Actrice franco-américaine, Claudette Colbert (de son vrai nom Émilie Chauchoin) est née en 1903 à Saint-Mandé, en France. Son père est pâtissier et opte pour partir aux Etats-Unis alors que la petite fille n’a que trois ans. La gamine va ainsi effectuer toute sa scolarité à New York où elle envisage des études de stylisme. Parallèlement, elle commence à se faire appeler Claudette et débute au théâtre en amateure au début des années 20.
L’ascension à Broadway
Finalement, elle se professionnalise et rencontre même un gros succès sur scène en 1927 avec la pièce The Barker. Cela lui permet de faire la connaissance du réalisateur Norman Foster qu’elle épouse entre 1928 à 1934. Adoptant pour de bon le nom de Claudette Colbert, elle est finalement repérée par le cinéaste Frank Capra qui lui offre son premier rôle au cinéma dans Leur gosse (Frank Capra, 1927).
Cette première expérience concluante lui permet d’obtenir un contrat à la Paramount où elle tourne The Hole in the Wall (Robert Florey, 1929). Toutefois, son premier vrai succès personnel intervient avec Une belle brute (George Abbott, 1930) où elle donne la réplique à Fredric March. Désormais considérée comme une grande vedette à Hollywood, elle enchaîne avec Le lieutenant souriant (Ernst Lubitsch, 1931), Le revenant (Berthold Viertel, 1932) et Le signe de la croix (Cecil B. DeMille, 1932) où elle incarne la sulfureuse impératrice Poppée.
La première française à décrocher un Oscar
La Paramount prête sa star féminine à la Columbia pour la comédie New York-Miami (Frank Capra, 1934) qui lui vaut un triomphe public et l’Oscar de la meilleure actrice, faisant d’elle la première comédienne d’origine française à gagner la statuette. La même année, elle est une vraie déesse de l’écran dans le Cléopâtre (1934) de Cecil B. DeMille. La grande actrice va ensuite se maintenir en tête du box-office hollywoodien durant de nombreuses années.
Ainsi, on la revoit dans le mélodrame Images de la vie (John M. Stahl, 1934), Sous deux drapeaux (Frank Lloyd, 1936), Cette nuit est notre nuit (Anatole Litvak, 1937), La huitième femme de Barbe-bleue (Ernst Lubitsch, 1938), La Baronne de minuit (Mitchell Leisen, 1939).
Claudette Colbert, au sommet de la gloire dans les années 40
Claudette Colbert, alors au sommet de sa popularité, tourne dans le western Sur la piste des Mohawks (John Ford, 1939) et triomphe une fois de plus dans le genre de la comédie avec Madame et ses flirts (Preston Sturges, 1942). Si elle est encore à son aise dans Les anges de miséricorde (Mark Sandrich, 1943) et le film à sketches Depuis ton départ (1944), elle finit par quitter la Paramount et sa carrière ne s’en relèvera pas vraiment.
Certes, après la guerre, elle joue encore dans des bons films comme Demain viendra toujours (Irving Pichel, 1946) et Captives à Bornéo (Jean Negulesco, 1950), mais la plupart de ses prestations tombent à plat. L’un de ses derniers succès s’intitule L’œuf et moi (Chester Erskine, 1947). Alors que sa carrière bat sérieusement de l’aile, Claudette Colbert part en Angleterre tourner La femme du planteur (Ken Annakin, 1952) avant de rentrer pour la première fois en France.
Le déclin des années 50 et la télévision
Là, elle intègre l’imposante distribution de Si Versailles m’était conté… (Sacha Guitry, 1954) où elle interprète la Montespan. Pourtant, elle éprouve rapidement le mal du pays et retourne aux States où elle revient sur les planches de Broadway, tout en acceptant de commencer à tourner pour la télévision. Après plusieurs années passées dans la petite lucarne, elle joue dans un dernier film de cinéma intitulé La soif de la jeunesse (Delmer Daves, 1961). L’année suivante, la star de 59 ans annonce prendre sa retraite. Elle rompt ce vœu en 1987 car elle accepte de jouer dans un téléfilm.
Claudette Colbert meurt sans enfant en 1996 alors qu’elle avait l’âge respectable de 92 ans.