Rambo : Last Blood – la critique du film (2019)

Action | 1h40min
Note de la rédaction :
6/10
6
Rambo Last Blood, l'affiche française

  • Réalisateur : Adrian Grunberg
  • Acteurs : Sylvester Stallone, Paz Vega, Yvette Monreal, Sergio Peris-Mencheta
  • Date de sortie: 25 Sep 2019
  • Nationalité : Américain, Espagnol, Bulgare
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Éditeur vidéo :
  • Sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-périphérie :
  • Box-office USA :
  • Budget : 50 M$
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement : certaines scènes violentes et sanglantes sont de nature à impressionner un jeune public par leur intensité.

Véritable plaisir coupable, Rambo : Last Blood doit impérativement être vu comme un gros film d’exploitation rentre-dedans et mal élevé qui fait fi du bon goût. Il constitue alors un spectacle régressif assez jouissif.

Synopsis : Cinquième épisode de la saga Rambo. Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain, afin de venir en aide à une jeune fille qu’il a pris sous son aile.

Stallone, à fond dans le cinéma d’exploitation

Critique : Pour pouvoir profiter à plein du spectacle régressif offert par ce cinquième opus de la saga Rambo, il est indispensable de laisser son cerveau à l’entrée de la salle et de se laisser porter par une ambiance incroyablement sombre qui plonge profondément dans la noirceur de l’âme humaine. Si le premier film de la saga était une fine analyse de la descente aux enfers d’une nation malade d’elle-même, les deux suites dégoupillées dans les années 80 ont glissé inexorablement vers un patriotisme bas du front totalement ridicule.

Il a donc fallu attendre John Rambo en 2008 pour que Stallone réoriente la série vers le film d’exploitation putassier et ultra gore. On n’est d’ailleurs toujours pas revenu de ce jeu de massacre qui avait le mérite d’être effectué pour la défense d’une cause humanitaire. Toutefois, le discours était éminemment ambigu au vu de l’extrême violence du métrage.

Rambo Last Blood, photo d'exploitation

© 2019 Millenium – Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.

Avec ce cinquième volet qui ne se justifiait absolument pas, Stallone enfonce le clou avec un épisode d’une extraordinaire violence, mais cette fois-ci uniquement là pour mettre en valeur la loi du talion. D’où les levées de bouclier d’une certaine presse bien-pensante qui s’offusque d’un tel déferlement de haine envers l’être humain. On ne va pas aller par quatre chemins : oui, ce cinquième opus est parfaitement réactionnaire et semble valider les théories de Trump sur la nécessité d’un mur entre le Mexique et les Etats-Unis.

Un épisode réactionnaire, mais est-ce aussi simple ?

Toutefois, cette analyse un peu rapide est contredite par plusieurs éléments de l’intrigue. Tout d’abord, rappelons que la famille que protège Rambo est également d’origine mexicaine. Ensuite, c’est parce que Rambo vient provoquer ses adversaires en roulant des biscottos qu’il enclenche une spirale de violence qui détruira tout sur son passage, les bons comme les méchants.

Enfin, n’oublions pas que Rambo se révèle finalement incapable de protéger les êtres qui lui sont chers et que sa vendetta est uniquement destructrice. La violence ne sert donc ici aucunement à se protéger, mais bien à se venger, de la manière la plus stérile possible. Enfin, l’extrême violence dont use le personnage le place immédiatement sur l’autel des grands déséquilibrés. On peut donc faire mieux comme héros de l’Amérique.

Sylvester Stalonne verse le dernier sang dans Rambo Last Blood

© 2019 Millenium – Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.

Plaisirs sadiques sur jeune fille outragée

Sans aller jusqu’à ce degré de réflexion, Rambo : Last Blood est avant toute chose un vrai film d’exploitation comme on en faisait à foison dans les années 70 (au hasard, en Italie, ou au Japon). Il prend pour sujet un thème vraiment putassier – la traditionnelle traite des blanches – et place un personnage innocent dans une situation qui en fait une victime poignante. La jeune femme est ainsi outragée de toutes les manières possibles (viol, drogue) devant une caméra qui suscite le voyeurisme du spectateur. Dès lors, il est impossible de ne pas jubiler lorsque Rambo se fait ange exterminateur, d’autant que l’acteur fait encore preuve d’une belle présence menaçante.

Toutefois, ce qui permet d’accepter ce postulat vient de la débauche de violence gratuite qui suit. Les séquences sont tellement outrées que cela en devient surréaliste et donc drôle. Devenu chirurgien le temps d’un film, Rambo décapite, désosse même des personnages encore vivants ou leur arrache des organes pendant qu’ils hurlent de douleur. Face à un tel déluge de gore et de mauvais goût, le bisseux ne peut que valider une entreprise folle en cette époque de politiquement correct généralisé.

Un crachat à la face du monde

L’acteur a fait confiance au réalisateur Adrian Grunberg qui vient du cinéma bis (un Kill the Gringo très oubliable avec Mel Gibson). Il livre un travail dégraissé jusqu’à l’os, tenu par un montage serré et un vrai sens de l’espace lors des affrontements. Rien d’exceptionnel – le budget est assez limité – mais l’ensemble ne démérite pas malgré un cadre un peu frustre (le Mexique désertique, puis une exploitation agricole qui devient un piège infernal).

Comme un crachat à la face d’un monde et d’une espèce qu’il exècre, Stallone prend donc le bâton pour se faire battre en livrant une vision totalement désespérée de l’existence. Son personnage tente bien au début du film de se créer une famille de substitution, mais il est finalement incapable d’échapper à sa condition de bête sauvage uniquement animée par la haine et la volonté de destruction. En cela, Rambo : Last Blood est aussi une tragédie, celle d’un être incapable de vivre parmi ses semblables et voué à une solitude éternelle symbolisée par le plan final.

Le site officiel du film

Critique : Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 25 septembre 2019

Rambo Last Blood, l'affiche française

© 2019 Millenium – Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.

 

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Rambo Last Blood, l'affiche française

Bande-annonce de Rambo : Last Blood (VF)

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