Arthur, malédiction : la critique du film (2022)

Épouvante-horreur, Slasher, Nanar | 1h27min
Note de la rédaction :
2/10
2
Arthur malédiction, l'affiche

  • Réalisateur : Barthélémy Grossmann
  • Acteurs : Ludovic Berthillot, Mathieu Berger, Thalia Besson, Yann Mendy
  • Date de sortie: 29 Juin 2022
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Arthur, malédiction
  • Titres alternatifs : Arturovo prokletstvo (Serbie) / Az Arthur-átok (Hongrie)
  • Année de production : 2022
  • Scénariste(s) : Luc Besson
  • Directeur de la photographie : Colin Wandersman
  • Compositeur : 38ème Donne
  • Société(s) de production : Luc Besson Production
  • Distributeur (1ère sortie) : Apollo Films
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : 2,4 M d'euros
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdiction aux mineurs -12 ans avec avertissement. La commission propose une interdiction aux mineurs de moins de douze ans en raison du climat angoissant de ce film d’horreur qui présente dans sa dernière partie de nombreuses scènes de violence criminelle crue et gratuite de nature à perturber un jeune public. Cette interdiction sera assortie de l’avertissement suivant : « Certaines scènes violentes, sans ambiguïté, sont de nature à traumatiser un jeune public s’attendant à retrouver un univers enfantin ».
  • Formats : Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Luc Besson Productions
  • Franchise : Spin-off de la franchise Arthur et les Minimoys
Note des spectateurs :

Nanar au script inepte, Arthur, malédiction est une catastrophe artistique victime de son propre buzz. Luc Besson rate son retour. On oublie.

Synopsis : Alex est un fan des films Arthur et les Minimoys depuis qu’il est enfant. Pour son anniversaire, ses meilleurs amis lui font la surprise de l’emmener dans la maison abandonnée où le film a été tourné. Aucun d’eux ne se doute alors qu’ils se dirigent vers un piège machiavélique et mortel. Ce qui était autrefois un rêve d’enfant va bientôt se transformer en véritable cauchemar…

Retour aux affaires pour Luc Besson

Critique : Luc Besson est de retour après une décennie absolument désastreuse où il a été consécutivement accusé de viol, mais également ruiné et contraint de démanteler morceau par morceau son empire qui suscitait bien des jalousies dans la profession. Pour effectuer un retour gagnant sans trop avoir à débourser d’argent, Luc Besson a opté pour la création d’un spin-off horrifique de sa célèbre saga Arthur et les Minimoys. En fait, l’idée est plutôt originale et même franchement séduisante sur le papier, puisqu’il fallait oser détourner une franchise pour gamins en slasher rageur. Ce pitch est venu à Luc Besson lorsqu’il s’est aperçu que la maison ayant servi de base au tournage de la trilogie d’origine est régulièrement visitée par des adeptes de l’urbex.

Puisque ce phénomène est à la mode, pourquoi ne pas en exploiter les possibilités à travers une œuvre qui ne coûterait pas bien cher et qui pourrait séduire un public adolescent ayant grandi avec Arthur et ses petits acolytes de quelques centimètres. Avec un budget très contraint de 2,4 millions d’euros, le film est confié au réalisateur Barthélémy Grossmann qui a déjà réalisé le thriller indépendant 13m² (2007), ainsi que bon nombre d’épisodes de séries télé. Afin de séduire le public adolescent, le casting est composé uniquement de jeunes talents parmi lesquels on distinguera surtout Mathieu Berger, Yann Mendy et surtout Thalia Besson, fille du célèbre cinéaste. Cette dernière est de loin la meilleure du lot, car tous les acteurs ne sont pas aussi bien servis par le script rachitique délivré par Luc Besson.

Arthur et son miniscript

Alors qu’il a toujours été un brillant formaliste, Besson a toujours eu un talon d’Achille ; celui de ne pas savoir caractériser de manière convaincante des personnages. Or, il s’acharne à vouloir écrire des scripts à la chaîne. Ici encore, en lieu et place de jeunes gens complexes, nous avons droit à une bande de potes qui correspondent tous à des archétypes, voire des clichés. On a donc le droit au petit couple de puceaux mignons, au nerd grognon, au couple gay libéré, au black marrant et à quelques filles fadasses. Le postulat de départ est amené avec une grande maladresse puisqu’on a bien du mal à croire qu’un adolescent de 18 ans puisse avoir sa chambre tapissée de produits dérivés d’Arthur et les Minimoys, saga vraiment destinée aux petits gamins.

Par la suite, le film nous propose de suivre le périple de ce groupe de djeuns afin de rejoindre la fameuse maison ayant servi de décor principal aux trois films de la saga. A part deux ou trois jump scares inutiles et l’intervention ô combien ridicule d’un chasseur lamentablement surjoué par Ludovic Berthillot, il ne se passe strictement rien durant la première heure d’Arthur, malédiction. Grossmann tente de combler le vide par des dialogues bien peu intéressants et des mouvements de caméra saccadés totalement vains. Pire, une fois que l’action est lancée, le slasher se révèle particulièrement pingre en sang puisque l’ensemble des meurtres se déroule hors champ. Les quelques éléments fantastiques qui laissent supposer que le monde des Minimoys existerait vraiment est in fine balayé par une révélation absolument incohérente et surtout invraisemblable.

De l’art de (mal) filmer le vide

Mais tout ceci ne serait rien sans l’accumulation de faux raccords et de problèmes de continuité qui font d’Arthur, malédiction un pur nanar. Essayez ainsi de capter la logique alimentaire de la soirée d’anniversaire du jeune héros, observez les erreurs de continuité dans la localisation des différents personnages et vous aurez ainsi de quoi passer le temps durant cette interminable projection où le cinéaste sonde le vide intersidéral de son script. C’est bien simple, on se croirait revenu au temps des films d’horreur à la française comme Promenons-nous dans les bois (Delplanque, 2000), un must dans le genre inepte.

De cet ensemble, on ne sauvera même pas la bande originale, assez kitsch, même si l’on évite tout de même la sempiternelle musique urbaine attachée à ce genre de production française. Pour le reste, on évitera de tirer encore sur l’ambulance tant Arthur, malédiction porte finalement très bien son titre.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 29 juin 2022

Arthur malédiction, l'affiche

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