Iceman : la critique du film (1984)

Drame, Science-fiction | 1h40min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Iceman, l'affiche

  • Réalisateur : Fred Schepisi
  • Acteurs : Timothy Hutton, Lindsay Crouse, Danny Glover, David Strathairn, John Lone, Josef Sommer
  • Date de sortie: 13 Avr 1984
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Iceman
  • Titres alternatifs : Rückkehr aus einer anderen Welt (Allemagne) / El hombre del hielo (Espagne) / El valor de una vida (Mexique) / L'uomo dei ghiacci (Italie) / O Homem do Gelo (Brésil)
  • Année de production : 1984
  • Scénariste(s) : Chip Proser, John Drimmer
  • Directeur de la photographie : Ian Baker
  • Compositeur : Bruce Smeaton
  • Société(s) de production : Universal Pictures
  • Distributeur (1ère sortie) : Film inédit dans les salles françaises. La date ci-dessus est celle de la sortie américaine.
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : CIC Vidéo (VHS)
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : 7,3 M$
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : -
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Dolby
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Universal Pictures
Note des spectateurs :

Film rare en France, Iceman est pourtant une œuvre originale, à mi-chemin entre science-fiction d’anticipation et poésie. Surprenant et donc à (re)découvrir.

Synopsis : Un homme de Néandertal préhistorique retrouvé gelé dans la glace est ramené à la vie par une équipe d’exploration de l’Arctique. Les scientifiques tentent ensuite de l’utiliser pour leurs propres besoins.

Schepisi s’empare d’un projet de Norman Jewison

Critique : Projet attaché au cinéaste Norman Jewison depuis de nombreuses années, Iceman entre finalement en production au début des années 80, mais le réalisateur australien Fred Schepisi prend connaissance du scénario qu’il trouve passionnant et supplie Jewison de le laisser le tourner. Finalement, ce dernier accepte de n’être que producteur pour le compte de la Universal. Il faut rappeler que Fred Schepisi est encore auréolé à cette époque du succès obtenu par plusieurs de ses films australiens dont The Devil’s Playground (1976) et The Chant of Jimmie Blacksmith (1978). Il fait donc partie de ces nombreux cinéastes australiens à avoir fait le voyage vers les Etats-Unis, tout comme ses compatriotes Bruce Beresford, George Miller ou encore Peter Weir.

Avec Iceman, le cinéaste souhaitait opérer une synthèse entre pertinence scientifique et poésie. Ainsi, il confronte les personnages principaux – tous des scientifiques – à une découverte fondamentale, celle d’un homme de Néandertal pris au piège de la glace depuis plus de 40 millions d’années. L’élément fantastique intervient lorsque l’équipe parvient à ranimer cet homme de la préhistoire. On notera au passage que le film profite d’une vraie curiosité du grand public vis-à-vis de cette période au début des années 80. La guerre du feu (Annaud, 1981) fut notamment un gros succès international qui a initié bon nombre d’imitations plus ou moins ridicules en fonction des budgets alloués.

Rompre la glace, par-delà les millénaires

Pourtant, Iceman ne joue pas dans la même cour, puisque le but n’est pas de reconstituer la préhistoire, mais au contraire de confronter un Néandertalien avec le monde technologique moderne. Ce choc des cultures et des temporalités fait d’ailleurs tout le prix du métrage. Visiblement fasciné par les progrès scientifiques, Schepisi tente de décrire de la manière la plus documentée possible le fonctionnement d’une base scientifique arctique. Même son explication de la bonne conservation du corps par l’ingestion de pollen tient la route puisque des découvertes postérieures au long-métrage ont montré la validité de cette hypothèse.

Toutefois, le but principal de Schepisi est de se détacher progressivement de tout l’arsenal scientifique déshumanisé. Il préfère conter l’histoire d’un rapprochement amical impossible entre un anthropologue – très solide Timothy Hutton – et son sujet d’étude – impressionnant John Lone, méconnaissable en homme des cavernes. L’auteur opère une césure fondamentale entre l’esprit terre à terre de l’homme moderne et la vision quasiment mystique du Néandertalien.

Iceman bénéficie d’une solide réalisation

Incapable de s’adapter au monde moderne qu’il ressent nécessairement comme une agression permanente, le pauvre Charlie (nom que lui attribue le scientifique) cherche à retrouver sa famille disparue dans le domaine des dieux, quelque part dans les cieux. Symbolisé ici par la figure d’un hélicoptère – sorte de grand oiseau mécanique – la divinité est à la fois synonyme de libération et de mort pour celui qui a été tiré des limbes par des scientifiques décidément trop égoïstes.

Son destin s’avère attachant grâce à l’excellente prestation des acteurs qui évitent le ridicule, mais aussi en raison d’une réalisation dynamique et inspirée de Schepisi. Visiblement heureux de disposer de décors imposants, le réalisateur se fait plaisir à coups de travellings et de panoramiques gracieux. Si toutes les scènes ne sont pas aussi abouties, les séquences qui mettent en scène Hutton et Lone fonctionnent par la bonne alchimie entre les deux comédiens.

Iceman, film injustement méconnu

Enfin, la fin du film en points de suspension permet à chacun d’opter soit pour une vision pessimiste, soit pour une issue poétique et donc plus positive. D’ailleurs, ces dernières minutes ont posé problème à Fred Schepisi qui a finalement été évincé par les producteurs pour ne pas avoir respecté le scénario. Si nous ne sommes pas parvenus à savoir ce qu’il s’est réellement passé faute de documents, Iceman a en tout cas connu une post-production compliquée et chahutée.

Sorti sans tambours ni trompettes dans les salles américaines en avril 1984, Iceman n’a pas marqué l’histoire du box-office local. D’ailleurs, le long-métrage n’est même pas sorti sur les écrans français et demeure encore aujourd’hui très rare puisqu’il n’existe en France qu’une édition VHS chez CIC Vidéo, sans doute difficilement trouvable. C’est d’autant plus dommage que le film n’est pas exempt de qualités et que, sans être un incontournable, il constitue un spectacle appréciable.

Critique de Virgile Dumez

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Iceman, l'affiche

© 1984 Universal Pictures. Tous droits réservés.

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