Le Cœur régulier : la critique du film (2016)

Drame | 1h35min
Note de la rédaction :
7.5/10
7.5
Le Coeur régulier, affiche

  • Réalisateur : Vanja D’Alcantara
  • Acteurs : Isabelle Carré, Niels Schneider, Fabrizio Rongione, Jun Kunimura, Mugi Kadowaki
  • Date de sortie: 30 Mar 2016
  • Année de production : 2016
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Le Coeur régulier
  • Titres alternatifs : Kokoro (International)
  • Scénariste : Emmanuelle Beaugrand-Champagne
  • D'après le roman de : Olivier Adam, Le Coeur régulier (éditions de l'Olivier)
  • Directeur de la photographie : Ruben Impens
  • Monteur : Ludo Troch
  • Compositeur : Serge Nakauchi Pelletier
  • Producteurs : Denis Delcampe ,Bertrand Gore
  • Sociétés de production : Blue Monday Productions, Need Protection, en coproduction avec Association Coopérative des Productions Audio-Visuelles, Productions Avenida, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF)
  • Distributeur : Condor Distribution
  • Editeur vidéo : Condor Entertainment
  • Date de sortie vidéo : 7 septembre 2016
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 65 107 entrées / 13 522 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : -
  • Budget : 2 500 000 euros
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (DCP, 2K) / 5.1 DTS
  • Festivals et récompenses : Brussels European Film Festival, Yubari International Fantastic Film Festival,
  • Illustrateur / Création graphique : © Troika. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2015 Need Productions - Blue Monday Productions - 9318 6823 Québec Inc, - RTBF - Proximus Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Par petites touches, Le Cœur Régulier ravive le désir de vie au cœur des abîmes dépressionnaires. Une oeuvre sublime injustement passée inaperçue lors de sa sortie en salle.

Synopsis : Trop longtemps séparée de son frère, Alice se rend sur ses traces au Japon, dans un village hors du temps, au pied des falaises. Ici, Nathan avait retrouvé l’apaisement auprès d’un certain Daïsuke. C’est au tour d’Alice de se rapprocher du vieil homme, et de ses hôtes. Dans une atmosphère toute japonaise, elle se remet à écouter son cœur…

Critique : La parenté du Cœur Régulier avec l’autre œuvre phare de son auteur, Je vais bien ne t’en fais pas, est une évidence. Ce goût pour la quête de l’autre, cette mélancolie dépressive qui émerge de l’absence et de la disparition imprègne les deux histoires miroirs. Olivier Adam a également connu le grand écran avec Des vents contraires, de Jalil Lespert, et avait co-signé le scénario d’un Welcome en avance sur son époque, dans sa peinture humaine des migrations clandestines vers le Royaume-Uni condamnées à la noyade. Une œuvre magistrale. Le romancier n’a pas à rougir de l’adaptation par Vanja d’Alcantara de son roman éponyme publié en 2010, dont il émane toute la force émotionnelle de son œuvre.

Dépression, mon amour

En deux parties géographiquement distinctes et maîtrisées, la réalisatrice rend compte d’une œuvre sans frontières entre une France dépeinte telle une terre d’exil, qui oppresse et que l’on rejette sans aucune attache matricielle, et un Japon insulaire, esquissé tantôt comme l’accomplissement fatal d’une dépression d’où l’on se jette du haut de lugubres falaises, mais également décrit comme un lieu de recueillement et de renaissance qui se vit de frère en sœur, au fil de rencontres salvatrices, dans l’abandon de soi vers l’inconnu, ou plutôt les inconnus.

Le personnage joué par Carré, femme au foyer mal dans son quotidien en quête du souvenir de son frère suicidé, dans le Japon où il s’était réfugié, rencontre des êtres, souvent seuls, sans jugement et sans attente personnelle, si ce n’est la volonté de panser les bleus de l’âme de l’autre, par une écoute altruiste.

Le Coeur régulier, Isabelle Carré

© 2015 Need Productions – Blue Monday Productions – RTBF – Proximus Tous droits réservés / All rights reserved

Un mélodrame zen d’où resurgit la vie

Plus zen que mélodramatique, Le Cœur régulier s’imprègne intégralement de la culture nippone pour ne plus faire qu’un avec la cinématographie du Soleil Levant. Entre les éléments quasi surnaturels d’un cinéma représenté par Hideo Nakata et la poésie crépusculaire à la Shohei Imamura, la cinéaste nous situe moins dans l’hommage culturel que dans l’assimilation transitoire des coutumes japonaises, délicates et intériorisées, embrassées pendant quelques jours par le personnage échoué d’Isabelle Carré.

A la dérive, totalement éteinte, égarée dans des paysages battus par des vents tempétueux, la quadragénaire débarque au Japon sans perspective, la gorge nouée d’une indicible douleur. L’actrice française non sans grâce et toute en pudeur, retrouve, forte de son périple personnel japonais (elle parle parfaitement le Japonais), les mots à la bouche et s’apprête, sûrement, à survivre aux pertes passées, qu’elles soient récentes (l’accident fatal de son jeune frère qui s’apprêtait à démarrer une nouvelle vie au Japon) ou lointaines (le poids destructeur de la mort des parents).

Une ode au Japon en dehors des sentiers touristiques

Outre son personnage qui inocule une certaine idée du mal-être occidental dans un Japon loin des peintures touristiques, la réalisatrice sonde d’autres âmes malades et dresse des portraits de familles autochtones endeuillées qui semblent ne pas pouvoir répondre aux fêlures occasionnées par divers accidents de vie. Dans Le Cœur régulier, malgré les différences régionales, c’est bien l’universalité des êtres qui est dépeinte, alors que le retour progressif à la vie se fait par un étonnant vieil homme à la retraite, qui recolle les morceaux brisés de toutes ces âmes vagabondes au bord d’un suicide collectif, celle d’une humanité esseulée dans l’épreuve et incapable d’assumer le poids de sa condition.

Avec lyre et passion, Vanja d’Alcantara offre à Isabelle Carré, formidable de sensibilité, l’une de ses meilleures composition et délivre, loin de tout matérialisme, un message providentiel qui éblouit par sa beauté. Le Cœur régulier est tout simplement magnifique.

Frédéric Mignard

Le Cœur régulier au Box-office

Sorti le 30 mars 2016, Le Cœur régulier est le 15e long métrage distribué par Condor Distribution (Shokuzai, The Way – la  route ensemble, Enemy de Denis Villeneuve, La nina de fuego). La semaine est lourde de 21 sorties hors reprise, dont beaucoup vise le même public que le long métrage de Vanja D’alcantara (La passion d’Augustine de Léa Pool, Quand on a 17 ans d’André Téchiné, le film croate de Dalibor Matanic, Soleil de plomb, Sunset Song de Terence Davies…). D’autres productions plus lourdes, comme Kung Fu Panda 3, la comédie Five, Good Luck Algeria, 13 hours de Michael Bay, Mise à l’épreuve 2, Mariage à la grecque 2 et Le sanctuaire, vise un public axé sur le divertissement.

Pour son premier jour, Le Cœur régulier se hisse en 7e place des nouveautés, avec 3 480 spectateurs dans 71 salles. C’est mieux que Mariage à la grecque 2 ( 2 919 spectateurs dans 202 salles), mais la moyenne est faible (49). En première semaine, cette ode à la vie ne parvient pas à se hisser dans le top 10, où il fait un minimum de 149 écrans pour exister. Pis, le 10e, en l’occurrence le teen movie d’André Téchiné, a agrégé 90 058 nostalgiques en 7 jours, ce qui sera 20 000 entrées de plus que Le Cœur régulier sur toute sa carrière.

Le Cœur régulier trouve avec pudeur 26 599 spectateurs en première semaine pour une moyenne de 375 et chute ensuite à 14 699 entrées en semaine 2, malgré deux salles de plus (73), mais une grosse compétition de 17 nouveautés supplémentaires, dont L’avenir de Mia Hansen-Love, avec Isabelle Huppert.

Dès sa troisième semaine, œuvre magnifique navigue sous les 10 000 spectateurs et ne peut enfin dépasser les 50 000 spectateurs qu’au cour de son 4e tour. C’est peu pour une oeuvre aussi forte, inspiré de l’auteur de Je vais bien, ne t’en fais pas que Philippe Lioret avait adroitement conduit aux 900 000 entrées (2006).

Les sorties de la semaine du 30 mars 2016

Le Coeur régulier, affiche

© 2015 Need Productions – Blue Monday Productions – 9318 6823 Québec Inc, – RTBF – Proximus Tous droits réservés / All rights reserved

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Vanja D’Alcantara ,Isabelle Carré, Niels Schneider, Fabrizio Rongione, Jun Kunimura, Mugi Kadowaki

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