Premier film de cinéma clicheton pour Nath Dumont (Groland, Plus belle la vie), 100 millions ! renforce le sentiment de néant abyssal face à la carrière de Kad Merad et Michèle Laroque, impliqués au scénario.
Synopsis : Ouvrier dans une imprimerie, Patrick est un vétéran de la lutte contre le patronat. C’est un leader syndical respecté de tous, un maestro des piquets de grève, qui porte haut les couleurs de la fraternité ouvrière et du combat contre les trop riches…
Mais Patrick vient d’hériter de cent millions…
Pour tout le monde – sa femme Suzanne, ses enfants, et même ses collègues – c’est l’occasion inespérée de changer de vie. Tout le monde… sauf Patrick, désormais syndicaliste multimillionnaire, mais qui n’a aucune intention de bouleverser son quotidien, et encore moins de renoncer à ses idéaux…
Pour 100 millions !, t’as plus rien
Critique : Mais pourquoi le cinéma de Kad Merad et Michèle Laroque suscite autant la consternation? 100 millions ! est un ramassé de tout ce qui peut déplaire dans leur cinéma. Merad qui a aligné récemment les mauvais rejetons comme La vie pour de vrai de Dany Boon, Le Larbin, Les boules de Noël, ou encore Papa mobile, incarne sans conviction un syndicaliste passionné par la cause ouvrière qui empoche 100 millions d’euros d’un héritage inattendu (on va diviser par deux après les prélèvements de l’Etat !). Son épouse à l’écran est une Laroque cumularde : plus de 10 films entre 2020 et 2026 qui se vautrent dans le télévisuel sans forme (Karaoké, L’heureuse élue, Joyeuse retraite 2, Alors on danse, Chacun chez soi…). Sa spécialité ? Le divertissement de retraité où l’on évoque belle-famille, grands et petits enfants, sur fond de problématique ronflante autour de la gestion du temps et de l’argent des nouveaux vieux.
100 millions !, comédie sociale autour du proverbe “l’argent ne fait pas le bonheur”, ne change rien aux bons sentiments dans lesquels ces deux-là aiment mijoter (on y distribue des millions d’euros comme des tracts militants), avec une propension à gérer le milieu ouvrier avec une certaine disneyisation, et on convoque la présence de deux jeunes adultes têtes à claques : un fils, mauvais gestionnaire de start up et spécialiste dans les batteries de voiture électrique super propres, et une fille aux O.M.G. absentes, la tête pleine de lieux communs dans ses combats héréditaires pour la veuve et l’orphelin, dans son cas venus de l’étranger.
Les dialogues bêtas et le jeu appuyé des seconds rôles confinent à la banqueroute cinématographique et confirment que les affiches de comédies sur fond bleu sont bel et bien les nanars franchouillards de notre époque.
Box-office de la nouvelle comédie produite par Manuel Munz
A peine montré à la presse à sa sortie, le film de 5 millions d’euros de budget et distribué par l’indépendant Paradis Films, n’a pas rapporté grand-chose à son producteur, Manuel Munz, abonné du genre depuis 1997 avec le triomphe de La vérité si je mens ! en 1997, et plus récemment avec le diptyque Joyeuse retraite !. 100 millions ! a stoppé la billetterie à 172 973 spectateurs en France, dont seulement 12 001 entrées à Paris-Périphérie où il bénéficiait de 27 écrans.
Sorti le 26 mars 2025, notamment face à la comédie plus contemporaine Les condés, 100 millions ! ne rassemble que 1 218 spectateurs à P-P pour son premier jour et se classe seulement en 6e position des nouveautés sur la capitale. Il dépasse finalement à peine les 9 000 spectateurs en première semaine, avant de chuter de 75% dans sa fréquentation en semaine 2 (2 245 entrées). Il quitte déjà le top 40 en sa troisième semaine. Bide.
Sur l’ensemble du territoire, la comédie du terroir laborieux franchit les 90 000 entrées en première semaine grâce à une manne de 403 cinémas, mais se déclasse déjà par rapport aux 142 000 entrées des Condés dans 284 cinémas. La concurrence est donc rude. Dans sa 2e semaine, Les Bodin’s partent en vrille poursuit un vrai succès (171 000 entrées pour un total plus généreux de 677 000 spectateurs en 15 jours). Et, dans le genre téléfilm humaniste, les spectateurs ont également le choix entre On ira (426 000 entrées en 3 semaines) et A bicyclette ! (507 000 entrées en 5 semaines) qui, eux, se comportent mieux.
In fine, pour 100 millions !, le bouche-à-oreille n’est pas bon, avec un dépérissement précoce (37 000 entrées en 2e semaine, -60% ; 21 000 entrées en 3e semaine, -41%). La comédie qui ne casse pas des briques quitte donc le top 40 national en 5e semaine durant laquelle elle peine à glaner 3 000 spectateurs. Sa 6e semaine sera aussi sa dernière, avec 1 336 grévistes en manque d’occupation. Le divertissement précaire échoue en 159e place annuelle en 2025.
Les sorties de la semaine du 26 mars 2025

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Biographies +
Nath Dumont, Kad Merad, Michèle Laroque, Fatsah Bouyahmed, Ludovic Berthillot, Guy Lecluyse, Jean-Michel Lahmi, Lionel Abelanski, Didier Flamand, Martin Karmann, Jade-Rose Parker