Le quart d’heure américain : la critique du film (1982)

Comédie | 1h30min
Note de la rédaction :
6/10
6

Note des spectateurs :

Une comédie dans l’esprit du Splendid qui remet le sexe au cœur des grandes histoires…

Synopsis : Si seulement Ferdinand n’avait pas, ce jour-là, écouté Radio 1 ! Il se serait évité bien des ennuis. En partant pour Bangkok au volant de sa 404 break, il voit derrière lui, une voiture de Radio 1. Au transistor, la voix de l’animatrice donne son numéro d’immatriculation et lui demande, s’il l’entend, de s’arrêter… Il peut gagner la somme contenue dans une enveloppe qu’il choisira. Émotion ! Dérapage et tonneau en contre-bas. Dans l’enveloppe : 60 francs !!! Bonnie, l’animatrice, ne peut quand même pas l’abandonner comme ça. Elle le ramène chez elle, le réconforte… il y passe la nuit. Pour l’un et pour l’autre, c’est la révélation.

Critique : Tombe la fille et tais-toi.

Pour son 2e film en tant que réalisateur, Philippe Galland (L’exercice du pouvoir, 1976) joue avec l’esprit du Splendid.  Jugnot a co-écrit le script avec lui, l’idée étant de le transformer le temps d’une comédie en un homme à femmes, ou plutôt un homme à femme, au singulier donc, puisqu’il fait chavirer de façon irrationnelle la cocotte des médias, un peu godiche, mais qui pourrait trouver mieux… Bien mieux. Un peu comme Balasko dans Les hommes préfèrent les grosses (1981), l’heure est à l’auto-dérision, on rit des physiques grossiers et des vannes disgracieuses (Anémone s’amuse aussi beaucoup du sien). Toutefois les failles esthétiques sont compensées par une générosité sexuelle assez féroce, le film ayant une liberté de ton qui dépasse le trait d’écriture forcé de certaines comédies contemporaine. Evidemment, cela engendre des dialogues assez salaces et des situations voraces. L’esprit caustique, dans un milieu où l’on oppose le milieu médiatique parisien (Balmer, dans un second rôle de mépris total assez drôle) et la France populaire, forcément Jugnot, qui en a joué sur toute sa carrière volontairement beauf, relève la sauce, alors que Galland essaie de donner du punch à une réalisation via un montage parfois morcelé un peu foireux.

Dans tous les cas, le film millionnaire permit à Galland de voir plus grand avec la production de Fechner? Le Mariage du siècle, un blockbuster de comédie avec Thierry Lhermitte et Anémone, au sommet du star-system, et qui pourtant décevra au cinéma. Sans galanterie, le cinéaste fut reconnu coupable et relégué à une carrière de seconde zone dans des œuvres bien moins ambitieuses. Anémone, elle, vivait une année d’exception avec quatre succès en un an, puisqu’il faut ajouter à celui du Quart d’heure américain (novembre), celui de Ma femme s’appelle revient, avec Michel Blanc (janvier), Pour cent briques t’as plus rien (mai) et Le Père Noël est une ordure en août.

Multi-rediffusé à la télévision française et disponible en VOD dans une copie de très belle définition, Le quart d’heure américain est une belle invitation au rire, pour une demi-heure et plus.

Affiche : Philppe Lemoine / Crédits : 1982 UGC / Studio Canal

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