderne et ses gourous de la Tech. Certes, on est plutôt d’accord avec lui, mais là encore, il a déjà réglé ses comptes avec les réseaux sociaux dans L’accident de piano, et de manière magistrale. Sa mise en boite de milliardaires comme Elon Musk et Steve Jobs apparaît donc comme redondante, et plutôt plaquée de manière maladroite.
Quentin Dupieux en mode mineur
Enfin, le réalisateur déçoit également sur le plan du comique absurde car on ne trouve ici que quelques idées franchement marrantes – mais souvent déjà présentées dans la bande-annonce. Le Vertige apparaît surtout comme un coup d’épée dans l’eau. Quentin Dupieux lui-même n’envisageait pas de diffuser le film au cinéma, mais on l’aurait convaincu de le faire, d’autant que le résultat a été présenté en clôture de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes.
Pour notre part, on pense sincèrement qu’il aurait dû s’abstenir car la blague est tout de même très limitée dans sa portée artistique et on ne voit pas bien ce que les spectateurs y trouveront de satisfaisant, d’autant que sa durée d’à peine une heure en fait vraiment un exercice de style assez vain. D’ici peu, on découvrira son nouvel opus lui aussi présenté à Cannes intitulé Full Phil, en espérant que le résultat soit vraiment à la hauteur de nos espérances.
En attendant, Le Vertige nous semble être une blague éventée et mal fichue, même pas sauvée par ses comédiens, pourtant d’habitude fort drôles. Mais finalement, Quentin Dupieux ne nous en voudra pas puisque son film n’est pas réel et que cette critique n’existe pas.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 10 juin 2026

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Mots clés
Cinéma français, Cinéma d’animation française, Le film dans le film, Festival de Cannes 2026