Toy Story 4 : la critique du film (2019)

Animation, 3D, Films pour enfants | 1h40min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche française de Toy Story 4, avec Woody dans son centre

  • Réalisateur : Josh Cooley
  • Acteurs : Tom Hanks, Keanu Reeves, Tim Allen, Joan Cusack
  • Date de sortie: 26 Juin 2019
  • Nationalité : Américain
  • Scénaristes : John Lasseter, Andrew Stanton, Pete Docter, Lee Unkrich, Rashida Jones, Will McCormack
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Éditeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Festival : Festival international du film d'animation d'Annecy 2019
  • Franchise : Toy Story
  • Box-office France / Paris :
  • Box-office USA : 118 000 000 en 3 jours d'exploitation

Toy Story 4 délivre forcément un final émouvant, mais bien trop balisé pour être au niveau de ses prédécesseurs. C’est que cette saga sur trois décennies peine aujourd’hui à nous surprendre. 

Synopsis : Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

Affiche teaser de Toy Story 4

©2018 Disney•Pixar. All Rights Reserved.

Une logique logistique

Critique : Après Le monde de Nemo 2, Cars 3 et Les Indestructibles 2, voici Toy Story 4. Chez Pixar, les numéros l’affirment, il n’est plus question ici de  démarche essentiellement créative, mais plutôt d’une logique logistique, qui, si elle peut irriter, n’est pas forcément pour nous déplaire. Les trois premiers Toy Story ont été chacun, à leur façon et à leur époque, des chefs d’oeuvre qui ont marqué le cinéma d’animation. Le troisième Toy Story est même le meilleur film Pixar de la dernière décade. Une éblouissante réussite.

Une oeuvre d’émotion qui arrive après Coco

On est moins convaincu par le pourtant très honorable, mais pas vénérable, Toy Story 4. Parce que ce chapitre final joue beaucoup sur l’émotion avec ses routes qui se séparent et des projets de vie qui, forcément, après trois décennies à croiser nos propres destinées, reflètent beaucoup nos propres existences. Néanmoins, Toy Story 4 et son émotion de série, à la fois évidente et attendue, passe après la profondeur de Vice-Versa  et de Coco, les deux derniers authentiques chefs d’oeuvre du studio Pixar qui, de par leurs thématiques adultes, leur rapport pour l’un à la nostalgie et au deuil pour le second, revêtaient un caractère universel bouleversant.

A middle-class Toy Story

Toy Story 4, de par son décor très américain assez terre-à-terre, loin du déballage visuel fantastique offert par le troisième volet (la scène de la décharge reste encore dans bien des esprits), fait moins rêver, malgré la séquence de la fête foraine très chargée. L’esprit middle-class qui habite ce segment, pour toucher avec générosité à l’affect de l’Américain moyen, y est pour quelque chose. Les personnages humains qui ponctuent le film en sont la démonstration et à vrai dire, l’on ne ressent rien pour eux, même pour la petite Bonnie qui succède à Andy, gamine trognonne qui s’est entichée d’une fourchette en plastique comme nouveau jouet (le personnage de Forky est la  vraie bonne idée du film !), car l’on ne se retrouve jamais en eux. Un océan Atlantique s’étale entre eux et nous, coupant un peu l’exercice d’appropriation des émotions.

TOY STORY 4 - (L-R) Trixie, Buttercup, Mr. Pricklepants, Dolly, Buzz Lightyear, Hamm, Rex, Aliens, Jessie, Slinky Dog, Bullseye and Mr. and Mrs. Potato Head.

©2019 Disney/Pixar. All Rights Reserved.

A la recherche du doudou perdu

Evidemment, tout se situe à hauteur de jouet. Mais là encore, les trois films précédents ont déjà tout dit. Les modes qui passent, les modèles qui tournent vintage, les jouets qui se cassent et dont on se sépare, le sentiment d’abandon et la nécessité de transmission, la perte du jouet perdu… On retrouve tout cela dans ce road-trip enjoué qui finit par planter ses ressorts dans un magasin d’antiquité (forcément), où une poupée va fomenter un plan pour s’approprier la voix de fabrication de Woody. Lui est à la recherche du doudou de la petite Bonnie, cette insolite petite fourchette en plastique qui cherche par tous les moyens à regagner la boîte à ordures la plus proche, puisque dans son ADN de couvert jetable, elle se voit comme un déchet et non un jouet. Dépression, quand tu nous gagnes…

Le cowboy et sa bergère vous transmettent leur message d’adieu

Avec l’aide de la bergère en porcelaine du second volet, qui fait un come-back remarqué au premier plan du casting jouet, affublée d’un nouveau look et d’une personnalité plus forte, de Buzz l’éclair et de quelques joyeux drilles latinos, Woody voit son rôle évoluer, devenant plus un passeur, paternel et philosophe, dans un exercice de transmission, qu’un vrai premier rôle tonitruant, avec le panache des premiers films.

Il faut que jeunesse se passe. Et effectivement, elle est passée. Pour eux, pour nous. L’on retiendra donc volontiers le message du film et l’on passera à autre-chose pour éviter le recyclage, tout en conseillant avidement le spectacle aux plus jeunes des spectateurs, qui y trouveront le savoir-faire évident des animateurs Pixar, puisque, malgré nos réserves, le film n’en demeure pas moins brillant dans son art.

Critique : Frédéric Mignard

Les sorties du 26 juin 2019

Les Films Pixar

Affiche française de Toy Story 4, avec Woody dans son centre

Crédits : Disney Pixar

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