Secret défense : la critique du film (2008)

Espionnage, Thriller, Action | 1h40min
Note de la rédaction :
6/10
6
Secret défense de Philippe Haïm, avec Gérard Lanvin

  • Réalisateur : Philippe Haïm
  • Acteurs : Gérard Lanvin, Nicolas Duvauchelle, Catherine Hiegel, Simon Abkarian, Nicolas Marié, Mehdi Nebbou, Aurélien Wiik, Rachida Brakni, Moussa Maaskri, Vahina Giocante
  • Date de sortie: 10 Déc 2008
  • Année de production : 2008
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Secret défense
  • Titres alternatifs : Secret Defense (international)
  • Casting : Gérard Lanvin, Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle, Mehdi Nebbou, Rachida Brakni, Simon Abkarian, Aurélien Wiik, Katia Lewkowicz, Kamel Belghazi, Djemel Barek, Carim Messalti, Hassam Ghancy, Nicolas Marié, Salem Kali, Moussa Maaskri, Saïd Amadis, Catherine Hiegel, Jil Mila
  • Scénariste(s) : Natalie Carter, Philippe Haïm, Julien Sibony
  • D'après une idée originale de : Philippe Haïm
  • Compositeur : Alexandre Azaria - Chanson générique : Archive
  • Directeur de la photographie : Jérôme Almeras
  • Monteur : Sylvie Landra
  • Chef décorateur : Ambre Samsonetti
  • Chef maquilleur : Frédérique Ney
  • Chef costumier : Eric Perron
  • Ingénieur du son : Pierre Gamet
  • Directeur de post-production : Abraham Goldblat
  • Responsable des effets spéciaux : Gilbert Pieri
  • Directeurs de casting : Laurence Wayser, Sylvie Peyrucq
  • Scripte : Marie Gennesseaux
  • Assistant réalisateur : Dominique Delany
  • Directeur de production : Jacques Arhex
  • Producteurs : Yves Marmion
  • Producteurs exécutifs : Olivier Thaon
  • Société de production : UGC YM, en coproduction avec France 3 Cinéma, France 2 Cinéma, en association avec Sofica UGC 1 et Sofica Soficinéma 4, Maroc Agora Film
  • Distributeur : UGC Distribution
  • Editeur vidéo : UGC Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 10 juin 2009 (DVD, Blu-ray)
  • Budget : 12 082 885€
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 590 209 entrées / 252 663 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : Inédit / 4 775 717$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (35 mm) / DTS, Dolby Digital
  • Festivals : Sarlat Film Festival (France, 2008), Festival du Film Français au Japon (Japon, 2009)
  • Illustrateur/Création graphique : © Rageman
  • Photographe de plateau Thibault Grabher. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © UGC YM, France 3 Cinéma, France 2 Cinéma. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachée de presse : Isabelle Sauvanon (agence Yelena Communication)
  • Tagline : Un agent n'est pas un être humain : c'est une arme.
Note des spectateurs :

Film d’espionnage un peu trop vite expédié mais brillamment mis en scène, Sans défense donne l’impression de sacrifier un peu trop l’approfondissement psychologique au profit de l’efficacité. Le résultat fut un effroyable bide aux box-office qui mit un terme à la carrière cinématographique de son auteur.

Synopsis : Chaque jour dans notre pays, mouvements terroristes et services de renseignements se livrent une guerre sans merci au nom d’idéologies que tout oppose. Pourtant, terroristes et agents secrets mènent presque la même vie. Condamnés à la clandestinité, ces stratèges de la manipulation obéissent aux mêmes méthodes. Alex et Al Barad sont deux d’entre eux. A la tête du contre-terrorisme de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) pour l’un et d’un réseau terroriste pour l’autre, ils s’affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains.
Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane, une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre, un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme. Formés et endoctrinés pour des missions qui les dépassent, tous deux sont pris dans un engrenage auquel ils ne semblent pas pouvoir échapper.
Seront-ils, l’un et l’autre, sacrifiés au nom de leurs “nobles” causes ?

Secret défense et l’islamisation de nos prisons, une œuvre en avance sur son temps

Critique : Alors que son thriller Barrucada (1997), avec l’inquiétant Jean Rochefort, lui promettait une grande carrière et révélait Guillaume Canet, il aura fallu 7 ans pour retrouver Philippe Haïm derrière la caméra, avec le “flopaculaire” Les Dalton (2004). Une œuvre de commande qui témoignait néanmoins de toutes les qualités de son cinéaste, abattu un peu trop vite par la presse de l’époque.

Le revoilà en 2008 avec un ambitieux film d’espionnage produit par UGC (d’où le Label de la maison sur l’affiche ?), avec Lanvin en vedette et un joli casting de seconds rôles consistants (Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle, Simon Abkarian, Rachida Brakni) ; une œuvre sombre de secrets et de manipulations, d’action et d’émotions fortes, qui relate l’implication des Renseignements Généraux contre la menace islamiste en France, avant même les attentats contre Charlie ou du 13 novembre 2015. Un sujet dix crans au-dessus de celui de la bande-dessinée de Morris et Goscinny, parfaitement adapté à l’acuité visuelle et au sens du rythme du réalisateur qui a opté pour un montage, un peu tape-à-l’œil, mais indéniablement brillant.

Un revers fatal pour Philippe Haïm

Alors qu’on assiste aux méthodes de recrutement peu orthodoxes des R .G et à la mise en œuvre minutieuse d’un attentat islamiste meurtrier au cœur de Paris, le déroulement de l’intrigue file comme l’éclair vers un final haletant, pour lequel efficacité ne rime pas forcément avec spectaculaire. Efficace, Secret défense l’est ; spectaculaire, beaucoup moins,  Philippe Haïm, ne fonçant pas tête baissée vers les tics commerciaux des blockbusters anglo-saxons à la James Bond.

Pourtant il est difficile de s’investir totalement dans la psychologie de cette œuvre, marquée par une durée beaucoup trop incisive pour pareille problématique. Les fêlures et motivations des personnages, certes très attirants mais trop nombreux, sont à peine effleurées. D’une logique imparable, dirait le cinéaste, puisque ces agents sont par essence secrets.

Dans la lignée des films de géopolitique post 11 Septembre, comme Syriana, le film s’inspirait d’un genre rare au sein de la production française. Pourtant, Haïm se référait aussi au Serpent d’Henri Verneuil, au Dossier 51 de Michel Deville et à La sentinelle d’Arnaud Desplechin. Trop en avance sur son époque, Secret défense préfigurait Un prophète (2009) en évoquant la radicalisation islamiste dans nos prisons, et les attentats déjoués par la D.G.S.E.

Peu de spectateurs se sont néanmoins laissés captiver par ce thriller paranoïaque malgré des critiques globalement favorables. Si le film reste trois semaines consécutives au-dessus des 100 000 spectateurs, il achève sa carrière à 590 000 spectateurs pour un budget de 12M€. Cela sera le dernier long métrage de Philippe Haïm qui devra basculer dans le programme télévisuelle par la suite avant de disparaître des radars à la suite de ce revers fatal.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 10 décembre 2008

Secret défense de Philippe Haïm, avec Gérard Lanvin

© Rageman – Photo : Thibault Grabher. © UGC YM, France 3 Cinéma, France 2 Cinéma. All Rights Reserved.

Biographies +

Philippe Haïm, Gérard Lanvin, Nicolas Duvauchelle, Catherine Hiegel, Simon Abkarian, Nicolas Marié, Mehdi Nebbou, Aurélien Wiik, Rachida Brakni, Moussa Maaskri, Vahina Giocante

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