Stars 80 le film : la critique du film (2012)

Comédie | 1h50min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
Stars 80 le film, affiche du film

  • Réalisateur : Thomas Langmann Frédéric Forestier
  • Acteurs : Patrick Timsit, Richard Anconina
  • Date de sortie: 24 Oct 2012
  • Nationalité : Français, Belge
  • Acteurs secondaires : François Feldman, Jean-Luc Lahaye, Jeanne Mas, Gilbert Montagné, Sabrina, Début de soirée, Desireless, Émile & Images, Patrick Hernandez, Léopold Nord & Vous, Jean-Pierre Mader, Peter & Sloane
  • Scénaristes : Karine Angeli, Pascal Bourdiaux, Thomas Langmann
  • Compositeurs : Lucien Balibar, Olivier Schultheis
  • Sociétés de production : La Petite Reine, TF1 Films Production, Studio 37
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Editeur vidéo : Warner Bros. Entertainment France
  • Date de sortie vidéo : 27 mars 2013 (Warner Bros), 1 août 2018 (Coffret incluant les deux films Stars 80, Wild Side)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 1 867 395 / 231 091 entrées
  • Budget : 19 950 000€
  • Format : 2.35 : 1 / Dolby SR-SRD
  • Franchise : Premier segment du dytique Stars 80
Note des spectateurs :
[Total : 0   Moyenne : 0/5]

Stars 80, au-delà du film concept, est une comédie entraînante, qui se distingue du tout-venant grâce la complicité évidente entre ses différents protagonistes.

Synopsis : Vincent et Antoine, deux fans des années 80, dirigent une petite société de spectacle qui fait tourner des sosies dans toute la France. Entre déboires sentimentaux et caprices de leurs pseudo vedettes, l’affaire finit par péricliter. A la veille du dépôt de bilan, ils retrouvent un carton de vieux 45 tours : Jeanne Mas, Jean-Luc Lahaye, Lio, Desireless, Peter & Sloane, François Feldman, Début de soirée, Images, Cookie Dingler, Sabrina, Gilbert Montagné… tous les tubes des années 80 ! Immédiatement, l’étincelle jaillit : pourquoi ne pas faire remonter sur scène les vraies Stars des années 80 ? Les deux producteurs partent alors en quête de ces vedettes oubliées, et montent une tournée de concerts qui débutera dans la galère avant de cartonner en province et triompher… au Stade de France !

Stars 80 le film, affiche personnage de Sabrina

© Daniel Angeli / La Petite Reine

Critique : La comédie française a tendance à irriter le poil des critiques par son manque de modestie. Les castings fâchent, les promotions agacent, les suites irritent… Le manque de sincérité des produits de consommation populaire au bout du compte déçoivent toujours. Peu avant la sortie de Stars 80, on subissait La Vérité si je mens ! 3, la moins spontanée de nos comédies maison.

Stars 80, un film karaoké, mais sans le goût du bling

Thomas Langmann, à l’origine de l’adaptation de Stars 80, la tournée des vedettes du Top 50, le sait bien : il a été largement responsable du fiasco d’Astérix aux Jeux Olympiques, notoire pour son goût du bling. Cela lui a servi de leçon. Le producteur qui défraiera la chronique people à plus d’une reprise dans la décennie a depuis produit The Artist, et semblait avoir tiré les leçons de son incursion chaotique dans la bande-dessinée. Son nouveau projet, sur le papier, ressemble à une comédie conceptuelle purement commerciale mais au final s’avère être un divertissement nostalgique joliment attachant.

Stars 80 le film avec Sabrina, chanteuse de Boys Boys Boys

© Daniel Angeli / La Petite Reine

Dans Stars 80, l’aventure humaine, faite de complicité et de simplicité séduit immédiatement. Le choix des deux comédiens principaux pour incarner les créateurs de la vraie tournée, Patrick Timsit et Richard Anconina, est là pour nous le rappeler sans cesse. Ces deux acteurs affichent une tendresse pour leur sujet et semblent en harmonie au beau milieu du casting ringard des années quatre-vingt composés de faiseurs de tubes d’une époque 45 tours révolue. Ils sont sincères et pêchus et contribuent à la générosité débordante du film.

Des acteurs – chanteurs attachants

Dans un long métrage forcément sans grand scénario, mais non dépourvu de gags, car on rit souvent, notamment lors d’une séquence hilarante où tout le monde, réuni dans un hôtel, s’interroge sur qui couche avec la véhémente Sabrina, l’objectif premier est de mettre en scène les sons des vedettes déchues des années pop qui ont pris un sacré coup de vieux, physiquement en tout cas, lors des retrouvailles physiques avec ces anciennes gloires des plateaux de télévision de la décade folle.

L’effet nostalgie pourrait réduire Stars 80 au seul statut putassier de film-karaoké, mais c’est sans compter le désir de ressusciter un état d’esprit un peu fou et carrément loufoque, communément vécu, et qui manque peut-être à la décennie 2010 que d’aucuns pourraient qualifier de cynique.

Stars 80 le film, affiche personnage Jeanne Mas

© Daniel Angeli / La Petite Reine

 

Le hit-parade s’amuse

Dans cet hymne à une décade d’insouciance, où les mélodistes ne se prenaient pas pour le centre du monde, on retrouve quelques quasi inconnus (Leopold Nord et Vous, Cookie Dingler, chacun un hit unique au Top 50), des grosses vedettes qui ont longtemps caracolé en tête des hit-parades et dont la chute fut spectaculaire (Jeanne Mas, rayonnante au passage, François Feldman…), des personnalités vraiment attachantes comme Gilbert Montagné au charisme qui dépasse les lieux communs d’un répertoire de bal populaire, mais aussi des forces de la nature. Sloane et sa crinière-touffe fait figure de bourrasque comique dans le film ; le subversif Jean-Luc Lahaye joue à fond la carte de l’autodérision avec de nombreuses allusions à ses scandales passés. N’oublions pas la carte de la sensualité interprétée par une autre révélation, la plantureuse Sabrina, oui, l’interprète de Boys, qui, malgré l’âge, est juste canon, mais sans aucune vulgarité…

Ce casting musical que l’on pourrait élargir à d’autres noms (Émile & Images, Début de soirée, Desireless…) s’amuse, profitant ensemble d’une ultime notoriété avec le risque de disparaître à nouveau de la mémoire collective une fois le feu de la nostalgie apaisé, au risque de retomber dans une dépression refoulée. Ceci fait justement la grande force d’un film où l’on sent le vécu, les fêlures d’expériences qui n’ont pas dû être simples à gérer, mais toutefois ne laissent transparaître ici aucune trace d’amertume.

Bref, loin d’être un produit concept roublard, Stars 80 est une belle expérience à vivre collectivement, avec ses amis quadragénaires décomplexés. Les plus jeunes, eux, s’abstiendront. Tout est question de génération. Dans vingt ans on leur vendra le retour de Kenza Farah et Amel Bent, c’est sûr, cela n’aura pas le même charme !

Évidemment, tout ce qui a été écrit dans cette critique ne reflète nullement le fiasco commercial et artistique de Stars 80, la suite (2017), qui est exactement à l’opposé de tout ce qui a été écrit dans ce même papier… Il faut parfois savoir laisser le passé se reposer pour ne pas faire du présent un enfer…

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 24 octobre 2012

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Box-office :

Stars 80 le film, c’est 1 867 395 entrées, essentiellement sur la province, Paris ayant soigneusement évité le film où il ne s’approchera pas des 300 000 spectateurs. Le chiffre de Stars 80, dans sa rentabilité salle, est toutefois à relativiser en raison de son budget très élevé de près de 20 millions d’euros. La vidéo et les à-côtés télévisuels lui permettront de rentrer dans ses frais.  Cette comédie ne pouvait prétendre par ailleurs à une carrière internationale, et fut largement ignoré par les distributeurs européens qui ne pouvaient la proposer à leur audience.

Succès pendant les vacances de la Toussaint avec deux premières semaines d’une grande stabilité (526 445 entrées/476 salles, puis 520 540 entrées / 477), le tribut aux années 80 s’assurera des chiffres satisfaisants, avec, hors-vacances, mais le jour férié du 11 novembre en soutien, 323 378 spectateurs pour sa 3e semaine.

Au total, le consortium de stars des années 80 est resté 5 semaines au-dessus des 100 000 spectateurs.

Un triomphe (relatif !) par rapport à l’accident industriel du second volet, en 2017, dont la sortie opaque a rassemblé un total de 339 456 entrées pour un budget monumental de 20 000 000 €, plongeant un peu plus le distributeur Wild Bunch et la société de production La Petite Reine au bord du gouffre.

On notera que Stars 80 réalisera les 7e meilleurs chiffres pour une comédie française en 2012, après Sur la piste de Marsupilami (5 304 000), La vérité si je mens ! 3 (4 613 000), Astérix et Obélix au service de Sa Majesté de Laurent Tirard, un bide à 3 800 000 entrées, Le prénom (3 347 000), le blockbuster foireux Les seigneurs dont les 2 729 000 entrées étaient décevantes au vu du casting (Omar Sy, Franck Dubosc, Ramzy Bedia, Jose Garcia, Joey Starr, Gad Elmaleh…), Les infidèles (2 301 000), De l’autre côté du périph’ (2 231 000)…

Stars 80 le film achèvera sa carrière en 25e position annuelle, ce qui reste un score assez faible pour une production budgétée à 19 millions d’euros.

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