Johnny le bâtard : la critique du film (1974)

Western | 1h56min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche Johnny le bâtard

  • Réalisateur : Armando Crispino
  • Acteurs : Glauco Onorato, Gordon Mitchell, Martine Beswick, Furio Meniconi, Claudio Camaso, John Richardson
  • Date de sortie: 18 Sep 1974
  • Nationalité : Italien
  • Année de production : 1967
  • Titre original & alternatifs : John il bastardo, John, el bastardo (Espagne), John the Bastard (Etats-Unis), John Bękart (Pologne), Fattyú John (Hongrie), His Name Was Johnny
  • Scénaristes : Lucio Battistrada, Armando Crispino, Sauro Scavolini (idée originale)
  • Directeur de la photographie : Sante Achilli
  • Compositeur : Nico Fidenco
  • Sociétés de production : Hercules Cinematografica
  • Distributeur : Univers Galaxie
  • Date de sortie vidéo : 1982 (VHS)
  • Editeur vidéo : CEC (Consortium Européen Cinématographique)
  • Box-office : Inconnu
  • Crédits visuels : © Univers Galaxie, Compagnia Cinematografica Hercules, Francesco Genesi, Vincenzo Genesi. Tous droits réservés.
  • Formats : 2.35 : 1/ Couleurs, 35 mm / Mono
Note des spectateurs :
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Johnny le bâtard est une adaptation du mythe de Don Juan dans le monde impitoyable du western spaghetti. Si l’idée se révèle intéressante, la transposition peine in fine à convaincre.

Synopsis : Johnny Donald, un coureur de jupons, découvre qu’il est le fils illégitime d’un riche propriétaire terrien. Il compte bien tirer parti de la situation…

Critique : Avec Johnny le bâtard, Armando Cripsino réalise le premier film pour lequel il est seul aux commandes, et son unique western. De fait, sa réalisation se révèle malheureusement assez plate. Même si Crispino met plutôt bien en scène une fusillade dans une rivière, le reste est trop poussif, duel final compris. Ainsi, faudra-t-il attendre son film suivant, le sympathique Commandos, avec Lee Van Cleef pour prendre la vraie mesure de son talent. De façon générale, Johnny le bâtard peine à convaincre d’un point de vue strictement visuel. En effet, même si l’on retrouve les paysages d’Almería, ils sont ici assez mal mis en valeur, et les éclairages des scènes nocturnes laissent à désirer. Tout ceci traduit un certain manque de budget qui compromet la dimension spectaculaire du long métrage.

Johnny le bâtard se distingue de la production par son propos et son casting

Si le film ne brille pas par ses qualités visuelles, il se montre beaucoup plus convaincant au niveau de l’interprétation. John Richardson campe un Don Juan plutôt convaincant et sa partenaire à la scène comme à la ville, l’ancienne James Bond girl Martine Beswick alterne froideur et passion avec talent. Glauco Onorato est quand à lui un sympathique sideckick qui pourra toutefois en agacer quelques-uns, notamment au vu de la teinture dont il se voit affublé, d’un goût discutable. Face à eux, Claudio Camaso excelle une fois de plus en tant qu’antagoniste.

Johnny le bâtard n’est pas dépourvu d’originalité et se laisse suivre avec un certain intérêt

Mais un des personnages les plus charismatiques du film est sans conteste celui de Gordon Mitchell, même s’ il est vraiment regrettable qu’il apparaisse si peu à l’écran. L’acteur à la physionomie particulière incarne ici un Danite, une sorte de pistolero mormon tout de noir vêtu et absolument glacial. Les Danites ayant réellement existé, on déplore que cette figure n’apparaisse pas dans davantage de westerns spaghetti, le genre entretenant un rapport particulier à la religion. Son personnage, qui correspondrait au commandeur de l’œuvre originale, revêt ici une dimension quasi fantastique, car il surgit toujours de nulle part, ce qui contribue à l’originalité du film.

Du fait qu’il s’agisse d’une adaptation, Johnny le bâtard évite les poncifs du genre et se laisse suivre sans susciter l’ennui. Le script s’avère plutôt bien ficelé et parvient à tenir en haleine en dépit d’un manque d’action criant. Le personnage principal pose toutefois problème car il est ignoble en tous points, ce qui ne favorise en aucun cas l’identification. On note enfin un jeu intéressant sur la temporalité puisque le film est une sorte de grande analepse. En effet, le personnage d’Onorato, sur le point de mourir, se remémore la vie de son ami Johnny, alors que les soldats qui l’ont tué entonnent une chanson retraçant les péripéties de ce dernier.

Une adaptation « bâtarde »

Si la musique de Nico Fidenco ne restera pas dans les mémoires, la chanson principale, intra-diégétique au demeurant, renforce l’aspect picaresque et fait même référence à l’opéra de Mozart. Malheureusement, on ne retrouve pas les sonorités typiques du genre dans cette partition. De fait, le principal défaut de Johnny le bâtard est qu’il ne relève pas assez du western spaghetti. On n’y retrouve pas suffisamment de marques stylistiques du genre. Ici, le mythe n’est pas au service du western spaghetti, et l’histoire pourrait après tout être adaptée dans n’importe quel contexte . C’est pourquoi on lui préfèrera plutôt Le retour de Ringo ou Le dernier des salauds qui ont beaucoup mieux su accommoder des classiques de la littérature méditerranéenne à la sauce « spaghetti » !

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Affiche Johnny le bâtard

© Univers Galaxie, Compagnia Cinematografica Hercules, Francesco Genesi, Vincenzo Genesi. Tous droits réservés.

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