Dracula : la critique du film de Luc Besson (2025)

Fantastique, Romance | 2h09min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche de Dracula de Luc Besson (2025)

  • Réalisateur : Luc Besson
  • Acteurs : Caleb Landry Jones, Christoph Waltz, Guillaume de Tonquédec, Zoë Bleu, Matilda De Angelis
  • Date de sortie: 30 Juil 2025
  • Année de production : 2025
  • Nationalité : Français, Britannique
  • Titre original : Dracula: A Love Tale
  • Titres alternatifs :
  • Casting : Christoph Waltz, Caleb Landry Jones, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Ewens Abid, Salomon Passariello, Romain Levi, Raphael Luce, Joonas Makkonen, Ivan Franek, Haymon Maria Buttinger, Nikita Makkojev, Jassem Mougari, Jaakko Hutchings, Janne Mattila, Liviu Bora, Stavroula Karatheodorou, Egor Morozov, Jari Viljamaa, Turre Åhl
  • Scénariste(s) : Luc Besson
  • D'après le roman de Bram Stoker
  • Compositeur : Danny Elfman
  • Directeur de la photographie : Colin Wandersman
  • Monteur : Lucas Fabiani
  • Chef décorateur : Hugues Tissandier
  • Chef maquilleur :
  • Chèffe costumière : Corinne Bruand
  • Ingénieurs du son : Stéphane Thiébaut, Guillaume Bouchateau, Yves Levêque
  • Monteur son :
  • Responsable des effets spéciaux :
  • Directeur de casting : Swan Pham
  • Scripte :
  • Assistant réalisateur :
  • Producteurs : Luc Besson
  • Coproducteurs :
  • Producteurs exécutifs : Romuald Drault
  • Société de production : Luc Besson Production, EuropaCorp, en coproduction avec TF1 Films Production et SND Films
  • Distributeur : SND
  • Editeur vidéo : M6 Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 2 décembre 2025 (DVD, Blu-ray, 4K)
  • Budget : 45 235 412 € (part française)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 651 174 entrées / 112 331 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : - / 28 416 692$ (au 8 décembre 2025)
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 2.39:1 / Couleur
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : 2025 Luc Besson Production, EuropaCorp, TF1 Film Production, SND. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Kelly Riffaud-Laneurit
Note des spectateurs :

En dépit de quelques défauts inhérents au style de son auteur, Dracula de Luc Besson est une œuvre ambitieuse et spectaculaire.

Synopsis : Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.

Dracula de Luc Besson, une sortie périlleuse en ces temps de divorce culturel entre la Gauche et la Droite

Critique : La promotion de Dracula de Luc Besson, très tardive de la part du distributeur SND, a été quelque peu chaotique. Entre d’une part les interviews de Luc Besson dans les médias (ultra) conservateurs (les Grandes Gueules, vraiment !) qui font peur (dire vouloir adapter Bram Stoker, mais assurer ne pas aimer les films d’horreur), ses shorts sur TikTok qui déboussolent et, d’autre part, les réactions toxiques sur les réseaux sociaux d’une génération qui ne s’affirme que par des relents de cancel culture, y compris quand l’artiste incriminé n’a jamais été reconnu coupable de rien… la boucle des extrêmes, de droite comme de gauche, est bouclée. Bienvenue dans la société binaire française de 2025.

Caleb Landry Jones dans Dracula

Dracula de Luc Besson © Photo Shanna Besson. © 2025 Luc Besson Production, EuropaCorp, TF1 Film Production, SND.

L’oeuvre d’un auteur immense, mais pachydermique

Devoir aborder Dracula de Luc Besson avec les parasitages habituels n’est pourtant pas un problème puisque l’on reconnaît l’excellence de la carrière du gourou du cinéma français, sa place unique au sein de notre patrimoine cinématographique et son incroyable valeur au box-office. Mais, par ailleurs, on est aussi conscient des limites du cinéaste : ses irrégularités, ses dérapages humoristiques. Force est d’admettre que le Besson des années 2000 et 2010 a déçu à répétition, notamment lorsqu’il adaptait des œuvres majeures. Après l’échec d’une adaptation de Tardi (Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, 2010), le cinéaste s’est fourvoyé à nouveau en adaptant une BD qui a coulé son empire (Valérian et la Cité des mille planètes, 2017). Pourquoi donc remettre le couvert avec une adaptation du classique de Bram Stoker ? Par masochisme ou excès de confiance ?

Dracula, mais pour quoi faire ?

Dracula a été mille fois adapté, la plus célèbre transposition de ces trente dernières années étant celle de Francis Ford Coppola, qui a ses fans comme ses détracteurs. La kitscherie du programme à l’esthétique surchargée, avec Gary Oldman et Anthony Hopkins cabotins, Winona Ryder trop naïve, Keanu Reeves d’une fadeur monumentale qui n’arrive pas à reproduire l’accent anglais, m’avait fortement irrité lors de sa sortie tonitruante en salle, en 1993. L’approche de Luc Besson est scénaristiquement identique : il cherche à rester le plus fidèle possible, selon ses dires, au roman, et construit tout le récit autour d’une histoire d’amour maudite qui traverse les siècles.

Coppola contre Luc Besson, adaptation ou plagiat

Cette volonté de coller au roman vaut évidemment à Besson des accusations de plagiat par rapport au film de Coppola. Il est vrai que le réalisateur du Parrain avait introduit cet aspect romantique inexistant dans le roman original. De ce fait, les deux œuvres se ressemblent bien au-delà des maquillages du comte des Carpathes, mais malgré tout, elles n’offrent pas le même résultat à l’écran. Si Besson s’emploie à transposer la puissance d’un amour passionnel contrarié qui mène à la répudiation de la religion, le cinéaste français ne fait jamais du Coppola. Il fait du Besson, et du bon. Visuellement, Dracula n’est pas baigné de bleu, mais on y retrouve l’ADN de son cinéaste : acharné, brillant, foisonnant d’idées.

Caleb Landry Jones et Zoë Bleu dans Dracula (2025)

Dracula de Luc Besson © Photo Shanna Besson. © 2025 Luc Besson Production, EuropaCorp, TF1 Film Production, SND.

Dracula de Luc Besson est une réussite (relative)

Aussi, il faut évacuer les malentendus immédiatement : Dracula n’est pas un navet, contrairement à celui d’Argento, mais bel et bien une production XXL de plus de 40 millions d’euros d’une grande pertinence, affichant une ambition visuelle rare pour une production hexagonale. Jamais le réalisateur de Nikita et Léon ne cherche la facilité. Il s’acharne au contraire à multiplier les scènes de combats épiques, les séquences de foules costumées, dans des décors imposants qui rappellent ses reconstitutions historiques passées. Contrairement à Coppola, l’auteur français ne supprime pas le champ de bataille en introduction pour une narration précipitée ; il met en scène Vlad en humain puissant, animé par le respect de la religion qu’il va répudier après le massacre de sa bien-aimée. Certes, ce n’est pas dans le roman, mais cette approche impose la stature du personnage que Besson imagine, pour mieux expliquer son évolution tragique. Néanmoins, la passion entre Dracula et Mina (incarnée par la fille de Rosanna – Le Grand Bleu – Arquette, Zoë Bleu, toujours très juste et comme une évidence) édulcore le côté transgressif du roman, où la sexualité relevait de la pulsion et de la répression.

Oui à Caleb Landry Jones, non définitif à Guillaume de Tonquédec

Et c’est sûrement là où le bât blesse. S’il a trouvé en Caleb Landry Jones un Dracula épatant, dont on applaudit l’aisance à jouer à peu près tout pendant deux heures, le réalisateur est aussi prisonnier de maladresses franchouillardes, dans le ton et le casting. La présence bonhomme de Guillaume de Tonquédec et la fragilité d’Ewns Abid en lieu et place de Keanu Reeves, dans le rôle de Jonathan Harker, ne rendent pas le film très charismatique, là où l’on était en droit d’attendre un ton plus homogène, une sophistication de casting qui ne vient pas. Si Christoph Waltz n’incarne pas le chasseur de vampires rationnel Van Helsing, mais un prêtre iconoclaste, il opte parfois pour un jeu outré, renvoyant à celui agaçant d’Anthony Hopkins dans le Dracula de Coppola.

Dracula : A Love Tale n’est pas un monument fantasmagorique de sophistication et de transgression. C’est néanmoins un blockbuster pétaradant, puissant, sûrement captivant, avec sa propre architecture, même si in fine, ce n’est sans doute pas le Dracula que l’on aurait aimé découvrir. Mais pour cela, l’on peut redécouvrir l’élégant et sensuel Entretien avec un vampire de Neil Jordan, avec Tom Cruise et Brad Pitt, d’après le roman d’Anne Rice, qui est très certainement le meilleur film de vampire de ces quarante dernières années.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 30 juillet 2025

Dracula au cinéma

Affiche de Dracula de Luc Besson (2025)

Affiche Leroy & Rose. © EuropaCorp, SND. All Rights Reserved.

Biographies +

Luc Besson, Caleb Landry Jones, Christoph Waltz, Guillaume de Tonquédec, Zoë Bleu

Mots clés

Dracula, Films de vampire, 2025

Blu-ray de Dracula de Luc Besson (2025)

© 2025 M6 Vidéo. All Rights Reserved.

Trailers & Vidéos

trailers
x
Affiche de Dracula de Luc Besson (2025)

Bande-annonce de Dracula de Luc Besson

Fantastique, Romance

x