Jason et les Argonautes : la critique du film (1963)

Fantastique, Aventures | 1h44min
Note de la rédaction :
8/10
8
Jason et les Argonautes, l'affiche

Note des spectateurs :

Sommet de la carrière du maître des effets spéciaux Ray Harryhausen, Jason et les Argonautes est un spectacle roboratif, parfaitement jubilatoire pour tous ceux qui ont gardé leur capacité d’émerveillement. L’aventure avec un grand A.

Synopsis : Pour retrouver son trône de Thessalie, Jason doit conquérir la Toison d’or. Il embarque à bord de l’Argo avec les Argonautes, hardis guerriers et marins, afin d’atteindre le royaume de Colchide, là où se trouve la dépouille du bélier magique…

Une production d’envergure surfant sur la mode du péplum mythologique

Critique : Déjà spécialisé dans le film d’aventures depuis le milieu des années 50, le producteur américain Charles H. Schneer cherche à exploiter au début des années 60 la mode du péplum à tendance mythologique. Il a déjà produit à cette époque plusieurs récits mettant en scène les créatures de l’animateur Ray Harryhausen comme Le septième voyage de Sinbad (Juran, 1958), mais aussi L’île mystérieuse (Enfield, 1961). Il réunit donc une somme conséquente (environ 2,5 millions de dollars de l’époque) pour adapter à l’écran le récit mythologique de Jason et de ses Argonautes à la recherche de la Toison d’Or.

Jason et les Argonautes, la jaquette DVD/Blu-ray

© 1963 Renewed 1991 Columbia Pictures Industries / Conception graphique 2019 : Dark Star. Tous droits réservés.

Les scénaristes Jan Read et Beverly Cross parviennent à concentrer l’intrigue initiale sans la trahir, tout en l’agrémentant de séquences spectaculaires destinées à saisir le spectateur. Le résultat est un petit modèle de perfection, avec un fil conducteur simple qui permet la greffe d’épisodes savoureux et suscitant l’imaginaire de tous les enfants. Car le spectacle est essentiellement destiné à un public jeune. On évacue donc tous les éléments les plus ambigus pour se conformer aux canons habituels de l’héroïsme. Tout juste notera-t-on la présence d’une séquence finale un peu plus effrayante, avec la présence de squelettes animés bien vindicatifs.

Ray Harryhausen, au sommet de sa créativité

Afin de matérialiser à l’écran les exploits de Jason et de ses compagnons, le producteur s’appuie une fois de plus sur les créations de Ray Harryhausen qui passe plusieurs mois à animer image par image ses monstres et autres créatures. Le résultat – même s’il a nécessairement vieilli – est nettement supérieur à tout ce qui se faisait à la même époque en matière d’effets spéciaux. Il surpasse sans mal les maladroites tentatives d’imitation visibles en Italie.

Le maître de l’animation livre ici son travail le plus achevé, avec la présence du géant Talos, mais aussi la matérialisation des harpies, de l’hydre de Lerne ou encore de cette fameuse armée de squelettes qui reste comme la séquence la plus impressionnante du long-métrage, et même du cinéma d’aventures des années 60.

Des acteurs à la traîne, mais qui ne gâchent pas le spectacle

Bien évidemment, on peut reprocher plusieurs choses au film de Don Chaffey, et notamment la présence d’un casting pas forcément très charismatique. Il est vrai que Todd Armstrong est un peu transparent en Jason et Nancy Kovack fait une piètre Médée. L’absence générale de psychologie peut également être déplorée, de même que cette fin ouverte appelant une suite qui ne viendra jamais. Toutefois, ce ne sont que des peccadilles par rapport à l’esprit d’aventures et au souffle épique qui parcourt cette œuvre inspirée. Même si l’on a passé l’âge, il n’est aucunement interdit de retrouver ses sensations d’enfant au vu de ce périple haut en couleurs.

Autre motif de satisfaction, la musique de Bernard Herrmann vient agrémenter le spectacle avec des thèmes mémorables et d’une redoutable efficacité. Nécessairement kitsch, Jason et les Argonautes se distingue tout de même nettement des péplums qui fleurissaient alors sur les écrans par son respect général de la mythologie (jusqu’au chœur antique qui est repris) et sa volonté de rompre avec certains clichés en vigueur. Ainsi, les héros ne sont aucunement des athlètes bodybuildés comme on pouvait en voir en Italie. Même Hercule est incarné par Nigel Green, acteur imposant par sa taille, mais aucunement par sa musculature.

Un succès d’estime pour un film qui s’est imposé au cours des décennies

Ayant connu un certain succès d’estime lors de sa sortie, Jason et les Argonautes fut considéré comme une déception au box-office (un peu moins de 800 000 entrées sur toute la France contre plus d’un million pour L’île mystérieuse). Cela a durablement condamné le projet d’une suite. Pourtant, le long-métrage a marqué plusieurs générations de spectateurs qui sont ensuite devenus cinéastes. Ainsi, des artistes comme Tim Burton, Peter Jackson, James Cameron ou encore Steven Spielberg vouent un véritable culte à ce long-métrage qui a suscité leur vocation. Et honnêtement, nous qui avons aussi grandi avec ces spectacles old school, nous les comprenons grandement.

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Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 9 octobre 1963

Jason et les Argonautes, l'affiche

© 1963 Renewed 1991 Columbia Pictures Industries / Illustration : Ch. Rau. Tous droits réservés.

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Jason et les Argonautes, l'affiche

Bande-annonce de Jason et les Argonautes (VO)

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