Le calendrier : la critique du film (2021)

Epouvante-horreur | 1h44min
Note de la rédaction :
6/10
6
Le calendrier, l'affiche

  • Réalisateur : Patrick Ridremont
  • Acteurs : Eugénie Derouand, Honorine Magnier, Clément Olivieri, Jean-François Garreaud
  • Date de sortie: 01 Déc 2021
  • Nationalité : Belge, Français
  • Titre original / Titres alternatifs Le calendrier / The Advent Calendar (titre international) / El calendario de adviento (Espagne) / Kalendarz adwentowy (Pologne) / Presente Amaldiçoado (Brésil)
  • Année de production : 2019
  • Scénariste : Patrick Ridremont
  • Monteur : Thierry Delvigne
  • Directeur de la photographie : Danny Elsen
  • Compositeurs : Thomas Couzinier, Frédéric Kooshmanian
  • Sociétés de production : Sombrero Films, Siddhi Films, en coproduction avec Frakas Productions, Zed, Universal Pictures Video France, Alba Films, RTBF, Voo, Be TV, en association avec Cinécap 3, Manon 10, Palatine Etoile 17, avec la participation de Canal +, Ciné+, du CNC
  • Distributeur : Alba Films
  • Éditeur(s) vidéo : Universal Pictures France (DVD et Blu-ray, 2022)
  • Date de sortie vidéo : 24 mars 2022
  • Box-office France / Paris-périphérie : 49 842 entrées / 11 781 entrées
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : 2 890 000 €
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdiction aux mineurs -12 ans. La commission propose une interdiction aux mineurs de moins de douze ans en raison du climat horrifique permanent du film qui contient de nombreuses scènes violentes et sanglantes.
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs (DCP) / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : Fright Fest Londres (2021), Sitges Film Festival (2021), Bilbao - FANT Film Festival (2022), Madrid - Muestra SYFY (2022)
  • Illustrateur / Création graphique : Silenzio
  • Crédits : Sombrero Films, Siddhi Films, Frakas Productions, Zed
Note des spectateurs :

Production franco-belge, Le calendrier est un petit film d’horreur fort sympathique à l’intrigue bien menée et au rythme soutenu. Si l’on n’évite pas quelques sorties de route, l’ensemble constitue un divertissement correct.

Synopsis : Eva est paraplégique depuis trois ans. Pour son anniversaire, elle reçoit en cadeau un étrange calendrier de l’Avent. Mais ce ne sont pas les traditionnelles friandises qu’elle découvre chaque jour, mais des surprises plus inquiétantes, parfois agréables, souvent terrifiantes, et de plus en plus sanglantes. Cette année, Noël va être mortel !

Le mythe de Faust revisité à la sauce moderne

Critique : Alors qu’il était en préparation d’une grosse comédie avec des stars, le comédien, scénariste et réalisateur belge Patrick Ridremont finit par se lasser d’un projet qui ne décolle pas. Lui qui a toujours officié dans le domaine de la comédie (en témoigne son premier film, le raté Dead Man Talking en 2012) choisit de se pencher cette fois sur une thématique horrifique. Il part d’un postulat que l’on peut aisément qualifier de conceptuel puisqu’il s’appuie sur l’ouverture des différentes fenêtres d’un calendrier de l’Avent pour développer une intrigue angoissante. Au lieu de découvrir des bonbons qui apporteront le bonheur au consommateur, il imagine une histoire proche du mythe de Faust.

Ainsi, dans Le calendrier, la jeune héroïne paralytique interprétée avec beaucoup de naturel et d’autorité par Eugénie Derouand pactise avec ce calendrier maudit qui commence par exaucer ses vœux avant de la pousser à éliminer ses proches, sacrifice ultime nécessaire pour qu’elle retrouve l’usage de ses jambes. Ici, le réalisateur s’inspire donc directement des films à High Concept de la firme Blumhouse, tout en mêlant de multiples influences qui vont du premier Saw (Wan, 2004) à Wishmaster (Kurtzman, 1997), en passant par des productions européennes plus anciennes.

Un conte aux influences européennes indéniables

Effectivement, si les références directes du réalisateur sont purement américaines, l’atmosphère développée ici correspond davantage au cinéma d’horreur européen, avec un goût certain pour le sadisme et des ambiances troubles. Ainsi, on songe à plusieurs reprises à l’œuvre de Lucio Fulci, notamment par la présence d’un croquemitaine qui ressemble fort au monstre de La maison près du cimetière (Fulci, 1981), ou encore cette peinture explicative qui s’apparente esthétiquement à celle de L’au-delà (Fulci, 1981). Sans doute est-ce là le fruit du hasard, mais la similitude interpelle à plusieurs reprises.

Le calendrier, photo d'exploitation

© 2021 Sombrero Films – Siddhi Films – Frakas Productions – Zed. Tous droits réservés.

Attention, si Le calendrier n’a effectivement quasiment jamais recours à l’humour, on est tout de même loin de la noirceur macabre du cinéma italien des années 80. Le cinéaste a tout de même l’intelligence de ne jamais chercher à expliquer les tenants de son histoire. Nous ne saurons rien des origines du calendrier, ni des ressorts du croquemitaine qui pousse peu à peu l’héroïne à commettre des actes atroces. Toutefois, cela n’empêche aucunement le conte moderne de fonctionner, d’autant que ce mystère qui nimbe l’intrigue favorise au contraire l’anxiété du spectateur.

Le calendrier a le mérite d’être efficace

Alors que le sujet pouvait faire craindre un aspect répétitif (en gros, un jour, une catastrophe), Patrick Ridremont parvient à varier les meurtres de façon à ne jamais ennuyer. L’un d’entre eux fait même songer à la saga Freddy par son aspect purement fantastique – celui du trader pour ceux qui ont déjà vu le film. Cependant, le cinéaste n’évite pas toujours l’excès de caricature dans la caractérisation des personnages secondaires. Ainsi, il ne laisse aucune chance au petit patron et au trader, tous deux abominables, de même qu’à la mégère qui s’occupe du vieux père malade (Jean-François Garreaud dans un de ses derniers rôles).

Toutefois, si le long-métrage possède quelques défauts et qu’il ne va sans doute pas assez loin en matière d’hémoglobine, nous ne ferons pas trop la fine bouche. Il s’agit effectivement d’une production franco-belge plutôt valeureuse dans un genre qui souffre toujours des prétentions auteurisantes des réalisateurs. Ici, Patrick Ridremont cherche avant tout à divertir avec une bonne histoire qui réserve son lot de surprises, jusque dans un final ouvert, quoique légèrement frustrant par sa soudaineté.

Eugénie Derouand dans Le Calendrier

© 2021 Sombrero Films – Siddhi Films – Frakas Productions – Zed / Affiche : Silenzio. Tous droits réservés.

Une œuvre horrifique qui n’a pas fait date au box-office

Positionné de manière judicieuse un mercredi 1er décembre, afin de favoriser l’identification du public avec la future fête de Noël, Le calendrier n’a pas réussi à faire face à la baisse de la fréquentation des salles depuis la fin des restrictions sanitaires. La messe était dite dès son premier jour puisque le métrage n’a effrayé que 3 014 spectateurs dans 178 cinémas.

Le film belge a démarré à 27 119 spectateurs en première semaine, avant de chuter de 54% en semaine 2 (12 598). Victime d’un embouteillage dans les salles (19 nouveautés dont S.O.S Fantômes l’héritage), de la présence malfaisante de la Covid dans la tête des spectateurs en quête d’activités extérieures, Le Calendrier, distribué par un indépendant (Alba Films) n’existe pas aux yeux de spectateurs au mieux indifférents, au pire ignorants de sa présence en salle.

Sans aucune notoriété et un bouche-à-oreille insuffisant, la production horrifique francophone s’écroule en 3e semaine (perte de 77 écrans et de 58% de sa fréquentation, 5 332 spectateurs). La semaine de Noël, Le calendrier joue les contre programmations sur 33 sites (2 063 spectateurs). Désormais, le film erre de salles en salles en province, entre sa 5e et sa 11e semaine, pour ne récolter que des misères (environ 4 000 entrées sur ses 7 dernières semaines).

Avec un total de 49 842 tickets sur toute la France, Le calendrier méritait un peu plus d’égards. En effet, il constitue un spectacle plutôt recommandable, sans être incontournable.

Critique de Virgile Dumez 

Les sorties de la semaine du 1er décembre 2021

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Le calendrier, l'affiche

© 2021 Sombrero Films – Siddhi Films – Frakas Productions – Zed / Affiche : Silenzio. Tous droits réservés.

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Patrick Ridremont, Eugénie Derouand, Honorine Magnier, Clément Olivieri, Jean-François Garreaud

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