Petit papa baston : la critique du film (1994)

Western | 1h47min
Note de la rédaction :
5/10
5
Petit Papa Baston, avec Terence Hill et Bud Spencer, affiche (1994)

  • Réalisateur : Terence Hill
  • Acteurs : Bud Spencer, Terence Hill, Ruth Buzzi, Harriet Medin
  • Date de sortie: 14 Déc 1994
  • Nationalité : Allemagne/Italie/Etats-Unis
  • Titre original : Die Troublemaker
  • Scénariste : Jess Hill
  • Compositeur : Pino Donaggio
  • Distributeur : UGC-PH
  • Editeur vidéo : UGC Vidéo (VHS), TF1 Vidéo (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 2009 (DVD)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 76 167 entrées / 20 156 entrées
Note des spectateurs :

Suite spirituelle des deux Trinita, Petit Papa Baston est loin d’être le meilleur film du duo. Il parvient néanmoins à procurer un sentiment de nostalgie qui le rend éminemment sympathique.

Synopsis : A l’approche de Noël, Maw cherche à réunir toute sa famille autour d’un repas, en particulier ses deux fils Travis et Moses qui refusent de se parler.

Critique : Pensé à l’origine comme un hommage pour célébrer le 25ème anniversaire d’On l’appelle Trinita, Petit papa baston ne met néanmoins pas en scène les personnages de Trinita et Bambino pour des raisons légales. En effet, Terence Hill et le cinéaste Enzo Barboni, qui devait à l’origine réaliser le film, ne sont pas parvenus à un accord. Terence Hill réalisera donc ce Petit papa baston tandis que Barboni sortira l’année suivante son propre film, mettant en scène les descendants de Trinita et Bambino, Trinità & Bambino… e adesso tocca a noi. Si la forme du film pourra émouvoir l’amoureux du genre tant il ressemble à ceux de l’époque, tous ces démêlés juridiques mettent un peu à mal l’honnêteté de l’entreprise.  Il n’empêche toutefois que sortir un western “fayot” en 1994 relève du petit miracle qui justifiera un regard bienveillant sur une œuvre qui limite beaucoup les concessions à son époque.

Petit papa baston est en tous points spectacle familial

Petit papa baston est, au propre comme au figuré, un film familial. Hill met en scène un film écrit par son fils et coproduit par le fils de Spencer. Malheureusement, le film se révèle beaucoup plus bien-pensant que ses modèles, lorgnant dangereusement du côté du film pour enfants, ce que corroborent ses rediffusions sur la chaine Gulli. Ici, l’esprit de Noël est de mise, à l’image de cette mièvre scène ou des pistoleros lâchent leur arme, transis par l’esprit de bonté de la natalité. La musique de Pino Donnaggio, bien qu’efficace, est un peu trop hollywoodienne et vient renforcer cet aspect gentillet.  Spencer lui-même condamnera ces excès d’un film qu’il qualifiera dans une interview en 2004 de “catholique”.

Petit Papa Baston, avec Terence Hill et Bud Spencer, (DVD)

© 1994 Rialto films Gmbh Tous droits réservés

Un ultime tour de piste

Néanmoins, ce petit papa paston demeure sympathique, et quelques scènes absurdes peuvent arracher des sourires. On pense à ce chien sorti de nulle part pour mordre la jambe de Hill à chaque fois qu’il doit effectuer un tir de précision. La mise en scène demeure convenable et s’autorise quelques délires, à l’image de cette scène hallucinante où les deux zozos catapultent leurs ennemis sur un arbre de Noël géant pour le décorer. Hill et Spencer sont vieux, ce dernier est fatigué et assure le minimum syndical mais demeure malgré tout charismatique car son jeu est cohérent avec le caractère désinvolte et grognon de son personnage.

Certes, le scénario, peu cohérent (Hill libérant le méchant pour ne pas que le film s’arrête) n’est qu’un prétexte à des sketches pas toujours efficaces. Certes, le tout est mièvre et sent un peu le réchauffé. Mais revoir ces deux-là ensemble pour une dernière fois ravivera à coup sûr les fantômes du passé, tant l’hommage semble sincère. Avec la sortie de ce Petit papa baston et du Jonathan degli Orsi d’Enzo G. Castellari, cette année 1994 aura décidément été très nostalgique…

Box-office :

Petit papa baston était un anachronisme lors de sa sortie en salle, le 14 décembre 1994. Destiné à remplir les rangs des spectacles populaires de Noël quand la France ne jurait plus que pour Le Roi Lion, la comédie de l’Ouest affrontait, le jour de sa sortie, le divertissement phénomène Un indien dans la ville (18 219 entrées, 47 salles), la comédie farfelue d’Alan Parker, Aux bons soins du Dr. Kellog (5 129 entrées dans 18 salles), le thriller Consentement mutuel (3 346 entrées, dans 22 cinémas). Grâce à la force de frappe d’UGC, distributeur et exploitant, le duo Terence Hill et Bud Spencer pouvait compter sur une présence dans 23 cinémas de Paris-Périphérie. Mais le premier jour à 1 290 entrées donna le ton de l’échec foudroyant qu’allait vivre le duo. 29 469 entrées France en première semaine dont seulement 9 675 entrées sur la capitale. En deuxième semaine, le spaghetti d’un autre âge chutait à 6 836 clients sur Paris-Périphérie, et un total de 21 198, malgré les fêtes de Noël !

En troisième et dernière semaine, Petit papa baston était laminé à Paris : 3 645 entrées franciliennes (total de 20 156). En province, les gros bras italiens parviendront difficilement à faire sourire 76 000 spectateurs. Triste fin de carrière pour Bud Spencer dont 22 films avaient dépassé les 500 000 sur la France, 15 avaient même atteint le million. Pour Terence Hill, c’était la fin des exploits : 33 de ses séries B, jusqu’en 1991, avaient franchi le seuil des 500 000 ; 26 de ses divertissements étaient au moins millionnaires. Il s’agira tout simplement de l’ultime film de Terence Hill à paraître sur nos écrans.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Sorties de la semaine du 14 décembre 1994

 

Petit Papa Baston, avec Terence Hill et Bud Spencer, affiche (1994)

© 1994 Rialto films Gmbh Tous droits réservés

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