Wishmaster : la critique du film (1998)

Epouvante-Horreur, Gore | 1h30min
Note de la rédaction :
5/10
5
Wishmaster, l'affiche

  • Réalisateur : Robert Kurtzman
  • Acteurs : Robert Englund, Tony Todd, Tammy Lauren, Andrew Divoff, Peter Liapis
  • Date de sortie: 10 Juin 1998
  • Nationalité : Américain
  • Année de production : 1997
  • Scénario : Peter Atkins
  • Musique : Harry Manfredini
  • Distributeur : CTV International
  • Editeur vidéo (Mediabook) : ESC Editions
  • Sortie vidéo (Mediabook) : 22 janvier 2019
  • Box-office France / Paris-périphérie : 320 324 entrées / 84 389 entrées
  • Box-office USA : 15,7 M$
  • Budget : 5 M$
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Crédits affiche : © 1997 Artisan Pictures Inc. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Spectacle horrifique généreux concocté par des amoureux du genre, Wishmaster est un film fun, mais qui souffre d’une esthétique proprement hideuse et d’une réalisation très pauvre.

Synopsis : Au XIIe siècle, au terme d’un terrifiant massacre, le Djinn, entité diabolique et collectionneuse d’âmes, née avant le monde, a été emprisonné dans une opale de feu. Mais après huit cents ans de sommeil voilà qu’il réapparait a Los Angeles sous les traits du suave et sophistiqué Nathaniel Demarest. Il part à la recherche d’Alexandra Amberson, scientifique qui l’a délivré malgré elle. Il rêve d’ajouter son âme a sa collection.

Un sujet typique des années 80 tourné en 1997

Critique : Initié par le producteur canadien Pierre David, connu pour avoir financé les premiers films de David Cronenberg, le projet Wishmaster a pour but de ranimer la flamme des boogeymen éteinte depuis la fin des années 80. Pour cela, le producteur s’adjoint les services de Peter Atkins, le scénariste des numéros 2, 3 et 4 de la saga Hellraiser. On retrouve d’ailleurs dans Wishmaster de nombreux points communs avec notamment le troisième opus de la franchise mettant en scène Pinhead, comme par exemple ce goût pour les massacres de masse à l’intérieur d’un lieu clos et cette volonté de mettre en avant un monstre qui soit en quelque sorte une entité maléfique quasiment toute-puissante.

Wishmaster, le Mediabook

© 1997 Artisan Pictures Inc. / © 2019 ESC Editions. Conception graphique : Dark Star. Tous droits réservés.

Afin de baisser drastiquement les coûts de production, Pierre David fait appel à Robert Kurtzman pour diriger le film, lui qui est également à la tête de la société d’effets spéciaux KNB (pour Kurtzman, Nicotero, Berger). Cela faisait plusieurs années que Kurtzman envisageait de passer à la réalisation et son premier ouvrage (The Demolitionist en 1995) est passé totalement inaperçu. Il compte donc bien prendre sa revanche avec ce nouveau projet qui est avant tout une commande et un vrai défi puisqu’il dispose de seulement six mois pour boucler le tournage et la post-production et ceci malgré l’ambition démesurée du script.

Du gore généreux, gâché par une photographie hideuse

Effectivement, avec un budget réduit de 5 millions de billets verts, Wishmaster se propose de débuter par une scène médiévale ambitieuse, puis d’enchaîner les séquences à effets spéciaux pour un total d’une quarantaine de morts violentes, pour la plupart gore. Kurtzman se fait clairement plaisir ici et signe donc un spectacle extrêmement généreux qui rend la projection sympathique de bout en bout malgré des défauts qui devraient pourtant être rédhibitoires.

Le pire venant bien entendu d’une photographie particulièrement disgracieuse, avec une dominante d’orangés et de verts pisseux qui rangent le long-métrage dans la catégorie produit vidéo bas de gamme, et ceci dès le générique d’ouverture. Affront esthétique de chaque instant, Wishmaster souffre également de la présence des premiers effets numériques qui viennent défigurer plusieurs plans. Déjà passablement médiocres sur des grosses productions à 100 millions de dollars comme Peur bleue (Harlin, 1999) ou encore L’effaceur (Russell, 1996), les effets numériques cheap de l’époque piquent encore plus les yeux de nos jours.

Des acteurs en mode cabotin

Ensuite, l’interprétation n’est que très rarement satisfaisante. Si l’on excepte Andrew Divoff qui en fait judicieusement des caisses en boogeyman inquiétant et Tammy Lauren tenant son rang d’héroïne avec dignité, les rôles secondaires sont souvent mal dirigés. On pense notamment à Chris Lemmon (fils de Jack Lemmon) qui roule des yeux tel un Jim Carrey désarticulé.

Wishmaster, affiche britannique

© 1997 Artisan Pictures Inc. Tous droits réservés.

Le fan service assuré par de nombreux caméos de stars de films d’horreur finit également par desservir le propos très premier degré du film en le forçant à adopter un ton de méta-cinéma comme venait de le faire Scream avec le succès que l’on sait. A vous donc de repérer la voix d’Angus Scrimm (Phantasm) lors du générique, mais aussi d’identifier Ted Raimi (frère de Sam), Tony Todd (Candyman), Ken Hodder (Jason dans quelques Vendredi 13), Reggie Bannister (Phantasm), Joseph Pilato (Le jour des morts-vivants) et bien évidemment la star Robert Englund sans son masque de Freddy Krueger.

Un spectacle finalement fun, mais bourré de défauts

Si le script n’est finalement qu’un prétexte à enchaîner les meurtres, souvent de manière originale d’ailleurs, il se termine par un twist malin qui satisfera les amateurs du genre. On peut donc en conclure que ce Wishmaster n’a absolument rien d’un grand film, mais qu’il constitue un spectacle fun pour tous les amateurs de gore par l’extrême générosité des auteurs, eux-mêmes passionnés par leur travail. Cet amour sincère transpire à chaque instant, malgré tous les défauts évoqués plus haut.

L’accroche « Wes Craven Présente » a permis au long-métrage de sortir en salle alors que la vidéo semblait un support plus adapté pour ce produit. Avec 15,7 M$ de recettes aux Etats-Unis, le film fut un petit succès, mais largement aidé par les ventes en vidéo. En France, face au désert de la programmation horrifique des années 90 – un trou noir qui fut un enfer pour les amateurs de cinéma de genre – Wishmaster a réuni 320 324 spectateurs dans les salles obscures, soit un résultat correct, mais tout de même loin des performances des néo-slashers alors à la mode qui se hissaient souvent au-dessus du million d’entrées.

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Critique du film : Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 10 juin 1998

Wishmaster, l'affiche

© 1997 Artisan Pictures Inc. Tous droits réservés.

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Wishmaster, l'affiche

Bande-annonce de Wishmaster (VF)

Epouvante-Horreur, Gore

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