Nitram : la critique du film (2021)

Drame historique | 1h52min
Note de la rédaction :
7/10
7
Nitram, affiche américaine

  • Réalisateur : Justin Kurzel
  • Acteurs : Caleb Landry Jones, Judy Davis, Essie Davis, Anthony LaPaglia
  • Date de sortie: 16 Juil 2021
  • Année de production : 2021
  • Nationalité : Australien
  • Titre original : Nitram
  • Titres alternatifs : -
  • Autres acteurs : Sean Keenan, Annabel Marshall-Roth, Rick James, Ethan Cook
  • Scénariste : Shaun Grant
  • Directeur de la photographie : Germain McMicking
  • Monteur : Nick Fenton
  • Compositeur : Jed Kurzel
  • Producteurs : Nick Batzias, Virginia Whitwell
  • Sociétés de production : GoodThing Productions
  • Distributeur : Ad Vitam
  • Distributeur : (reprise) -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Classification : -
  • Format : 1.55 : 1 / Couleur
  • Sélection officielle Cannes 2021 : Compétition officielle : Prix d'interprétation masculine
  • Autres festivals et récompenses : Melbourne International Film Festival - MIFF (2021)
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits: © GoodThing Productions. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :
Bandeau Cannes 2021 vert

© FDC / Philippe Savoir (www.filifox.com)

Nitram est une étude de mœurs bien menée, basée sur un tragique fait divers. L’acteur Caleb Landry Jones y est prodigieux.

Synopsis : Australie, milieu des années 90, Nitram vit chez ses parents, où le temps s’écoule entre solitude et frustration. Alors qu’il propose ses services comme jardinier, il rencontre Helen, une héritière marginale qui vit seule avec ses animaux. Ensemble, ils se construisent une vie à part. Quand Helen disparaît tragiquement, la colère et la solitude de Nitram ressurgissent. Commence alors une longue descente qui va le mener au pire.

Portrait d’un jeune homme à la dérive

Critique : Avec Nitram, le réalisateur australien Justin Kurzel retrouve la veine de son premier long métrage, Les crimes de Snowtown, primé à la Semaine de la Critique 2011, et basé sur un fait divers tragique. Entre-temps, le cinéaste s’était égaré dans trois productions dont Macbeth, adaptation grandiloquente de Shakespeare, en compétition à Cannes en 2015. Nitram (« Martin » épelé à l’envers) a été tourné dans l’État australien de Tasmanie, où eut lieu en 1996 la tuerie de Port Arthur. Martin Bryant, un jeune homme blond aux allures de surfeur, avait fusillé trente-cinq personnes et blessé plus d’une vingtaine d’autres. Ce massacre qui avait traumatisé la population australienne avait entraîné une modification de la législation sur les armes à feu. Justin Kurzel s’est emparé de ce fait historique pour dresser le portrait de Martin Bryant avant son passage à l’acte.

Son film est en quelque sorte un biopic, le récit se concentrant sur quelques années et s’arrêtant à la tuerie, filmée hors champ. « Je voulais que le public, en particulier ceux qui sont favorables au port d’armes, passe un moment avec un personnage qui ne devrait de toute évidence pas avoir accès aux armes à feu », précise Kurzel dans ses notes d’intention. Pourtant, Nitram n’est pas vraiment un film à thèse, à la Bowling for Columbine de Michael Moore (il se situe davantage dans la lignée d’Elephant de Gus Van Sant). À l’exception d’indications juridiques et statistiques avant le générique de fin, aucune séquence n’aborde cette problématique, si ce n’est celle où Martin se procure des armes à feu avec la facilité de l’achat d’un aspirateur chez Darty… Kurzel et son scénariste Shaun Graunt veulent comprendre le geste de Bryant, sans chercher à l’excuser.

Caleb Landry Jones prodigieux dans Nitram

Photo de Nitram de Justin Kurzel

Nitram © 2021 GoodThing Productions. Tous droits réservés.

Martin est présenté dès le début de la narration comme un jeune homme décalé et manifestement déséquilibré, passionné par les feux d’artifice, solitaire et étrange, et victime de moqueries de la part de ses pairs qui s’obstinent à lui attribuer le sobriquet de Nitram. La communication avec les parents (Judy Davis et Anthony LaPaglia) est difficile. Le passage le plus marquant et troublant est celui qui décrit la relation ambigüe entre le jeune homme et une femme mure et fortunée (Essie Davis, épouse du réalisateur), qui vit seule avec ses chiens dans une gigantesque demeure, et avec laquelle il trouve de rares moments de sérénité. On pourrait trouver ces scènes peu crédibles et issues de l’imagination des auteurs. Et pourtant, elles correspondent véritablement à la biographie de Bryant.

Alternant passages romanesques et ton semi-documentaire, lenteur du rythme et ellipses, Nitram est une réussite. Par son ambiance et son protagoniste hors norme, il fera songer à d’autres œuvres, dont Sweetie de Jane Campion, même si le cinéma de Justin Kurzel n’atteint pas la puissance de celui de sa compatriote. Il faut enfin souligner le jeu hallucinant de Caleb Landry Jones, qui s’est fortement imprégné de son personnage. Le jeune acteur avait été révélé dans Antiviral (2012) de Brandon (fils de) Cronenberg. On l’avait ensuite remarqué dans plusieurs métrages dont Three Billboards : Les panneaux de la vengeance (2017) de Martin McDonagh et dans la saison 3 de Twin Peaks. Il trouve avec Nitram son meilleur rôle et a bien mérité son prix d’interprétation au Festival de Cannes.

Critique de Gérard Crespo

Les films de la sélection du Festival de Cannes 2021

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Nitram, affiche américaine

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Nitram, affiche américaine

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