Adoration : la critique du film (2020)

Drame, Romance, Conte | 1h38min
Note de la rédaction :
7.5/10
7.5
Adoration, affiche du film de Fabrice du Welz

  • Réalisateur : Fabrice du Welz
  • Acteurs : Benoît Poelvoorde, Thomas Gioria, Fantine Harduin
  • Date de sortie: 22 Jan 2020
  • Nationalité : Français, Belge
  • Scénaristes : Fabrice du Welz, Vincent Tavier
  • Directeur de la photo : Manuel Dacosse
  • Compositeur ; Vincent Cahay
  • Sociétés de production : Savage Film, Scope Pictures
  • Distributeur : Les Bookmakers - The Jokers
  • Éditeur vidéo : The Jokers
  • Date de sortie vidéo : 22 mai 2020 (VOD)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 8 129 entrées / 3 268 entrées
  • Formats : 2.35 : 1 / Dolby SR-SRD
  • Festivals : Festival du Film Fantastique de Sitges : 4 prix, Méliès d'Argent du meilleur film, Prix Spécial du Jury, Meilleure photographie pour Manu Dacosse, Mention spéciale du jury pour les acteurs Thomas Gioria et Fantine Harduin - Festival du film de Locarno
  • Illustrateur : Laurent Durieux
Note des spectateurs :

Adoration est un conte luxuriant aux portes de la folie et de la passion, très proche de Vinyan dans sa progression. Fabrice du Welz a retrouvé l’inspiration.

Synopsis : Paul, un jeune garçon solitaire, rencontre Gloria, la nouvelle patiente de la clinique psychiatrique où travaille sa mère. Tombé amoureux fou de cette adolescente trouble et solaire, Paul va s’enfuir avec elle, loin du monde des adultes…

Critique : Après quelques ratés (l’accident industriel Colt 45 dont il n’acheva même pas le tournage, et le viligante en terre américaine Message from the king), Fabrice du Welz revient à un cinéma personnel qui crache ce qu’il a dans les tripes. Sans jouer sur la violence choc de certaines de ses œuvres et sans chercher à revenir à un cinéma subversif (Calvaire, Alléluia), le cinéaste belge livre néanmoins ce qu’il y a de plus fort dans son cinéma, sa sensibilité, sa passion, la poésie inhérente aux lieux sauvages coupés de la civilisation qu’il aime filmer, et donc toute sa cohérence artistique.

Thomas Giora dans Adoration

© KrisdeWitte2018

Fable de la marginalité

Adoration met en scène l’escapade de deux adolescents marginaux d’un hôpital psychiatrique, elle comme patiente, lui comme fils d’employée, tous deux enchaînés l’un à l’autre par une passion aussi fulgurante que dévorante, et qui dérape dans la folie. La narration déploie une progression continue dans un macrocosme de conte étouffant qui n’est pas sans évoquer celle des deux adultes de Vinyan qu’interprétaient Emmanuelle Béart et Rufus Sewell. La démence prégnante y est moins virulente, plus organique. Le cadre européen y est pour beaucoup.

Dans ce valeureux Adoration, tout un travail de lumière, une utilisation parcimonieuse de la musique et des rencontres étranges (formidable Poelvoorde) jalonnent cette union des sensibilités où la paranoïa générée par les troubles psychiatriques du personnage joué par Fantine Harduin trouve un contrepied magnifique dans le jeu tout en innocence du jeune Thomas Gioria. Il nous avait déjà largement impressionné dans Jusqu’à la garde en 2018, où il jouait le fils de Léa Drucker. Devenu ange gardien dans une sphère de l’âme qui lui échappait, son personnage embrasse l’initiation à la vie, avec une pureté d’âme que l’on nommerait candeur… Ce candide d’un monde désabusé apporte une lueur d’espoir dans la folie contagieuse de l’héroïne dont les crises parviennent à nous gagner dans leur malaise.

Benoît Poelvoorde dans Adoration (2020)

© KrisdeWitte2018

Seuls, dans un monde libéré du joug familial et des contingences de la société adulte, les deux amoureux adolescents nourrissent une somptueuse histoire d’amour qui fait battre le cœur des spectateurs.

Critique : Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 22 janvier 2020

Sorties VOD de la semaine du 18 mai 2020

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Adoration, affiche du film de Fabrice du Welz

Illustration : Laurent Durieux

Box-office :

Fabrice du Welz a toujours eu beaucoup de mal à voir ses œuvres trouver leur public, faute d’un nombre d’écrans suffisant pour les accueillir. Ce cinéaste de l’extrême, qui s’adonne aussi au cinéma de genre, a à peine rassemblé 160 000 spectateurs en salle sur ses six films, ce qui est insensé pour un artiste dit culte, mais toujours confiné à l’underground qui lui sied si bien.

Adoration, pourtant largement apprécié par la presse, et magnifiquement illustré par son affiche, n’a guère trouvé beaucoup de sites pour accueillir son approche classée « art et essai ». Sa différence dans une exploitation normée a ainsi été validée par 5 473 spectateurs en première semaine, dont 2 493 sur Paris. Une misère quand la seconde semaine l’abandonnera à des clopinettes (1 485) entrées.

Une vraie déception pour le cinéaste et ses distributeurs (Les Bookmakers et The Jokers) qui pouvaient espérer susciter une certaine curiosité.

Avec 5 473 entrées dans 327 salles, Adoration a fait salle vide.

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Adoration, affiche du film de Fabrice du Welz

Bande-annonce de Adoration

Drame, Romance, Conte

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