Efficace et original dans son détournement de la Sharksploitation, Dangerous Animals est une série B valeureuse portée par une réalisation pertinente et des acteurs parfaitement dirigés. A découvrir.
Synopsis : Zephyr, une surfeuse intrépide au tempérament libre est kidnappée par un tueur en série obsédé par les requins. Séquestrée sur son bateau et confrontée à la folie de son ravisseur, elle va devoir se battre pour survivre face à tous les prédateurs…
Un projet monté en un temps record
Critique : Le scénariste Nick Lepard est un surfeur amateur installé en Californie. Il a eu initialement l’idée d’un kidnapping d’une femme par un tueur en série qui la dissimule dans un étui pour planche de surf. A partir de cette vision initiale, il a ajouté à son script la fascination exercée par les requins sur les hommes. Dès lors, le mélange de ces deux éléments apparemment disparates l’a mené à écrire le script de Dangerous Animals en 2024.

Hassie Harrison dans Dangerous Animals de Sean Byrne – Crédit © Mark Taylor / Distributeur France : The Jokers
Rapidement acheté, le projet est d’abord présenté au Marché du film du Festival de Cannes 2024 et il trouve preneur auprès d’investisseurs australiens, américains et canadiens pour un budget modéré de 2 millions de dollars. Pour le réaliser au plus vite, le cinéaste australien Sean Byrne (connu surtout pour The Loved Ones en 2009) est embauché, lui qui n’avait pas tourné depuis une dizaine d’années.
Des acteurs parfaitement dirigés
Le tournage débute rapidement dès l’achat, avec dans les rôles principaux l’actrice américaine Hassie Harrison – surtout célèbre pour sa contribution à la série Yellowstone – et le comédien australien Jai Courtney dans un total contre-emploi. Cela faisait un moment que l’on n’avait plus de nouvelles de cet acteur qui a tenté une carrière hollywoodienne dans les années 2010, mais en faisant systématiquement des choix malheureux (les ratages Die Hard : Belle journée pour mourir, Terminator Genisys, Suicide Squad, Alita : Battle Angel). Ici, il se lance un nouveau défi en incarnant un redoutable tueur en série totalement obsédé par les requins et désireux de faire subir à ses victimes féminines le destin peu envieux de repas pour les squales.
Parfaitement à l’aise dans un rôle absolument détestable, Jai Courtney en fait des tonnes en malade mental qui filme ses méfaits (une réminiscence du Shark 3D de David R. Ellis en 2011 ?). Face à lui, la comédienne Hassie Harrison propose une figure féminine forte parfaitement crédible. Véritable furie accrochée à la vie, la jeune femme donne bien du fil à retordre à son kidnappeur. Enfin, dans les rôles secondaires, Josh Heuston ne se contente pas d’être beau et parvient à interpréter un jeune homme sensible, tandis qu’Ella Newton fait une première victime de choix pour le serial killer.
Le requin n’est pas l’animal le plus dangereux
Détournant les règles établies par Les dents de la mer (Steven Spielberg, 1975) et les centaines de longs métrages issus de la Sharksploitation, Sean Byrne et son scénariste Nick Lepard renversent la proposition habituelle en faisant de l’homme le véritable danger, tandis que les requins ne sont là que pour se nourrir pour peu qu’on les attire comme le fait le sadique meurtrier. Filmés avec beaucoup d’empathie par Sean Byrne, les squales apparaissent dans toute leur majesté, loin de la représentation terrifiante habituelle. Certes, leurs interventions peuvent être meurtrières, mais les animaux sont en réalité instrumentalisés par ce tueur dérangé qui jouit en regardant ses victimes se faire dévorer.

Crédit © Mark Taylor / Distributeur France : The Jokers. Tous droits réservés.
Grâce à un script plutôt bien charpenté et surtout une réalisation tendue qui ne laisse aucun répit aux personnages et donc au spectateur, Dangerous Animals a le grand mérite de renouveler le classique film de requins en le mêlant à des thèmes annexes comme la prédation masculine – mais le cinéaste a l’intelligence de proposer en contrepartie une figure masculine positive avec le petit ami interprété par Josh Heuston – mais aussi le snuff movie.
Dangerous Animals, une bonne pioche pour l’été
Le résultat s’avère diablement efficace grâce à des acteurs impliqués, une réalisation maîtrisée et une utilisation judicieuse et jamais racoleuse des requins. Ici, point d’animatronique, mais bien des plans de vrais animaux marins intégrés ensuite numériquement aux images tournées par le cinéaste. Ce réalisme offre un cachet supplémentaire à cette petite série B valeureuse qui devrait enchanter l’été de tous les amateurs de frissons.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 23 juillet 2025

Affiche française de Dangerous Animals – Illustrateurs : Brutes & Troïka. Distributeur France : The Jokers. All Rights Reserved
Biographies +
Sean Byrne, Jai Courtney, Hassie Harrison, Josh Heuston, Ella Newton
Mots clés
Cinéma australien, Les requins au cinéma, Les tueurs fous au cinéma, La mer au cinéma, Survival