Le dîner de cons : la critique du film (1998)

Comédie | 1h20min
Note de la rédaction :
8/10
8
Le dîner de cons, affiche du film de Francis Veber

  • Réalisateur : Francis Veber
  • Acteurs : Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Francis Huster, Catherine Frot, Daniel Prévost
  • Date de sortie: 15 Avr 1998
  • Nationalité : Français
  • Scénariste : Francis Veber
  • Compositeur : Vladimir Cosma
  • Sociétés de production : Gaumont, Efve Films
  • Distribution : Gaumont Buena Vista
  • Editeur vidéo : Gaumont
  • Date de sortie vidéo : 30 mars 2000 (DVD), 29 janvier 2003 (DVD), 22 mars 2006 (DVD, édition collector), 4 décembre 2008 (blu-ray, première édition), 26 avril 2017 (blu-ray)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 9 247 001 entrées / 1 587 122 entrées
  • Box-office USA : 4 071 548 $
  • Budget : 12 500 000€
  • Récompenses : César 1999 : Meilleur acteur (Jacques Villeret), Meilleur second rôle masculin (Daniel Prévost), Meilleur scénario original ou adaptation
  • Format : 2.35 : 1 / Dolby Stéréo
  • Illustrateur : Affiche : Marc Paufichet
Note des spectateurs :
[Total : 2   Moyenne : 4/5]

Le dîner de cons est un festin de roi. L’une des meilleures comédies françaises des années 90 et un véritable phénomène de société dont le box-office se souvient encore.

Synopsis : Pierre Brochant est éditeur. Snob et arrogant, il prend plaisir à participer avec ses amis bourgeois à des dîners où sont conviés de pauvres abrutis, sans en connaître la raison. A savoir en rire et déclarer vainqueur celui qui a ramené le plus con. Justement Brochant pense tenir la victoire. En la personne de François Pignon, un agent du fisc, moche, sans le sou, et passionné par la construction de modèles réduits en allumettes. Un con de classe mondiale ! Mais un tour de rein contraint Brochant à annuler son dîner…

Critique : Pièce de boulevard jouée sur 3 saisons, soit plus de 900 représentations, Le Dîner de cons de Francis Veber partait pour être un beau succès au box-office avant de devenir le phénomène français de l’année 1998, derrière Titanic. Avec plus de 9 millions d’entrées (voir plus bas), le vaudeville est devenu le quatrième plus gros succès de la décennie 90.

La folie des grandeurs

Veber avait vu gros avec, pour mettre en scène un quasi huis clos (à quelques scènes près, dont une assez courte à bord d’un TGV), puisqu’il bénéficiait d’un budget de 12 500 000 francs, digne d’une superproduction. L’auteur de La chèvre, à l’image de Jean-Marie Poiré et plus récemment de Dany Boon, a toujours été dans la démesure dans ses budgets, mais visionnaire dans son genre, il rapportait gros, dépassant même les frontières franchouillardes pour imposer ses éclats de rire à l’Europe et l’Amérique.

Qu’importe le risque initial, Gaumont vend l’adaptation de sa pièce de boulevard dans le monde entier ; les Américains de Dreamworks en achètent les droits pour un remake qui sera en fait un nanar de première catégorie, avec Steve Carrel et Paul Rudd… Cette relecture à la sauce yankee n’arrive pas à la hauteur de la comédie originale. Et pour cause. Le Dîner de cons est un must du savoir-faire français en matière de divertissement. Truculent, audacieux, assez féroce même dans son humour puisqu’il s’agit tout de même de se payer la poire d’un imbécile le temps d’un repas. Niais mais gentil, le personnage éponyme, donc, le “con”, est campé par Jacques Villeret, dont il s’agira de son plus grand rôle. Il lui apporte naturel et une petite dose d’émotion, ce qui lui permet de renverser adroitement le rapport de force face au cynisme du personnage interprété par Thierry Lhermitte.

Francis Veber à son meilleur

Le dîner de cons est Veber à son meilleur, agile dans la mise en scène. Sans s’éloigner de l’objet théâtral, il construit un vrai film de cinéma autour d’un spacieux espace qu’il investit en lui octroyant rythme et panache. Les dialogues piquent, et avec causticité font mouche.

Les acteurs sont un régal. Les seconds rôles, parfois, volent même la vedette à Lhermitte, cruel éditeur qui se régale d’un dîner de cons par semaine, avec ses amis guindés. Daniel Prévost en contrôleur fiscal s’est taillé un personnage culte qui ne le quittera jamais ; Catherine Frot en gourde collante donne un aperçu du talent qu’elle déploiera tout au long des années 2000 qui seront sa décennie à elle.

Le dîner de cons traverse les âges quand le cinéma de Veber dans les années 2010 prendra un sacré coup de vieux (Tais-toi ! en 2003 et L’Emmerdeur en 2008 seront ratés). L’auteur aura pris la sage décision de prendre sa retraite laissant comme héritage des plats résistants autour de son personnage récurrent de François Pinon, cet adorable con qui attendrira des générations entières tout en provoquant une hilarité qui ne faiblira pas.

A table.

Frédéric Mignard 

Les sorties de la semaine du 15 avril 1998

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Le dîner de cons, affiche du film de Francis Veber

Affiche : Marc Paufichet © Gaumont – EFVE – TF1 Film Productions 1998 Tous droits réservés

Box-office :

1998 fut une année exceptionnelle pour le cinéma en France. Quand Le dîner de cons est sorti, en avril, les Français sortaient de la vague Titanic, et avaient fait des triomphes à  Les Visiteurs II, Taxi, premier du nom… Tarantino venait même de lancer Jackie Brown, le successeur de Pulp Fiction

Premier jour sur Paris. Avec 34 134 entrées dans 41 salles, Le dîner de cons permettait à Francis Veber de réaliser le meilleur démarrage de sa carrière, sur Paname, devant les 32 669 entrées des Compères, loin devant l’échec du tandem Reno-Bruel dans Le jaguar (18 219).

Ces premiers chiffres étaient essentiels, la comédie en huis clos ayant coûté 12 500 000 euros, le budget d’un blockbuster pour une production française, puisque Veber a toujours eu la dépense facile et la vision de la comédie au format XXL (le film a été tourné en CinemaScope). Tous les voyants étaient au vert.  Les Américains avaient adoré le film et l’ont vite acheté pour une sortie locale où il fera en son temps 4 millions de dollars, ce qui était énorme pour une production francophone. En France, les avant-premières ont été pleines et euphoriques ; quant aux critiques, ils ont adoré…

Le dîner de cons est un phénomène au box-office

En première semaine, Le Dîner de cons et sa bande de vieux routards de la comédie virent la nouvelle génération de la pôle position, à savoir Taxi produit par Besson, qui passait en seconde. 1 157 996 entrées pour le Veber en 7 jours dans 404 salles pleines à craquer. 250 971 entrées rien qu’à Paris :  Gaumont, alors associé pour la distribution à Disney, via Buena Vista, tient là un film phénomène. C’est alors le 3e démarrage annuel derrière Titanic et Les Visiteurs II, forcément.

En 2e semaine, 1 016 590 convives se mettent à table (-12%), sur 510 salles. La 3e semaine du Dîner de cons est encore admirable, 1 096 117 entrées soit une hausse de 8% de sa programmation. Veber a déjà 3 271 453 spectateurs dans ses filets. Objectif pour le réalisateur : battre son propre record, celui de La chèvre et de ses 6 900 000 spectateurs.

Le dîner de cons restera 6 semaines au sommet du box-office pour ne trébucher qu’à la fin du mois de mai marqué par la sortie du blockbuster Deep Impact de Mimi Leder. Pourtant, Veber et ses hôtes reprennent le dessus le 3 juin pour une nouvelle semaine en première place. 8 semaines au sommet, un record depuis Les visiteurs en 1993 qui était resté 11 semaines à cette place. La comédie dînatoire dépassait désormais les 5 547 137 spectateurs. En 10e semaine, Le dîner de cons s’assoit de nouveau à la table des vainqueurs, avec 183 732 invités, dépassant pour l’occasion les 6 millions.

Le 4e plus gros succès des années 90 en France

A la fin de l’été, le phénomène était toujours prospère, attirant encore 93 121 spectateurs en 20e semaine. Les 8 millions d’entrées étaient proches.

En 23e semaine, Le dîner entame le dessert. Non seulement la production Gaumont remonte dans le top 10, mais en plus dépasse les 8 027 469 spectateurs des Visiteurs II… une autre production Gaumont.

Le dîner de cons restera 29 semaines dans le top 20 français, jusqu’en novembre 1998. En 44e semaine, le film est toujours présent dans 144 cinémas et divertit 24 698 spectateurs.

Le film ne veut pas capituler et demeure plus d’un an dans les salles, seulement stoppé par son exploitation en VHS. Au total, 9 247 001 entrées. C’est le 4e plus gros succès de la décennie 90, après Titanic, Les Visiteurs et Le Roi Lion.

Frédéric Mignard

Le dîner de cons : plan média - Francis Veber

Affiche : Marc Paufichet © Gaumont – EFVE – TF1 Film Productions 1998 Tous droits réservés

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