Le temple du dieu soleil : la critique du film (1987)

Aventures, Action | 1h38min
Note de la rédaction :
3/10
3
Le temple du dieu soleil / The Ark of the sun god : affiche américaine

Note des spectateurs :

Mélange d’Indiana Jones et de James Bond, Le temple du dieu soleil souffre d’un budget rachitique, d’un script inepte et d’acteurs peu inspirés. Un mauvais bis italien, même pas drôle au quinzième degré.

Synopsis : Un perceur de coffre-fort accepte d’aller à Istanbul et de voler un sceptre ayant appartenu au dieu Gilgamesh, mais désormais en possession d’un culte mystérieux.

Le retour de l’équipe des Aventuriers du Cobra d’or

Le temple du dieu soleil, l'affiche

© 1984 Flora Film – UFM. Tous droits réservés.

Critique : En 1982, le cinéaste italien Antonio Margheriti emballe un produit de pure consommation destiné à exploiter le succès des Aventuriers de l’arche perdue (Spielberg, 1981). Le long-métrage s’intitule Les aventuriers du Cobra d’or et rencontre un certain succès grâce à de bonnes ventes dans le monde entier, mais aussi par la magie du support VHS. Il n’en fallait pas plus pour que la société de production Flora Film décide de tourner un autre film similaire, avec une équipe technique et artistique identique.

Pour mémoire, Flora Film est alors une vieille compagnie passée entre de nombreuses mains. Au cours des années 80, elle se spécialise dans le film bis à petit budget, avec des tournages dans des pays en voie de développement comme les Philippines (la plupart des films de Bruno Mattei et de Joe D’Amato de l’époque) ou comme ici en Turquie. Cela permettait de profiter de paysages exotiques, tout en exploitant une main-d’œuvre bon marché.

Un zeste de James Bond, une pincée d’Indiana Jones et beaucoup de maquettes

Artisan consciencieux et toujours désireux d’en mettre plein la vue, Antonio Margheriti mélange ici plusieurs influences en espérant que cela divertira le grand public. Il débute son film par un démarquage bien visible de la saga James Bond. L’acteur David Warbeck joue des sourcils pour singer le jeu de Sean Connery, et sur certains plans de Roger Moore. Toutefois, il n’en reprend ici que les tics et manque singulièrement de charisme, lui qui avait su si bien tirer son épingle du jeu dans L’au-delà (Fulci, 1980). Les scénaristes, visiblement en mal d’intrigue, comblent ensuite les trous narratifs par la lente préparation du voyage vers le fabuleux trésor. Les personnages passent toutefois une bonne heure à palabrer avant de réellement prendre la route, faible budget oblige.

De temps à autre, Margheriti dégoupille une séquence d’action hystérique, histoire de nous faire patienter. Il dynamise ainsi une scène de poursuite en voiture par l’usage de maquettes – sa spécialité – et de jouets qui font vaguement illusion. Cela a le mérite de réveiller le spectateur, même si le recours à des miniatures rend l’ensemble caduque. Par la suite, le voyage vers le fameux temple se révèle assez pauvre en rebondissements, Margheriti se servant une fois de plus de constructions troglodytes pour donner du cachet à ses décors (il a déjà fait la même chose sur plusieurs films dont Avec Django, la mort est là en 1968).

Une mauvaise blague qui ne fait même pas rire

Plutôt ennuyeux, le film souffre également d’une interprétation peu convaincante. Susie Sudlow est tout bonnement atroce – elle n’a jamais tourné depuis – tandis que Luciano Pigozzi et Ricardo Palacios cabotinent. Mais ce n’est à rien à côté du méchant turc incarné par Aytekin Akkaya, acteur du cru monolithique. Finalement seul John Steiner est plutôt correct, mais on n’a toujours pas compris comment son personnage de paralytique pouvait tout à coup devenir valide.

Enfin, soulignons une musique assez déplorable d’Aldo Tamborelli qui massacre à la fois nos oreilles et son Bontempi, livrant une chanson finale digne de figurer dans une compilation des titres les plus Z de l’histoire du cinéma. Cette mauvaise blague, pas suffisamment nulle pour déclencher le rire, mais assez lente pour assoupir les plus vaillants, est tout de même sortie dans nos salles de cinéma avec trois ans de retard en 1987, et ceci dans l’indifférence générale puisque l’heure de gloire du bis italien était déjà finie. Au vu de la médiocrité du produit fini, on peut aisément comprendre le désaveu du public.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 21 octobre 1987

Le temple du dieu soleil / The Ark of the sun god : affiche américaine

© 1984 Flora Film – UFM. Tous droits réservés.

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Le temple du dieu soleil / The Ark of the sun god : affiche américaine

Bande-annonce du Temple du dieu soleil

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