The Ugly Stepsister : la critique du film (2025)

Epouvante-horreur, Comédie noire, Body Horror, Gore | 1h49min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
The Ugly Stepsister, l'affiche

  • Réalisateur : Emilie Blichfeldt
  • Acteurs : Lea Myren, Ane Dahl Torp, Thea Sofie Loch Næss, Flo Fagerli
  • Date de sortie: 02 Juil 2025
  • Année de production : 2025
  • Nationalités : Norvégien, Polonais, Danois, Roumain, Suédois
  • Titre original : Den stygge stesøsteren
  • Titres alternatifs : La hermanastra fea (Espagne, Mexique) / Çirkin Üvey Kardeş (Turquie) / Sora cea urâtă (Roumanie) / A Meia-Irmã Feia (Portugal, Brésil) / Brzydka siostra (Pologne) / A csúf mostohatestvér (Hongrie) / Den stygge stedsøster (Danemark) / Grozna polusestra (Croatie)
  • Casting : Lea Myren, Ane Dahl Torp, Thea Sofie Loch Næss, Flo Fagerli, Isac Calmroth, Malte Gårdinger, Ralph Carlsson, Isac Aspberg, Albin Weidenbladh, Oksana Czerkasyna, Katarzyna Herman, Adam Lundgren, Willy Ramnek Petri, Cecilia Forss, Kyrre Hellum, Agnieszka Zulewska, Staffan Kolhammar, Philip Lenkowsky, Pawel Browczuk, Stanislaw Bukowski, Piotr Czarnecki, Richard Forsgren, Sebastian Grzeskiewicz, Jan Hes, Pawel Janyst, Julia Kozlowska, Filip Krzykala, Magdalena Kulpa, Mirek Maruszak, Gabriel Nowakowski, Lena Ogórkiewicz, Lukasz Olejnik, Olga Rayska, Anna Rozek, Natalia Scibor, Marta Sobieraj, German Vatsik, Jakub Wojtas, Bartlomiej Wyczalkowski
  • Scénariste : Emilie Blichfeldt
  • D'après : le conte traditionnel Cendrillon
  • Monteuse : Olivia Neergaard-Holm
  • Directeur de la photographie : Marcel Zyskind
  • Compositeurs : John Erik Kaada, Vilde Tuv
  • Cheffe Maquilleuse : Anne Cathrine Sauerberg
  • Cheffes décoratrices : Sabine Hviid, Klaudia Klimka-Bartczak
  • Producteurs : Maria Ekerhovd, avec Lizette Jonjic, Theis Nørgaard, Ada Solomon, Mariusz Wlodarski
  • Producteurs exécutifs : Vincent Larsson, Jesper Morthorst, Christian Torpe
  • Sociétés de production : Mer Film, Lava Films, Zentropa International Sweden, Motor, Film i Väst, Scanbox Entertainment
  • Distributeur : ESC Films
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : ESC Editions (DVD, blu-ray, 4K UHD, 2025)
  • Date de sortie vidéo : 5 novembre 2025
  • Budget : 4 200 000 $
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 39 672 entrées / 16 532 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : 308 555 $ / 5 640 009 $
  • Classification : Interdiction aux moins de 16 ans
  • Formats : 1.66 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Digital
  • Festivals : Festival de Sundance 2025 / Hallucinations collectives 2025 / Festival international du film fantastique de Neuchâtel 2025 : en compétition / Festival du film underground de Boston 2025 : en compétition / Festival de Sitges 2025 : en compétition
  • Nominations : Fangoria Chainsaw Awards 2025 : Meilleur film ; Meilleure actrice pour Lea Myren ; Meilleurs costumes et Meilleur film international / Polish Film Awards 2025 : Meilleurs maquillages / Amanda Awards 2025 (Norvège) : Meilleur scénario ; Meilleure actrice dans un second rôle pour Ane Dahl Torp ; Meilleurs effets visuels ; Meilleurs costumes / Saturn Awards 2026 : Meilleur film étranger / Oscars 2026 : Meilleurs maquillages et coiffures
  • Récompenses : Festival international du film fantastique de Neuchâtel 2025 : Méliès d'argent du meilleur long métrage européen / Festival du film underground de Boston 2025 : Prix de la meilleure réalisatrice / Festival de Sitges 2025 : Meilleur film / Amanda Awards 2025 (Norvège) : Meilleure révélation féminine pour Lea Myren ; Meilleurs maquillages
  • Illustrateur/Création graphique : © Silenzio ; Photos de Marcel Zyskind (affiche). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Mer Film, Lava Films, Zentropa International Sweden, Motor, Film i Väst, Scanbox Entertainment. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachée de presse : Blanche-Aurore Duault
  • Tagline : "Quand Cendrillon rencontre Cronenberg" Bloody Disgusting ; Il faut souffrir pour être belle
Note des spectateurs :

Version trash du conte Cendrillon, The Ugly Stepsister de Emilie Blichfeldt est un OVNI d’une cruauté assez jubilatoire qui en profite pour égratigner les normes imposées aux femmes par une société à dominance masculine. Drôle et gore à la fois.

Synopsis : Dans un royaume où la beauté règne en maître, la jeune Elvira doit faire face à une redoutable concurrence pour espérer conquérir le cœur du prince. Parmi les nombreuses prétendantes, se trouve notamment sa demi-sœur, à l’insolente beauté. Pour parvenir à ses fins dans cette impitoyable course au physique parfait, Elvira devra recourir aux méthodes les plus extrêmes…

Cendrillon, le conte à rebours

Critique : Remarquée dès son court métrage de fin d’études (Saras intime betroelser en 2018) pour son originalité, la jeune réalisatrice norvégienne Emilie Blichfeldt a toujours travaillé sur la notion de féminité et de genre, souhaitant notamment déconstruire les représentations traditionnelles de la femme. A la suite d’un rêve où elle se voyait en demi-sœur de Cendrillon, Emilie Blichfeldt a choisi d’en faire le sujet de son premier long métrage intitulé The Ugly Stepsister (2025).

The Ugly Stepsister, affiche 2

© 2025 Mer Film, Lava Films, Zentropa International Sweden, Motor, Film i Väst, Scanbox Entertainment / Affiche : Silenzio ; Photos de Marcel Zyskind. Tous droits réservés.

Afin de livrer sa propre version du conte traditionnel connu grâce aux versions littéraires de Charles Perrault ou encore des frères Grimm, la scénariste et réalisatrice a voulu centrer la narration sur l’une des demi-sœurs de Cendrillon, soit en principe une méchante. Afin de se réapproprier intégralement le conte, Emilie Blichfeldt a volontairement brouillé les repères géographiques et chronologiques de son long métrage, plongeant le spectateur dans un univers indéfini.

L’assignation à la beauté comme fardeau féminin

Toutefois, elle injecte dans le long métrage des thématiques particulièrement actuelles en nous obligeant à décentrer notre regard sur ce personnage secondaire, a priori négatif, mais qu’elle compte également montrer comme une victime de l’assignation à la beauté exigée des femmes par les normes sociétales. Ainsi, la cinéaste revient sur un thème qui la travaille beaucoup et qui correspond à une interrogation contemporaine parfaitement légitime.

Comme dans le récent drame lituanien Toxic (Saulė Bliuvaitė, 2024), nous allons suivre durant une grande partie du film les souffrances qu’une jeune fille inflige à son corps pour correspondre aux normes attendues d’elle. Dans les deux cas, l’usage d’un ver solitaire offre l’opportunité de répondre aux canons de minceur, au risque d’y perdre la santé. On peut aussi rapprocher le long métrage du récent The Substance (Coralie Fargeat, 2024) dans sa dimension cronenbergienne où la chair ne cesse d’être triturée et maltraitée. Ainsi, The Ugly Stepsister appartient bien au sous-genre du body horror qui semble être une préoccupation majeure des réalisatrices actuelles, comme une revanche sur des siècles d’injonction à la beauté permanente.

Du romantisme à la triviale réalité

En ce qui concerne les hommes, la réalisatrice se moque franchement de leur position dominante, exposant à plusieurs reprises leurs postérieurs, ainsi que leurs phallus en érection (une audace, même s’il s’agit a priori de prothèses en latex) pour stigmatiser leur désir de possession et leur emprise sur le corps féminin. Le contraste est particulièrement saisissant entre les rêves chastes et romantiques de la jeune fille et la réalité si triviale de l’acte sexuel. Là aussi, Emilie Blichfeldt tourne en dérision le mythe du prince charmant pour en faire un vulgaire soudard qui ne pense qu’à copuler.

Pourtant, loin de céder à l’idéalisation féministe, la réalisatrice propose une intrigue où les femmes sont amenées à se jalouser et parfois même à se concurrencer pour pouvoir survivre. Cela les pousse à des extrémités qui prennent la forme d’insultes, de mépris et, pire, de violence qu’elle soit verbale – les langues sont ici vipérines – ou physique. Même le personnage a priori positif de Cendrillon est loin d’être immaculé.

Du cinéma à la fois esthétique et trash

Très original dans son traitement trash, The Ugly Stepsister multiplie les séquences outrancières avec un bonheur constant. Le gore, réalisé à partir d’effets pratiques, fait toujours mal car lié au corps humain maltraité. Le tout est filmé avec talent, enrobé dans une photographie de Marcel Zyskind tour à tour fantomatique ou sombre, des décors gothiques à souhait et une musique électro volontairement kitsch et décalée de John Erik Kaada et Vilde Tuv qui rappelle le Marie Antoinette (2006) de Sofia Coppola. Encore une réalisatrice.

The Ugly Stepsister, jaquette 4K UHD

© 2025 Mer Film, Lava Films, Zentropa International Sweden, Motor, Film i Väst, Scanbox Entertainment / Affiche : Silenzio ; Photos de Marcel Zyskind. Tous droits réservés.

Financé majoritairement par la Norvège, mais intégralement tourné en Pologne, The Ugly Stepsister est assurément un OVNI dans la production horrifique actuelle, tout en s’inscrivant dans des thématiques féministes bien de leur temps. Présenté avec succès au Festival du film fantastique de Sitges en 2025, le conte horrifique est reparti avec le Prix du meilleur film. Par la suite, il a également raflé le Méliès d’argent du meilleur long métrage européen au Festival de Neufchâtel 2025, avant d’obtenir une nomination aux Oscars 2026 dans la catégorie des meilleurs maquillages et coiffures.

Box-office français de The Ugly Stepsister

En France, le film extrême qui a écopé d’une interdiction aux moins de 16 ans bien méritée a été distribué par ESC Films début juillet 2025, espérant sans doute renouveler le miracle de la saga Terrifier qui leur a apporté de beaux résultats en salles (70 939 entrées pour le 2 et surtout 490 237 convives pour le 3).

Exposé dans 94 salles sur toute la France, The Ugly Stepsister n’a pas su s’imposer avec seulement 21 533 spectatrices en première semaine. La suite n’est guère satisfaisante, avec une grosse chute à 9 111 retardataires en deuxième septaine. Si le body horror va rester exposé durant tout l’été dans quelques salles, il n’a pas réussi à dépasser les 39 672 adeptes, malgré des critiques favorables. Depuis, la bête de festival a été éditée bien évidemment par ESC dans une édition combo 4K UHD et blu-ray ou en simple DVD.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 2 juillet 2025

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The Ugly Stepsister, l'affiche

© 2025 Mer Film, Lava Films, Zentropa International Sweden, Motor, Film i Väst, Scanbox Entertainment / Affiche : Silenzio ; Photos de Marcel Zyskind. Tous droits réservés.

Biographies +

Emilie Blichfeldt, Lea Myren, Ane Dahl Torp, Thea Sofie Loch Næss, Flo Fagerli

Mots clés

Cinéma norvégien, Cinéma polonais, Le Body Horror, Conte de fées, Les princesses au cinéma, Gore, Trash

 

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The Ugly Stepsister, l'affiche

Bande-annonce de The Ugly Stepsister (VOstf)

Epouvante-horreur, Comédie noire, Body Horror, Gore

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