Un mercenaire reste à tuer : la critique du film (1966)

Western | 1h19min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Un mercenaire reste à tuer

  • Réalisateur : Giovanni Grimaldi
  • Acteurs : Stephen Forsyth, Hugo Blanco, Glauco Onorato, Aldo Sambrell, Franco Lantieri, Andrea Scotti, Eugenio Galadini, Conrado San Martín, Xan das Bolas
  • Date de sortie: 23 Nov 1966
  • Titre original & alternatifs : All'ombra di una colt (Italie), In a Colt's Shadow (Titre international), Pistoleros (Allemagne), Plazo para morir (Espagne), Desordem na Terra dos Gringo (Portugal),
  • Scénaristes : Giovanni Grimaldi, Aldo Barni, Aldo Luxardo
  • Directeur de la photographie : Julio Ortas Plaza, supervisé par Stelvio Massi
  • Compositeur : Nico Fidenco, arrangements et orchestre conduit par Willy Brezza
  • Sociétés de production : Hercules Cinematografica, Hispamer Films
  • Distributeur : Warner Bros.
  • Crédits visuels : © Hercules Cinematografica, Hispamer Films. Tous droits réservés.
  • Année de production : 1965
  • Formats : 2.35 :1 / Couleurs, 35 mm (Eastmancolor) / Mono (Westrex Recording System)
  • Box-office France : 449 917 entrées
  • Illustrateur : Landi
Note des spectateurs :

Un mercenaire reste à tuer est un western impeccable d’un point de vue technique, qui peine néanmoins à convaincre, la faute à un scénario inconsistant et à des performances d’acteurs peu mémorables.

Synopsis : Steve et Duke sont deux pistoleros. Après une échauffourée contre des bandits mexicains, le plus âgé des deux, Duke, est blessé. Au cas où il ne s’en sortirait pas, Duke demande à Steve de donner sa part de la récompense à sa fille. S’il sait que les jeunes gens sont secrètement amoureux, il désapprouve cette union et défend à Steve d’entreprendre quoi que ce soit avec elle.

Critique : Premier film de Giovanni Grimaldi, Un mercenaire reste à tuer est un western européen de 1965 très représentatif d’une époque où le genre n’avait pas encore développé ses spécificités formelles. En effet, il rend à la fois hommage à Ford et à Leone, une approche que l’on retrouvera dans le deuxième western du réalisateur, Starblack.

Un mercenaire reste à tuer bénéficie d’une entrée en matière mémorable

Un mercenaire reste à tuer s’ouvre sur un magnifique générique à base de toiles représentant des scènes de western dans un style graphique étonnement pop. A la sympathique musique de Nico Fidenco s’ajoute un poème lu dans un anglais impeccable par un des acteurs du film, Glauco Onorato, qui déplore de manière tragique l’impossibilité du pistolero à pouvoir se ranger pour mener une vie paisible. Cette mise en bouche à l’esthétique très léchée figure parmi les meilleures du genre et justifie à elle seule le visionnage du film pour les aficionados.

Un mercenaire reste à tuer bénéficie d’une esthétique soignée…

La deuxième chose qui frappe le spectateur est la magnifique photographie de Julio Ortas Plaza, supervisée par Stelvio Massi. Les éclairages sont très bons, et ce même lors des scènes nocturnes. Même si le film exploite les environs de Madrid et non ceux d’Almeria, on profite de superbes décors bien mis en valeur. Enfin, Grimaldi nous gratifie d’une réalisation classique mais élégante. Les cadrages sont particulièrement soignés (à noter que l’un d’entre eux fait directement référence à La prisonnière du désert) et la caméra assez mobile, y compris pendant les rares scènes d’action.

…mais peine à convaincre à cause de son scénario

C’est en effet là que le bât blesse, car si Un mercenaire reste à tuer s’avère impeccable d’un point de vue technique, il ne parvient pas à tutoyer les sommets à cause d’un manque de rythme flagrant. Il s’agit d’un métrage très verbeux, qui ne comporte que trop peu de scènes d’action. Si la dimension contemplative du film est agréable au début, elle finit par lasser et trahir l’inconsistance d’un scénario beaucoup trop convenu. La faible durée du film sonne également comme un constat d’échec : il manque des péripéties au scénario. En effet, comme le titre français du film le suggère, on passe une bonne partie du film à attendre que le héros règle son compte au fameux mercenaire qui reste à tuer. C’est d’autant plus regrettable que la séquence finale, riche en clins d’œil à Leone, se révèle haletante et maîtrisée en tous points.

D’autre part, le scénario peut se révéler parfois assez peu cohérent, car présentant un héros prompt à prendre des décisions incompréhensibles, ce qui le rend assez agaçant. On peut comprendre, pour des raisons dramatiques, qu’il cherche malgré tout à concrétiser son union avec la fille de son associé, en dépit des conséquences. Mais on se demande pourquoi il cherche à tout prix à s’établir dans ce village corrompu où on abat les fermiers pour récupérer leurs terres, et pourquoi il décide d’enterrer son pistolet au moment pile où les menaces se font les plus tangibles.

Un mercenaire reste à tuer manque de protagonistes convaincants

De plus, Stephen Forsyth ne parvient pas à insuffler du charisme à ce protagoniste propre sur lui et peu attachant. Le couple d’acteurs principaux peine à convaincre, notamment lors des scènes plus intimes ou l’on ne sent aucune alchimie entre eux. Anna Maria Polani et Forsyth, dont les carrières respectives se bornent à une dizaine de films, se font finalement voler la vedette par les acteurs secondaires, Conrado San Martin et Helga Liné. Malheureusement, ces derniers apparaissent relativement peu à l’écran.

En définitive, Un mercenaire reste à tuer est un film correct, grâce à sa bonne facture technique. Il est néanmoins loin d’être un classique du genre, la faute à un scénario inconsistant, convenu et manquant de flamboyance. C’est pourquoi on lui préfèrera plutôt Dans les mains du pistolero, produit à la même période, qui traite de thématiques similaires de manière beaucoup plus convaincante.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Un mercenaire reste à tuer

Affiche Landi © Hercules Cinematografica, Hispamer Films. Tous droits réservés.

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