Les têtes de l’emploi : la critique du film (2016)

Comédie, Comédie sociale | 1h26min
Note de la rédaction :
3/10
3
Les têtes de l'emploi : affiche du film

  • Réalisateur : Franck Magnier Alexandre Charlot
  • Acteurs : Franck Dubosc, François-Xavier Demaison, Patrick Bouchitey, Elsa Zylberstein, Nicolas Vaude, Stéphan Wojtowicz
  • Date de sortie: 16 Nov 2016
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Les têtes de l'emploi
  • Année de production : 2016
  • Scénariste(s) : Charles Hudon, Nicolas Ragni
  • Directeur de la photographie : Myriam Vinocour
  • Compositeur : Alexandre Azaria
  • Société(s) de production : JS Productions, Récifilms, Cinéfrance Plus, Orange Studio
  • Distributeur : EuropaCorp Distribution
  • Éditeur(s) vidéo : Orange Studio
  • Date de sortie vidéo : 21 mars 2017
  • Box-office France / Paris-périphérie : 492 233 entrées / 92 817 entrées
  • Budget : 5 910 000 €
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Dolby SR-SRD
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Fidelio
  • Crédits : Les têtes de l'emploi : Fidelio - Copyrights 2016 JS Productions Recifilms Orange Studio Cinéfrance Plus Lorette Cinéma
Note des spectateurs :

Les têtes de l’emploi est une comédie sociale sinistre qui n’a jamais la rigueur d’un Ken Loach, référence ultime de deux réalisateurs en manque d’inspiration se contentant de filmer platement une succession de sketches, certes parfois drôles, mais loin de la truculence qu’ils ont su faire montre en tant que scénaristes sur Bienvenue chez les Ch’tis.

Synopsis : Dévoués à leur métier, Stéphane, Cathy et Thierry sont les fers de lance de leur agence Pôle emploi.
Mais leurs résultats étant bons, trop bons, l’agence va devoir fermer, car il n’y a soudain plus assez de demandeurs d’emplois.
Voilà nos trois employés qui se retrouvent soudain au chômage… Mais une solution se fait jour, folle, improbable, et si pour sauver leur emploi il ne leur restait plus qu’à… Créer du chômage ?

Les têtes de l’emploi, une farce sociale dévoyée ?

Critique :  Projet raté ! Comédie sociale française au caractère un peu daté comme pour signifier l’intemporalité de son sujet, l’inquiétante montée du chômage sous Sarkozy et Hollande, Les têtes de l’emploi n’a pas le talent de ses ambitions. La production a été compliquée, avec des intentions initiales, celles du scénariste et humoriste de la bande à Ruquier, Jérémy Ferrari, qui sont dévoyées. Il se retire du projet, son nom est retiré du générique et Ferrari intente un procès à la production. (Voir Le Parisien, ici)

Le résultat sorti en salle est de l’ordre du désastre caractérisé. Les cinéastes Alexandre Charlot et Franck Magnier (Imogène McCarthery et Boule & Bill), anciens scénaristes de comédies (Astérix, RTT et surtout Bienvenue chez les Ch’tis), s’attaquent avec mollesse à Pôle emploi et ses radiations statistiques. Le scénario met le nez chez les incasables de notre société, petites gens décrites ici comme des cas sociaux, avec caricatures un peu douloureuses : en ce sens, la scène du boucher, parangon du rustre que l’on imagine d’extrême droite, est particulièrement obscène !

Une œuvre terne, sinistre, et franchouillarde

Les deux réalisateurs filment laid, hors cinéma, les déboires de trois agents de Pôle emploi qui vont se retrouver eux-mêmes au chômage, après la fermeture annoncée de leur antenne, en raison de statistiques de radiation très positives ! Cela pique les yeux et ennuie de toute part quand un peu de noirceur et de satire auraient pu contrebalancer la platitude de la mise en scène. Pourtant, le script avait son potentiel, avec ces trois agents qui mettent tout en œuvre pour contrecarrer l’injustice de leur licenciement, en ayant l’idée de créer une vague de chômage dans leur bourgade, afin de donner du labeur à leur pôle. Une idée qui aurait pu être épicée mais tombe à plat.

Les têtes de l'emploi (photo)

Les têtes de l’emploi Copyrights 2016 JS Productions Recifilms Orange Studio Cinéfrance Plus Lorette Cinéma

Les deux cinéastes, dont le film n’est vraisemblablement pas le bébé, voudraient rattacher leur dernier effort à la rigueur naturaliste de Ken Loach, pour dénoncer un système qui broie du pauvre, dans l’indifférence généralisée. Ils tombent dans les lacs du made in France terne et ennuyeux, répétant l’erreur du très plat Bowling en son temps. Charlot et Magnier délivrent avec Les têtes de l’emploi une gentille comédie à l’image terne et tristement télévisuelle, noyée dans une musique ringarde totalement illustrative.

Une psychologie à la truelle

La tranche épaisse de psychologie pour chaque protagoniste est servie à la truelle, si bien qu’on ne se détache jamais de la comédie populaire française, avec ses gueules, ses lieux communs, son irrévérence franchouillarde à la sauce Bidochon et surtout sa succession de sketchs comiques qui forment un tout grossier, au risque de mettre les pieds dans le plat : et si certains pauvres ne seraient rien d’autres que des assistés ? Laurent Wauquiez appréciera.

Au moins reconnaîtra-t-on aux deux réalisateurs la volonté de ne pas céder au diktat visuel des productions souvent clinquantes d’EuropaCorp qui appuie le projet à la distribution. Mais la boîte de Besson n’était pas à la production.

Critique de Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 16 novembre 2016


Les têtes de l'emploi : affiche du film

Les têtes de l’emploi : Fidelio – Copyrights 2016 JS Productions Recifilms Orange Studio Cinéfrance Plus Lorette Cinéma

Box-office :

Grosse sortie française du 16 novembre 2016, face à une multitudes de nouveautés (Les animaux fantastiques, Iris de Jalil Lespert, Le petit Locataire avec Karin Viard, Planétarium de Rebecca Zlotwoski..), Les tête de l’emploi a bénéficié d’une belle combinaison de 350 écrans – la deuxième derrière le spinoff d’Harry Potter -, et a profité d’une belle tournée des comédiens sur les plateaux de télévision.

La première semaine passera à peu près avec 238 777 curieux, mais le film perdra successivement 46, 41, 59, 65 et 72% de sa fréquentation. En 6e semaine, Les têtes de l’emploi pointe au Pôle Emploi, et grapille quelques 3 061 chômeurs sur 76 sites.

Sa fin de carrière à 492 233 spectateurs demeure à peu près acceptable de par le budget moyen du film, inférieur à 6 millions d’euros. Mais au vu du casting, de son sujet de feel-good movie, et de son distributeur… de bonnes critiques et un bon bouche-à-oreille lui auraient permis d’espérer le double.

Frédéric Mignard

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