Maniac : la critique du film de la Hammer (1963)

Thriller, Epouvante-horreur | 1h26min
Note de la rédaction :
4,5/10
4,5
Maniac, jaquette du film Hammer

  • Réalisateur : Michael Carreras
  • Acteurs : Nadia Gray, Kerwin Mathews, Donald Houston, Liliane Brousse
  • Date de sortie: 20 Mai 1963
  • Nationalité : Britannique
  • Scénariste : Jimmy Sangster
  • Directeur de la photographie : Wilkie Cooper
  • Compositeur : Stanley Black
  • Distributeur : Film inédit dans les salles françaises. La date ci-dessus est celle de la sortie britannique.
  • Éditeur vidéo : ESC Editions
  • Sortie vidéo (Mediabook) : 26 novembre 2019
  • Format : 2.35 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Crédits visuels : © 1963 Columbia Pictures Industries Inc / © 2019 Sony Pictures Home Entertainment - ESC Editions / Design : Dark Star. Tous droits réservés.
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Thriller de machination dans le style des Diaboliques, Maniac bénéficie d’un décor original situé en Camargue, mais échoue à rendre crédible une intrigue tirée par les cheveux.

Synopsis : Dans le sud de la France, un peintre américain entretient une relation amoureuse avec une tenancière de bar. Cette dernière lui demande de l’aider à faire évader son mari, enfermé dans un asile pour un sordide meurtre au chalumeau, en échange de quoi elle sera sienne pour toujours. Une tâche peu aisée pour un modeste peintre, mais le jeu en vaut la chandelle. Si seulement tout pouvait se passer comme prévu…

Un thriller de machination sur le modèle des Diaboliques

Critique : Depuis le début des années 60, le producteur Michael Carreras encourage la réalisation de thrillers horrifiques par la firme Hammer jusqu’ici plutôt spécialisée dans le gothique coloré ou la science-fiction paranoïaque. Grâce au succès rencontré par Hurler de peur (Holt, 1961), les exécutifs du studio mettent en chantier plusieurs thrillers de machination sur le modèle des Diaboliques (Clouzot, 1955). Ainsi, la firme dégoupille des œuvres comme Paranoiac (Francis, 1963) et ce Maniac tourné la même année.

Comme Hurler de peur se déroulait sur la Côte d’Azur, le producteur Michael Carreras demande à son scénariste et complice Jimmy Sangster d’écrire un thriller qui se déroulerait cette fois dans le cadre exotique de la Camargue. L’occasion pour le duo d’effectuer des repérages fructueux dans le sud de la France où ils choisissent de tourner aux Saintes-Maries-de-la-Mer, mais aussi au Bac du Sauvage et dans les environs des Baux-de-Provence. Un décor lumineux qui tranche sérieusement avec la noirceur de l’intrigue développée par un Jimmy Sangster pas vraiment inspiré.

Un enchaînement de twists improbables

Effectivement, largement influencé par les intrigues tortueuses de Boileau et Narcejac, Sangster nous embarque dans une histoire qui cherche en permanence à étonner le spectateur par des développements inattendus. Malheureusement, comme l’ont expérimenté d’autres auteurs, il ne suffit pas d’enchaîner les twists pour convaincre, surtout lorsque tout ceci paraît artificiel.

Pourtant, Maniac débute par une séquence d’excellente facture. Ainsi, le spectateur assiste médusé à l’agression d’une gamine d’une quinzaine d’années par un maniaque sexuel. Aussitôt capturé par la famille de la donzelle outragée, celui-ci subit la terrible vengeance du père qui règle ses comptes à coup de fer à souder. Le tout est filmé avec efficacité par un Michael Carreras qui souhaite choquer.

Michael Carreras échoue à créer une atmosphère trouble

La suite est malheureusement bien plus terne avec l’arrivée d’un touriste américain – Kerwin Mathews, plutôt correct en héros manipulé – au cœur d’une auberge où il est balloté entre son désir pour la jeune fille (Liliane Brousse, assez peu convaincante) et la tenancière du lieu (Nadia Gray, bonne actrice mais pas vraiment à sa place dans ce rôle). Ce long passage qui cherche à retrouver l’atmosphère trouble du James Cain du Facteur sonne toujours deux fois échoue à rendre crédible la passion entre la femme manipulatrice et sa victime potentielle. On ne croit pas une seconde en la force du lien qui unit Mathews et Gray, ce qui ruine les développements ultérieurs de l’intrigue.

La suite ne fera que confirmer cette incapacité de Michael Carreras à rendre crédible les nœuds d’une histoire trop alambiquée. Certes, d’autres films possèdent des éléments narratifs aussi grossiers (la plupart des gialli ritals), mais les réalisateurs parviennent à maintenir la suspension d’incrédulité. Sangster et Carreras n’y arrivent absolument pas et Maniac paraît bien long malgré une durée modérée. Il nous reste à admirer le superbe travail photographique de Wilkie Cooper et la magnificence des paysages naturels pour passer le temps.

Une sortie sabordée pour un thriller dispensable

Visiblement peu confiante envers le résultat final, la Hammer l’a proposé finalement en double programme avec Les damnés (Losey, 1962) en Angleterre et couplé avec The Old Dark House (Castle, 1963) aux Etats-Unis. En France, le long-métrage n’est même pas sorti dans les salles obscures. On ne trouve pas de trace de lui non plus en VHS. Il a donc fallu attendre la sortie du Mediabook d’ESC Editions dans sa collection British Terrors pour pouvoir enfin découvrir cette rareté dans une magnifique copie. Cela ne compense malheureusement pas les défauts d’un film décidément très dispensable, sauf pour les fans absolus de la Hammer.

Critique de  Virgile Dumez 

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Maniac, jaquette du film Hammer

© 1963 Columbia Pictures Industries Inc / © 2019 Sony Pictures Home Entertainment – ESC Editions / Design : Dark Star. Tous droits réservés.

 

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