Nevada Smith : la critique du film (1966)

Western | 2h08min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Nevada Smith, l'affiche

  • Réalisateur : Henry Hathaway
  • Acteurs : Steve McQueen, Arthur Kennedy, Karl Malden, Brian Keith, Suzanne Pleshette, Raf Vallone, Martin Landau, L.Q. Jones
  • Date de sortie: 02 Sep 1966
  • Nationalité : Américain
  • Scénariste : John Michael Hayes d'après Harold Robbins dans The Carpetbaggers
  • Directeur de la photographie : Lucien Ballard
  • Compositeur : Alfred Newman
  • Distributeur : Paramount
  • Editeur vidéo : Paramount Pictures
  • Sortie vidéo : 6 mai 2004
  • Box-office France / Paris-périphérie : 2 332 765 entrées / 516 801 entrées
  • Box-office USA : 14,1 M$
  • Crédits affiche : © 1965 Renewed 1993 by Paramount Pictures - Embassy Pictures Corp - Solar Productions Inc. Tous droits réservés. / Bandeau : Sinos
Note des spectateurs :

Western classique dans sa réalisation, Nevada Smith bénéficie d’une histoire solide, d’acteurs inspirés et de quelques séquences mémorables. Son manque de rythme est toutefois un sacré handicap.

Synopsis : Le jeune cow-boy Max Sand est sur les traces des meurtriers de ses parents. Entraîné par Jonas Cord, un marchand d’armes, il devient un tireur aguerri et manie avec précision le colt. Après plusieurs années de recherches, sous le nom de Nevada Smith, il va traquer chacun de ces trois malfrats dans les villes, les saloons et même en prison. Sans scrupule pour personne, Max est déterminé à assouvir sa vengeance.

Une histoire de vengeance très classique

Critique : Alors que le western spaghetti déferle sur le monde grâce au triomphe de la trilogie des dollars de Sergio Leone, redéfinissant au passage tous les canons du genre, le cinéaste Henry Hathaway a l’audace de relever un défi : celui de tourner un long-métrage dont l’histoire pourrait très bien fournir un prétexte aux délires baroques d’un Leone ou d’un Corbucci, mais dans un style purement américain.

Ainsi, le thème de la vengeance d’un jeune homme qui poursuit les trois meurtriers de ses parents est l’occasion pour les auteurs de réfléchir sur les traditionnelles notions de bien et de mal, avec intervention d’un curé en cours de route afin de remettre le personnage principal sur le bon chemin.

Un rythme indolent, mais compensé par une deuxième partie plus intéressante

Malgré une première séquence assez violente pour initier le cycle de la vengeance, le style de Hathaway, étrangement assagi, voire assoupi, ne parvient pas à maintenir la tension durant la totalité d’une projection qui paraît bien longue (le film fait tout de même plus de deux heures). Cette impression de lenteur vient de la trop grande linéarité d’un script au rythme ternaire trop prévisible (le héros tue les trois meurtriers l’un après l’autre).

Toutefois, conscient des limites de leur script, les auteurs ont sauvé le long-métrage du naufrage grâce à une étonnante seconde partie qui se déroule en Louisiane, cadre pour le moins original et hors-sujet pour un western. Ce passage central qui réoriente le film vers un univers carcéral dont il faut s’échapper (un thème qui poursuit Steve McQueen depuis La grande évasion jusqu’à Papillon) est de loin le plus réussi, notamment grâce à l’intervention du joli personnage féminin interprété avec fraîcheur par Suzanne Pleshette. Alors que le personnage incarné par Steve McQueen n’est jusque-là qu’une froide machine à tuer, il s’humanise au contact de cette femme, prenant peu à peu conscience des conséquences de ses actes.

Un casting charismatique

Dès lors, le long-métrage de Hathaway se dote d’une valeur morale indéniable, sans jamais tomber dans le travers moralisateur de bon nombre de westerns américains. Si l’on peut regretter que Steve McQueen apparaisse trop vieux pour jouer le rôle d’un ado (il avait trente-six ans au moment du tournage), il faut lui reconnaître un certain talent d’interprétation. Il est soutenu par un casting de seconds couteaux charismatiques, tandis que Karl Malden est un grand méchant d’anthologie. Leur confrontation finale, les séquences dans le bayou et la majesté des paysages font de ce Nevada Smith un western de très belle facture. Dommage que le montage ne soit pas plus concis et que la réalisation ne soit pas plus audacieuse.

Un succès de plus pour Steve McQueen

Beau succès aux Etats-Unis, le film est également très bien accueilli en France où Nevada Smith s’empare de la première place du box-office parisien de la semaine et sera détrôné en deuxième semaine par Le grand restaurant avec Louis de Funès. Toutefois, le western de Hathaway s’est maintenu à la deuxième position du classement durant deux semaines consécutives. Dans l’Hexagone, le long-métrage a cumulé plus de 2,3 millions de spectateurs pour une exploitation particulièrement longue sur l’ensemble du territoire. Il se classe ainsi à la 11ème marche du podium annuel.

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Critique du film :  Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 2 septembre 1966

Nevada Smith, l'affiche

© 1965 Renewed 1993 by Paramount Pictures – Embassy Pictures Corp – Solar Productions Inc. Tous droits réservés.

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