Sartana… si ton bras gauche te gêne coupe-le! : la critique du film (1972)

Western | 1h25min
Note de la rédaction :
3,5/10
3,5
Sartana… si ton bras gauche te gêne coupe-le!, affiche de Franco

  • Réalisateur : Demofilo Fidani
  • Acteurs : Jack Betts, Gordon Mitchell, Franco Borelli, Simonetta Vitelli, Benito Pacifico
  • Date de sortie: 09 Fév 1972
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : Arrivano Django e Sartana... è la fine !
  • Année de production : 1970
  • Scénaristes : Demofilo Fidani, Mila Vitelli Valenza
  • Directeur de la photographie : Joe d'Amato
  • Compositeur : Coriolano Gori
  • Société de production : Tarquinia Film
  • Distributeur : Les films Jacques Leitienne
  • Crédits visuels / Illustrateur ©1970 Tarquinia Film/Les films Jacques Leitienne. Tous droits réservés / Franco
  • Box-office France / P.P. 135 825 entrées / 19 278 entrées
Note des spectateurs :

En dépit d’une certaine maîtrise des codes du western Italien, Sartana…si ton bras gauche te gêne coupe-le! n’est rien de plus qu’une coquille vide.

Synopsis : Après avoir dérobé une cargaison d’or, Burt Kelly prend en otage la fille d’un riche propriétaire terrien pour s’assurer sa fuite vers le Mexique. La prime sur la tête du bandit et de ses sbires augmente. Les chasseurs de prime Django et Sartana se lancent à leur poursuite…

Sartana…si ton bras gauche te gêne coupe-le! n’est qu’un démarquage de plus

Critique : Sartana… si ton bras gauche te gêne coupe-le! jouit d’une certaine notoriété qui perdure grâce à son titre improbable dû au distributeur français. Il s’agit là de beaucoup de bruit pour rien. Nous sommes en présence d’un démarquage typique du cinéma de Demofilo Fidani, le Ed Wood du western spaghetti. Le bonhomme n’en est pas à sa première tentative. En effet, Fidani a déjà réalisé El Sartana… l’ombre de ta mort et Quatre pour Sartana en 1969,  et Django et Sartana en 1970, tous ces films n’ayant aucun lien officiel avec les personnages  qu’ils sont censés mettre en scène !

Un film bancal

Les deux principaux défauts du film sont le manque de moyens et de scénario. En conséquence, son visionnage se révèle particulièrement éprouvant. Fidani essaie de faire tenir sur une heure trente un scénario qui relève du court-métrage. Ainsi, il filme des cavalcades inutiles et lénifiantes, ou une partie de poker interminable pour gagner du temps. Les mêmes scènes sont parfois répétées : Django et Sartana se font par exemple passer à tabac à tour de rôle. A noter que l’on ne voit quasiment jamais les deux acteurs ensemble dans un même plan, ce qui est un comble au vu du titre original, qui met en avant l’alliance de ces héros…

Pire encore, on a tendance à confondre les deux personnages, la faute à leurs costumes extrêmement similaires. Même un des méchants possède un costume semblable à celui des héros. de là à croire que les acteurs se prêtaient leurs costumes, il n’y a qu’un pas ! Chez les Fidani, on lave son linge sale en famille, puisque la costumière et coscénariste n’est autre que Mila Vitelli, l’épouse du réalisateur. Le premier rôle féminin est quant à lui assuré par sa fille, Simonetta Vitelli.

Les acteurs principaux, Hunt Powers et Franco Borelli, assurent un service minimum en incarnant deux taciturnes au rabais. La vraie star du film, c’est son méchant, incarné par un Gordon Mitchell en roue libre. Il hurle, gesticule et fait des grimaces pendant tout le métrage. Le mieux dans tout cela est qu’il joue au poker contre lui même devant un miroir et accuse le reflet d’être un tricheur. Il est vrai que cette idée contribue au thème du double présent en filigrane dans le film, mais elle a de quoi laisser circonspect.

Sartana…si ton bras gauche te gêne coupe-le! reste un navet malgré un certain potentiel nanar

Tout n’est pas à jeter non plus dans ce naufrage, Mitchell est amusant et les cabrioles dont les ennemis font preuve en mourant pourront faire sourire. Dans le même ordre d’idée, on s’aperçoit assez bien que les ennemis abattus vers la fin du film sont issus de stocks shots, proposés ici au ralenti, probablement pour singer Peckinpah. Les décors, sans être spectaculaires, sont variés : le village abandonné fait son petit effet et la carrière utilisée pour singer une zone aride fait l’affaire. On observera des cadrages assez réussis et des mouvements de caméra qui brisent un peu la monotonie, le film profitant de l’expérience technique du directeur de la photographie qui n’est autre que Joe D’Amato. Enfin, la musique de Coriolano Gori est agréable et aide à faire passer la pilule, même si elle provient probablement d’un assemblage de pistes appartenant à d’autres films.

Sartana…si ton bras gauche te gêne coupe-le! est caractéristique de l’étrange style de Fidani

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Fidani a ses défenseurs. Certes, sa réalisation est loin d’être catastrophique  et il s’est bien approprié les codes stylistiques qui font l’essence même du western spaghetti. Il faut aussi sans doute un certain talent pour parvenir à transformer tant de vide en un vrai western spaghetti et non en un film relevant seulement du gimmick. Néanmoins, la vision de ce faux Sartana est beaucoup trop douloureuse pour justifier une recommandation. On préférera donc voir ou revoir Un dollar entre les dents de Ferdinando Baldi , qui concilie avec brio minimalisme et intérêt.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

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