13ème est un traître : la critique du film (1974)

Western | 1h24min
Note de la rédaction :
4/10
4
Le 13e est un traitre, affiche du film de Giuseppe Vari

  • Réalisateur : Giuseppe Vari
  • Acteurs : Donald O’Brien, Giuseppe Castellano, Dino Strano
  • Date de sortie: 17 Mar 1974
  • Titre original & alternatifs : Il tredicesimo è sempre Giuda, Le treizieme... un traitre (France), The Last Traitor (Etats-Unis), Den siste sjansen (Norvège)
  • Année de production : 1971
  • Scénariste : Adriano Bolzoni
  • Directeur de la photographie : Angelo Lotti
  • Compositeur : Carlo Savina
  • Société de production : Castor Film
  • Distributeur : Univers Galaxie
  • Box-office France : Le film est sorti uniquement en province
  • Formats : 2.35 :1 / Couleurs / Son : Mono
  • Crédits affiche : ©1971 Castor Film, Univers Galaxie. Tous Droits réservés.
Note des spectateurs :

Mou et inutilement complexe, 13ème est un traître est un western assez décevant qui ne se donne jamais vraiment les moyens de tenir son spectateur en haleine.

Synopsis : Ned Carter réunit des connaissances pour célébrer son mariage, les convives étant au nombre de treize, ce qui n’annonce rien de bon. Le malheureux présage se confirme quand la diligence arrive, avec à son bord la mariée assassinée.

Critique : Sixième western de Giuseppe Vari, 13ème est un traître est un film assez caractéristique du style de son auteur. En effet, il s’agit à nouveau d’un mélange entre western et film policier, réalisé avec un budget très limité. De fait, le film repose sur les canevas bien connus de la chasse au trésor et de la vengeance, au détriment du plaisir du spectateur, en délaissant l’action.

13ème est un traître parvient à capter l’attention…

Le postulat de départ, qui fait référence à la Bible, se révèle intéressant, et les vingt premières minutes parviennent à entretenir une certaine curiosité chez le spectateur. En effet, le choix de faire commencer un western par un repas que partagent treize individus patibulaires a de quoi intriguer, surtout lorsque quelques minutes plus tard, une diligence pleine de cadavres arrive sur les lieux. Hélas, le film se perd dans d’inutiles circonvolutions scénaristiques qui n’ont pour but que de remédier tant bien que mal à un budget plus qu’indigent.

… mais le soufflé retombe bien vite.

Si Adriano Bolzoni est un scénariste talentueux, il doit ici faire face à trop de contraintes budgétaires pour livrer un script pleinement divertissant. Le scénario semble avoir été complexifié pour que le film dure suffisamment longtemps. 13ème est un traître se noie ainsi dans de nombreux dialogues et jeux d’alliances et de mésalliances usants mais bien moins coûteux que des scènes d’action ou de cavalcades dans des décors spectaculaires. Le film souffre ainsi d’un second tiers tout bonnement soporifique, la première fusillade n’arrivant qu’au bout d’une heure ! Et même si la dernière partie gagne en dynamisme, la conclusion nous laisse sur notre faim, comme c’était déjà le cas dans Quand je tire, c’est pour tuer.

13ème est un traître, un titre alléchant pour un résultat décevant

L’autre aspect décevant de 13ème est un traître est que contrairement au précédent western de Vari et en dépit de son titre, le film ne développe jamais de symbolisme biblique, n’allant pas au-delà de la référence. Si le scénario n’est pas incohérent, il aurait probablement suscité davantage d’intérêt si le casting du film avait été plus prestigieux. Malheureusement, aucune pointure du genre ne figure au générique, mais que des seconds couteaux. Cela n’empêche pas les acteurs d’être bons dans leurs rôles, mais ils manquent cruellement de charisme. De fait, le spectateur peine à s’identifier aux personnages et à s’impliquer dans le film.

Des problèmes de budget qui se répercutent sur tous les aspects du film

Autre corollaire de ce manque de moyens, les décors du film laissent grandement à désirer car beaucoup trop typiques du Lazio. Heureusement, Angelo Lotti, qui avait déjà travaillé sur Poker au colt nous propose une photographie de qualité, à la faveur d’éclairages naturels réussis, même si les intérieurs sont moins convaincants. Si la musique de Carlo Savina est correcte, elle sonne un peu trop familière. A tel point qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’une partition recyclée d’un autre film, ce qui, au regard du faible budget, ne serait pas étonnant.

Une réalisation correcte

Enfin ,la réalisation de Vari est toujours aussi sobre, mais bénéficie de l’expérience du réalisateur dans le genre, et se révèle in fine élégante, constituant un des atouts indéniables. Les cadrages sont beaux et parfois inventifs, les mouvements de caméra épurés et les jeux de champ-contrechamp intéressants. Une fois de plus, le réalisateur est également en charge du montage et nous gratifie à ce titre d’effets inspirés lors de certaines scènes. Dommage que les flashback soient aussi mal circonscrits, puisqu’ils se démarquent uniquement des autres scènes par un effet de réverbération assez ignoble sur les voix. A ce titre, la dernière analepse est prétexte à une séquence à la mise en scène absolument ridicule. En effet, on y voit un photographe à l’accent français ignoble prendre  en photo deux personnages dans des passe-têtes grotesques.

En définitive, 13ème est un traître est un western assez décevant au vu des précédents travaux du réalisateur. Fort heureusement, Vari redressera très vite la barre en livrant quelques mois plus tard son dernier western qui sera aussi son meilleur, Priez les morts, tuez les vivants.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Le 13e est un traitre, affiche du film de Giuseppe Vari

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