Comédie charmante, La petite vadrouille invite le spectateur à lâcher les amarres pour un voyage amusant et poétique au fil de l’eau. Séduisant.
Synopsis : Justine, son mari et toute leur bande d’amis trouvent une solution pour résoudre leurs problèmes d’argent : organiser une fausse croisière romantique pour Franck, un gros investisseur, qui cherche à séduire une femme.
Bruno Podalydès vous invite à un voyage quasiment immobile
Critique : Habitué à passer des vacances en famille au cœur des canaux français, le cinéaste Bruno Podalydès souhaitait tourner depuis fort longtemps dans ce cadre qu’il estime hors du temps. L’idée était de se laisser porter par la langueur de ce voyage quasiment immobile et d’y intégrer une comédie qui serait quasiment de l’ordre du boulevard, avec des gags essentiellement basés sur le quiproquo et le mensonge.

© 2024 Why Not Productions, Union Générale Cinématographique (UGC), Studio Exception, Arte France Cinéma / Photographies : Anne-Françoise Brillot. Tous droits réservés.
Pour écrire La petite vadrouille, Bruno Podalydès s’est notamment souvenu de la comédie To Be or Not to Be (Ernst Lubitsch, 1942) où les acteurs interprètent eux-mêmes des rôles à l’intérieur de la fiction. Sur le même principe, la comédie de Podalydès propose à chaque acteur de jouer le rôle d’un protagoniste qui porte lui aussi un masque. Le pigeon est un investisseur fortuné interprété par Daniel Auteuil qui souhaite organiser un week-end de rêve destiné à la femme qu’il convoite. Dès lors, sa collaboratrice (excellente Sandrine Kiberlain) et ses amis vont tenter de soutirer un maximum d’argent au naïf lors d’une croisière fluviale de luxe sur les canaux de France.
Une ambiance champêtre propice à la rêverie
La situation se complique fortement lorsque l’on apprend que la femme convoitée n’est autre que Sandrine Kiberlain, pourtant déjà mariée à Denis Podalydès, lui-même embarqué dans cette arnaque à grande échelle. Tout ceci donne lieu à une comédie souvent savoureuse où les gags interviennent régulièrement, soit par le biais des situations, soit par les dialogues. Mais la plus grande réussite de La petite vadrouille vient de cette ambiance champêtre quelque peu nonchalante qui s’empare du film, sans pour autant que l’ennui s’installe.
En fait, le comique dévie même parfois vers l’absurde et l’on songe à d’autres références tout au long du métrage, allant de Jacques Demy pour les quelques passages chantés à Jacques Tati pour les éléments plus burlesques – notamment liés à la présence du très physique Dimitri Doré, mais aussi de Jean-Noël Brouté. Dès lors, il n’est plus question de savoir si l’ensemble est crédible ou non, mais de suivre une bande de pieds nickelés qui s’évertuent à faire avaler à leur hôte des couleuvres. D’ailleurs, Daniel Auteuil joue si bien l’ambiguïté de son personnage qu’on en arrive à douter de sa naïveté.
Le partage des joies simples
La poésie qui finit par s’inviter in extremis lors du dernier quart d’heure invite le spectateur à rêver d’un monde où la réconciliation entre les êtres humains serait possible autour de moments de partage simples. La petite vadrouille apparaît dès lors comme une charmante comédie qui défierait les lois du temps et permettrait à chacun de s’octroyer une pause. Ainsi, le cinéaste retrouve le charme fou qui caractérisait ses premiers films et qui s’était quelque peu dilué ces dernières années dans des scripts rarement aboutis.

© 2024 Why Not Productions, Union Générale Cinématographique (UGC), Studio Exception, Arte France Cinéma / Photographies : Anne-Françoise Brillot. Tous droits réservés.
Bien entendu, La petite vadrouille ne serait pas aussi réussie sans le concours d’acteurs dirigés au diapason, avec le plaisir de retrouver la verve intacte de Sandrine Kiberlain, mais aussi des actrices comme Florence Muller ou Isabelle Candelier, souvent drôles.
Box-office de La petite vadrouille
Sortie par UGC dans 425 salles sur tout le territoire français à partir du 5 juin 2024, La petite vadrouille a profité de critiques très positives. Avec 160 161 entrées dès sa première semaine d’exploitation, le film démarre bien au-dessus des précédentes œuvres du cinéaste et s’impose à la troisième place du box-office national, juste derrière le phénomène Un p’tit truc en plus (Artus) qui en était à sa sixième semaine en pôle position et la nouveauté américaine Bad Boys Ride or Die (Adil El Arbi, Bilall Fallah) avec Will Smith.
Pour sa deuxième tournée, la comédie au fil de l’eau ne perd que 27 % de passagers et se maintient avec 116 924 retardataires grâce à une combinaison de salles revue à la hausse (685). En moins de quinze jours, le film dépasse déjà les 250 000 tickets et fait donc mieux que la plupart des œuvres récentes du cinéaste. D’ailleurs, le classement national demeure inchangé pour la deuxième semaine consécutive. UGC croit en son poulain et injecte encore des copies (on monte à 873, puis 884 au pic) avec pour effet une baisse modérée de 30 % et 80 578 voyageurs de plus.
Au bout d’un mois, le métrage franchit la barre des 400 000 spectateurs, mais sa cinquième semaine lui est fatale avec une chute significative de 68 %. Finalement, La petite vadrouille ne jouera pas les prolongations et va terminer sa carrière avec 427 357 plaisanciers à son bord. Ce succès amplement mérité n’a pourtant pas poussé UGC à éditer un blu-ray du film. En support physique, les cinéphiles devront donc se contenter d’une copie SD en DVD.
Critique de Virgile Dumez
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© 2024 Why Not Productions, Union Générale Cinématographique (UGC), Studio Exception, Arte France Cinéma / Affiche : Fidelio ; Photographies : Anne-Françoise Brillot. Tous droits réservés.
Biographies +
Daniel Auteuil, Sandrine Kiberlain, Denis Podalydès, Yann Frisch, Bruno Podalydès, Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté, Dimitri Doré, Florence Muller
Mots clés
Cinéma français, Comédies françaises, Les arnaqueurs au cinéma, Le couple au cinéma, L’adultère au cinéma, Les bateaux au cinéma