Acteur américain, Sam Jaffe est né en 1891 à New York. Il s’est surtout consacré à la scène et a donc eu une très riche carrière théâtrale qui lui a permis d’être engagé par la Paramount dès 1934 pour jouer le rôle du grand-duc à demi-fou Pierre III face à la Catherine II de Russie incarnée par Marlene Dietrich dans L’impératrice rouge (Sternberg, 1934). Pour un premier rôle à l’écran, on peut faire plus médiocre. On le retrouve ensuite au générique de Horizons perdus (Capra, 1937), puis il joue le rôle-titre de Gunga Din (Stevens, 1939). Preuve de sa popularité américaine, Sam Jaffe joue son propre rôle dans Le cabaret des étoiles (Borzage, 1943).
Après la guerre, Sam Jaffe enchaîne les seconds rôles et fait donc partie de ces acteurs de caractère indispensables du cinéma hollywoodien. Il est notamment à l’affiche du Mur invisible (Kazan, 1947), de Mirages de la peur (Dieterle, 1949), du génial Quand la ville dort (Huston, 1950) et du classique de la SF humaniste Le Jour où la Terre s’arrêta… (Wise, 1951).
Malheureusement, sa carrière est stoppée nette dans les années 50 par le maccarthysme qui l’oblige à cesser ses activités à l’écran. On le retrouve toutefois en France dans Les espions (Clouzot, 1957), tandis que John Huston le reprend sur Le barbare et la geisha (1958). Il est aussi visible dans le classique Ben-Hur (Wyler, 1959).
Pourtant, il préfère se consacrer au théâtre et à la télévision où il apparait dans un nombre conséquent de séries télé au cours des années 60. Sa prestation la plus populaire se trouve dans la série Ben Casey dont il tourne plus d’une centaine d’épisodes entre 1961 et 1965. Au cinéma, on le revoit dans La bataille de San Sebastian (Verneuil, 1968) et L’Apprentie sorcière (Stevenson, 1971) pour le compte de Disney. Au cours des années 70, il ne tourne plus que pour la télévision ou dans des productions de seconde zone oubliées.
Sam Jaffe décède en 1984 des suites d’un cancer à l’âge de 93 ans.