Un espion ordinaire : la critique du film (2021)

Biopic, Historique, Espionnage | 1h52min
Note de la rédaction :
6/10
6
Un espion ordinaire, affiche

  • Réalisateur : Dominic Cooke
  • Acteurs : Benedict Cumberbatch, Jessie Buckley, Merab Ninidze, Rachel Brosnahan
  • Date de sortie: 23 Juin 2021
  • Nationalité : Britannique, Américain
  • Titre original : The Courier
  • Titres alternatifs : Le messager anglais (Québec) / El espía inglés (Espagne) / O Espião Inglês (Portugal) / Gra szpiegów (Pologne) / L'ombra delle spie (Italie) / Der Spion (Allemagne)
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Tom O'Connor
  • Directeur de la photographie : Sean Bobbitt
  • Compositeur : Abel Korzeniowski
  • Société(s) de production : 42, FilmNation Entertainment, SunnyMarch
  • Distributeur (1ère sortie) : SND
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : 6,6 M$
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs
  • Festivals et récompenses : 1 nomination aux British Independent Film Awards 2021 : Meilleur second rôle masculin pour Merab Ninidze
  • Illustrateur / Création graphique : Rysk
  • Crédits : SND
Note des spectateurs :

Un espion ordinaire révèle les coulisses d’un événement historique bien connu et intéressera les amoureux d’Histoire et d’espionnage. Le classicisme de la réalisation laissera par contre les cinéphiles de marbre. A voir surtout pour la performance de Benedict Cumberbatch.

Synopsis : 1960. Modeste représentant de commerce anglais, Greville Wynne se retrouve plongé au cœur de la guerre froide. À la demande du MI-6 et de la CIA, il noue une alliance aussi secrète que périlleuse avec le colonel soviétique Oleg Penkovsky. Objectif : fournir les renseignements nécessaires aux Occidentaux pour éviter un affrontement nucléaire et désamorcer la crise des missiles de Cuba. Il entame alors une série d’allers-retours entre Londres et Moscou en prenant de plus en plus de risques…

Dominic Cooke dans l’arrière-cuisine de l’Histoire

Critique : Le projet d’Un espion ordinaire a débuté lorsque le scénariste Tom O’Connor (Hitman & Bodyguard 1 et 2) a découvert lors de ses lectures l’existence d’une taupe au sein de l’oligarchie soviétique et de son correspondant britannique qui n’était pourtant pas un espion professionnel, le tout se déroulant durant la crise des fusées de Cuba en 1962. Assuré d’avoir trouvé une idée formidable pour un scénario, O’Connor a fait d’importantes recherches, croisant de multiples sources pour mieux maîtriser son sujet. Une fois le scénario rédigé, celui-ci a cherché à le faire financer.

Un espion ordinaire, photo d'exploitation 1

© SND. Tous droits réservés.

C’est finalement Ben Pugh qui s’est porté acquéreur du script et l’a proposé à l’homme de théâtre Dominic Cooke qui venait de réaliser son premier film (Sur la plage de Chesil). Les deux hommes sont parvenus à convaincre Benedict Cumberbatch de s’investir dans ce projet susceptible de l’intéresser, lui qui avait déjà joué dans deux films similaires, à savoir La taupe (Alfredson, 2011) et Imitation Game (Tyldum, 2014). Très emballé, le comédien a même décidé de coproduire le long-métrage dont le tournage a été effectué entre l’Angleterre et la République tchèque (dont les paysages peuvent évoquer Moscou).

Des espions encore une fois sur le pont

Comme dans Le pont des espions (Spielberg, 2015) auquel on pense beaucoup, le long-métrage s’insinue dans les rouages de l’espionnage international durant la guerre froide. Nous suivons donc l’enrôlement d’un banal homme d’affaires britannique, incarné avec aplomb par Benedict Cumberbatch, par la CIA et le MI6 pour servir de contact avec un oligarque soviétique désireux d’alerter l’Occident sur l’imminence d’une attaque nucléaire partant de Cuba. Il s’agit pour les auteurs de nous faire découvrir un pan méconnu d’une Histoire pourtant maintes fois étudiée. Si les spectateurs connaissent tous les rebondissements de la crise de Cuba de 1962, on en ignore généralement les coulisses puisque toutes les tractations sont restées secret Défense.

Outre cette dimension historique qui intéressera tous les passionnés, Un espion ordinaire est aussi le récit d’une touchante amitié entre deux hommes que tout semble séparer. Cet aspect est sans aucun doute un ajout du scénariste afin d’humaniser un peu plus les personnages et donner davantage de matière à une intrigue qui aurait manqué de sel. Effectivement, la description des rouages de l’espionnage n’a rien d’exceptionnel et l’on assiste à une œuvre qui ne cherche aucunement à renouveler les codes traditionnels.

Quand classicisme rime avec académisme

Sur des rails, le long-métrage pâtit d’une réalisation très classique, pour ne pas dire académique, de la part d’un homme de théâtre qui oublie parfois de donner une assise visuelle au script qu’il illustre. Heureusement, Dominic Cooke a été bien inspiré en choisissant Benedict Cumberbatch et Merab Ninidze pour incarner les deux protagonistes principaux. Ainsi, l’alchimie parfaite entre les deux acteurs permet au spectateur de s’attacher immédiatement à leurs personnages, par-delà la froideur qu’ils doivent afficher en permanence pour ne pas trahir leur petit jeu.

Un espion ordinaire, photo d'exploitation 2

© SND. Tous droits réservés.

Un peu long à démarrer, Un espion ordinaire parvient à prendre un peu plus d’ampleur dans sa dernière partie – dont nous ne révélerons pas la teneur. Durant ce passage, la performance aussi bien physique que mentale de Cumberbatch est impressionnante et balaie d’un revers de main nos réticences initiales. Parfait pour faire transparaître ses émotions derrière un masque en apparence impassible, l’acteur livre une belle performance et porte sur ses épaules une dernière demi-heure plus forte et poignante. Face à lui, les autres interprètes sont tous valeureux et emportent l’adhésion.

Un film d’espionnage ordinaire

Le spectateur aura ainsi le sentiment d’apprendre quelques éléments d’une histoire en apparence très connue. Certes, on aurait souhaité davantage de vertige et une certaine prise de risque, mais ce n’était clairement pas le projet de Dominic Cooke qui s’en est remis à une forme très classique, un brin routinière. Au petit jeu des références, on pense également beaucoup à L’affaire Farewell (Carion, 2009) animé à l’époque par Guillaume Canet et Emir Kusturica.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 23 juin 2021

Un espion ordinaire, affiche

© SND – Affiche Rysk

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Un espion ordinaire, affiche

Bande-annonce de Un espion ordinaire (VOstf)

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