Note des spectateurs :

Top week-end : Thor Love and Thunder contre la canicule. Le succès du film est patent, mais ne permet pas à la fréquentation de se relever.

Thor est de nouveau grand au box-office et sauve les salles d’un manque d’appétit pour l’enfermement en salle en raison d’un temps exceptionnel. Les beaux films sont pourtant nombreux et même un jour férié, le 14 juillet, n’aura eu aucun effet sur la fréquentation.

 Thor Love and Thunder  est le 6e démarrage sur le top week-end de 2022. Avec 962 971 entrées et la journée fériée du 14 juillet pour lui donner de l’énergie, c’est un score satisfaisant, puisque le blockbuster n’était programmé que dans 638 cinémas, soit une moyenne solide de 1 509 spectateurs par écran. C’est aussi le second meilleur démarrage pour un épisode de Thor devant Ragnarok qui n’avait pesé que 909 949 spectateurs sur 5 jours. Bravo.

Les autres nouveautés n’impriment pas. Ducobu président rate le premier tour (185 408 sur 625 écrans). C’est donc la pire entame pour cette franchise dont les précédents volets avaient ouvert entre 440 000 spectateurs et 268 000 spectateurs sur 5 jours.

Menteur, troisième nouveauté de la semaine, fait rire jaune son distributeur. Gaumont n’a pu compter que sur 185 409 fans de l’humour de  Tarek Boudali . Pour la jeune vedette du rire, c’est un premier échec personnel. Aucun film lancé sur son nom n’avait dérapé sous les 370 000 spectateurs en 5 jours.

La nuit du 12 touche un public urbain plus curieux. 71 709 spectateurs dans 199 cinémas, ce n’est pas énorme, mais c’est au moins la 3e meilleure moyenne du top 30. L’enseignement de ce chiffre? La possibilité d’un écho favorable pour sa seconde semaine et au-delà. Le thriller le mérite.

L’échec du nouveau Woody Allen, Rifkin’s Festival est un flop historique pour son auteur (29 149 spectateurs sur 5 jours). Nous risquons de vivre le premier Woody Allen sous la barre des 100 000 spectateurs à la fin de la carrière du film. Aucun opus du cinéaste n’a fini à ce jour sous les 200 000 tickets. Pour mémoire, l’auteur de tous les records a été 20 fois millionnaire. Et le public lui a été fidèle à juste titre sur plus de 40 ans. Woody, on l’adore.

Très grosse déception pour  Les nuits de Mashhad d’Ali Abbasi au box-office avec 22 187 spectateurs dans 123 cinémas. Le thriller iranien n’attise pas la curiosité des cinéphiles. Les autorités iraniennes s’en frottent les mains. Pas nous.

Parmi les continuations, on note une seconde semaine partielle correcte pour Les Minions 2 : Il était une fois Gru . Certes, le film d’animation Universal dégringole de 59% de sa fréquentation, mais il occupe encore la 2e meilleure moyenne de la semaine malgré une combinaison énorme de 964 copies. Le film vient de dépasser les 1 827 000 spectateurs en moins de 2 semaines.

Elvis ne fléchit pas (-50% , 72 589 spectateurs). Le biopic musical a même franchi la barre des 900 000. Attention, il est exploité sur 900 copies.

Irréductible, qui a coûté cher, ne pourra pas dépasser le million. Avec 57 533 entrées en 3e semaine et un total de 650 000 spectateurs en quête de rires garantis, c’est maigre. Jérôme Commandeur à lui seul n’a pas le potentiel d’un million de spectateurs.

C’est fini pour  Arthur, Malédiction en semaine 3.  Le film est l’une des plus grosses chutes de ces cinq derniers jours avec une perte colossale de 81% de sa fréquentation. Le retour de Luc Besson à la production a été empêché par le bouche-à-oreille désastreux. Avec 7 794 entrées dans 267 cinémas, la déroute est radicale (total de 178 584 spectateurs).

Deux scores intéressants sont à souligner :  Decision to Leave de Park Chan-wook est officiellement le sleeper de juillet, avec la baisse la plus faible du top 20 (-37%). Le documentaire  Ennio de Giuseppe Tornatore, avec une baisse minime de 40% de sa fréquentation sur ces 5 derniers jours, démontrent que les cinéphiles existent encore. Le distributeur Le Pacte a pu enchanter plus de 31 000 entrées en 12 jours.

Frédéric Mignard

Affiche de La nuit du 12 de Dominik Moll

© Haut et Court, Versus Production, Auvergne Rhône-Alpes Cinéma. Tous droits réservés. Photo : Fanny De Gouville – Design : Benjamin Seznec / Troïka