The Whale : la critique du film (2023)

Drame, Mélodrame | 1h57min
Note de la rédaction :
8/10
8
The Whale, affiche du film de Darren Aronofsky, avec Brendan Fraser

  • RĂ©alisateur : Darren Aronofsky
  • Acteurs : Samantha Morton, Brendan Fraser, Hong Chau, Sadie Sink, Ty Simpkins
  • Date de sortie: 08 Mar 2023
  • AnnĂ©e de production : 2022
  • NationalitĂ© : AmĂ©ricain
  • Titre original : The Whale, La Ballena (Mexique, Espagne, Pays d'AmĂ©rique du Sud), A bálna (Hongrie), Wieloryb (Pologne), Кит (Ukraine), Velryba (RĂ©publique Tchèque), A Baleia (BrĂ©sil)
  • Titres alternatifs : La baleine (QuĂ©bec), La Ballena (Espagne, Mexique, AmĂ©rique latine), A Baleia (Portugal, BrĂ©sil), A bálna (Hongrie), Кит (Hongrie), Velryba (RĂ©publique Tchèque)
  • ScĂ©naristes : Samuel D. Hunter
  • D'après la pièce de : Samuel D. Hunter
  • Directeur de la photographie : Matthew Libatique
  • Monteur : Andrew Weisblum
  • Compositeur : Rob Simonsen
  • Producteurs : Jeremy Dawson, Ari Handel, Darren Aronofsky
  • SociĂ©tĂ©s de production : A24, Protozoa
  • Distributeur : ARP SĂ©lection (France) / A24 (Etats-Unis)
  • Editeur vidĂ©o : Originals Factory
  • Date de sortie vidĂ©o : 22 juillet 2023
  • Box-office France / Paris-PĂ©riphĂ©rie :
  • Box-office nord-amĂ©ricain : 17 000 000$
  • Budget : 10 000 000$
  • Classification : Tous publics / R (Etats-Unis)
  • Formats : 1.33 : 1 / Couleur / 5.1
  • Festivals : 5 prix au Festival de Venise 2022, Toronto International Film Festival, Hamptons International Film Festival, Palm Springs International Film Festival (prix d'interprĂ©tation masculine), Santa Barbara International Film Festival (Prix du Maquillage), Denver International Film Festival, BFI London Film Festival, Vienna International Film Festival, Los Cabos International Film Festival, Thessaloniki International Film Festival, Geneva International Film Festival, Lisbon & Sintra Film Festival, Tromsø International Film Festival, Göteborg Film Festival, Ostend Film Festival
  • RĂ©compenses : 3 nominations aux Oscars (acteur, second rĂ´le fĂ©minin pour Hong Chau, Maquillage), 4 nominations aux BAFTA (acteur, second rĂ´le fĂ©minin pour Hong Chau, Maquillage, ScĂ©nario adaptĂ©), Critics Choice Awards (Prix du Meilleur acteur pour Brendan Fraser, et 3 nominations supplĂ©mentaires), 1 nomination aux Golden Globes pour Brendan Fraser, Satellite Award du Meilleur acteur, Screen Actors Guild Award pour Brendan Fraser, Black Film Critics Circle Awards (Meilleur acteur et Meilleur scĂ©nario adaptĂ©),
  • Illustrateur / CrĂ©ation graphique : © Tous droits rĂ©servĂ©s / All rights reserved
  • CrĂ©dits : © A24. Tous droits rĂ©servĂ©s / All rights reserved
Note des spectateurs :

The Whale de Darren Aronofsky est un peu plus complexe que la moyenne des films américains de son époque et cela fait du bien. Le mélodrame plombant ne panse pas les peines, il les transcende.

Synopsis : Charlie, professeur d’anglais reclus chez lui, tente de renouer avec sa fille adolescente pour une ultime chance de rédemption.

Critique : MalgrĂ© une standing ovation de 15 minutes Ă  Venise, The Whale n’a eu de cesse de diviser les critiques dans le monde. Le retour de Darren Aronofsky, cinq ans après la sinistre expĂ©rience du confus et hystĂ©rique The Mother, a Ă©tĂ© saluĂ© pour l’incroyable interprĂ©tation de Brendan Fraser. L’acteur, coincĂ© dans le corps d’une personne souffrant d’obĂ©sitĂ© morbide, y livre sa première grande prestation dramatique et trouve la rĂ©demption que le cinĂ©ma lui refusait depuis plus d’une dĂ©cennie. Il a mis tout le monde d’accord.

The Whale, la danse macabre du corps et du spirituel

En revanche, le quasi huis clos a suscité des avis divergents, nourrissant toutes les interprétations et toutes les fois (de bonne ou de mauvaise), dans une inter religiosité qui est aussi celle du film où le spirituel et le rationnel/corporel entrent en conflit.

Dans un appartement sombre, oppressant, sorte d’extension de la carcasse du protagoniste, embouteillĂ© dans 1.33 qui limite considĂ©rablement l’espace – de par son poids, le personnage ne peut plus quitter son corps. Les murs de son antre deviennent ceux d’un mausolĂ©e d’oĂą il parvient Ă  peine Ă  se hisser de son fauteuil.

Une composition musicale de Rob Simonsen sublime

Le dĂ©cor plantĂ© dès les premières minutes, dans une photographie froide, une musique d’un pessimisme plombant (magnifique score de Rob Simonsen) imprègne une sensation immĂ©diatement saillante. Ce bain de noirceur oĂą Ă©volue Ă  peine cette baleine humaine sera forcĂ©ment l’auge de drames dont on sent la funeste conclusion. Cette attirance du cinĂ©aste pour le mĂ©lodrame a Ă©tĂ© rĂ©dhibitoire pour certains, mais se rĂ©vèle aussi une magnifique Ă©chappatoire par l’Ă©motion pour d’autres, dĂ©robade par les larmes mĂ©ritĂ©e par une rĂ©flexion incessante sur des destins pluriels.

Un matériau dramaturgique personnel à la dynamique dépressive

Aronofsky adapte en effet une pièce de théâtre de Samuel Hunter qui a participĂ© au scĂ©nario. Dans ce matĂ©riau dramatique de 2012, l’auteur gay y Ă©voque sa sexualitĂ©, son rapport au Christianisme, Ă  la paternitĂ©, sa relation difficile Ă  la nourriture… Une Ĺ“uvre personnelle qui  s’ouvre Ă  d’autres personnages, tous complexes mais peu nombreux, comme le cadre austère de la dramaturgie l’impose. Aucun de ces personnages n’est sacrifiĂ© par les auteurs – celui de la pièce et celui du film, chacun y Ă©tant sondĂ© dans ses souffrances intĂ©riorisĂ©es jusqu’aux excès, et notamment celle du gavage suicidaire du protagoniste de “la baleine” si mĂ©taphorique, imbibĂ©e son sous-texte de renaissance. La fuite des responsabilitĂ©s des uns, le poids des traumas, mènent Ă  une rĂ©demption cathartique oĂą la mort des uns libère les autres, comme elle a pu les condamner au retrait.

Un hymne Ă  l’empathie qui dĂ©passe l’inanitĂ© pĂ©dagogique

Dans sa tragĂ©die, The Whale de Darren Aronofsky questionne, mais nullement ne noie sa pensĂ©e dans l’inanitĂ© d’une facilitĂ© didactique. Son hymne Ă  la compassion et Ă  l’empathie du monstre harponnĂ© est surtout une invitation Ă  l’intelligence que peu d’Ĺ“uvres contemporaines ont Ă©tĂ© capables d’itĂ©rer rĂ©cemment.

L’AcadĂ©mie des Oscars, comme toujours avec Aronosfsky, qui n’a jamais Ă©tĂ© oscarisĂ©, y a Ă©tĂ© moyennement sensible avec seulement trois nominations pour Brendan Fraser, le second rĂ´le fĂ©minin incarnĂ© par Hong Chau Ă  la finesse de jeu chirurgicale, et Ă©videmment les maquillages pour la prothèse portĂ©e par le comĂ©dien qui a invitĂ© la gĂ©nĂ©ration offensĂ©e Ă  regretter qu’on n’ait pas engagĂ© une personne grosse Ă  se mettre Ă  nue. Une ineptie Ă  nos yeux.

DotĂ© d’un budget de 10 millions de dollars, The Whale a su sĂ©duire les AmĂ©ricains qui en ont fait un beau succès d’art et essai, avec 17 millions de recettes, c’est-Ă -dire autant que The Fabelmans de Spielberg, mais avec des moyens bien moindres. Cette Ĺ“uvre difficile a aussi su parler aux Mexicains, aux Britanniques, aux Espagnols et aux Italiens. A suivre pour la France.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 8 mars 2023

The Whale, affiche du film de Darren Aronofsky, avec Brendan Fraser

Copyrights : A24, Protozoa Pictures.

Biographies +

Darren Aronofsky, Brendan Fraser, Samantha Morton,, Hong Chau, Sadie Sink, Ty Simpkins

Trailers & Vidéos

trailers
x
The Whale, affiche du film de Darren Aronofsky, avec Brendan Fraser

Bande-annonce de The Whale

Drame, Mélodrame

x