Actrice espagnole, Ángela Molina est née en 1955 à Madrid, en Espagne. Elle est la fille du chanteur de flamenco Antonio Molina. Dès son adolescence, la jeune fille sait qu’elle veut devenir comédienne et elle apparaît pour la première fois sur les planches de théâtre dans une pièce d’Ibsen en 1974. Très rapidement, elle est repérée par les cinéastes qui lui proposent des rôles au grand écran.
Ainsi, on la voit dans La ville brûlée (Antoni Ribas, 1976), mais c’est l’année suivante qui en fait une vedette de premier plan lorsqu’elle interprète Cet obscur objet du désir (Luis Buñuel, 1977) avec Carole Bouquet. Les deux comédiennes partagent le même rôle dans cet excellent film du maître du surréalisme. A partir de là, Ángela Molina va s’imposer comme l’une des plus grandes actrices de ces dernières décennies en tournant avec les meilleurs cinéastes.
Parmi ses titres de gloire, on peut citer Le grand embouteillage (Luigi Comencini, 1979), Les yeux, la bouche (Marco Bellocchio, 1982), Démons dans le jardin (Manuel Gutiérrez Aragón, 1982), Lola (Bigas Luna, 1986), L’autre moitié du ciel (Manuel Gutiérrez Aragón, 1986).
Si l’on note un creux à la fin des années 80 où ses films restent cantonnés en Espagne, la grande actrice va réorienter sa carrière vers l’international en jouant notamment dans Le voleur d’enfants (Christian de Chalonge, 1991), 1492 : Christophe Colomb (Ridley Scott, 1992), En chair et en os (Pedro Almodóvar, 1997). En 2000, elle joue dans le chef d’œuvre El mar (Agustí Villaronga, 2000). Ensuite, on la revoit dans Carnages (Delphine Gleize, 2002), L’inconnue (Giuseppe Tornatore, 2006), Le Mas des Alouettes (Paolo et Vittorio Taviani, 2007), Etreintes brisées (Pedro Almodóvar, 2009) et Baaria (Giuseppe Tornatore, 2009).
Toutefois, à partir de la décennie 2010, elle est de plus en plus souvent sollicitée par la télévision pour des séries. Au grand écran, elle illumine encore Blancanieves (Pablo Berger, 2012), Loin des hommes (David Oelhoffen, 2014), L’arbre de sang (Julio Medem, 2018) et Le dernier souffle (Costa-Gavras, 2024). Détentrice de cinq nominations aux Goya, mais jamais récompensée malgré une carrière exceptionnelle, Ángela Molina a finalement reçu un Goya d’honneur en 2021 afin de récompenser l’ensemble de son œuvre.