Esther : la critique du film (2009)

Horreur, Thriller | 2h02min
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
Affiche de Esther (Orphan) de Jaumet Collet-Serra

  • Réalisateur : Jaume Collet-Serra
  • Acteurs : Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, CCH Pounder, Karel Roden, Isabelle Fuhrman
  • Date de sortie: 30 Déc 2009
  • Année de production : 2009
  • Nationalité : Américain, Canadien, Allemand, Français
  • Titre original : Orphan
  • Titres alternatifs : L'orpheline (Québec), La huérfana (pays d'Amérique latine & centrale), Orphan - Das Waisenkind (Allemagne), Sierota (Pologne), Órfã (Porgtugal), A Órfã (Brésil)
  • Scénariste : David Leslie Johnson-McGoldrick
  • D'après une histoire de : Alex Mace
  • Directeur de la photographie : Jeff Cutter
  • Monteur : Timothy Alverson
  • Compositeur : John Ottman
  • Producteurs : Jennifer Davisson, Leonardo DiCaprio, Susan Downey, Joel Silver
  • Sociétés de production : Dark Castle Entertainment, Appian Way, Studio Babelsberg Motion Pictures, StudioCanal
  • Distributeur : Warner Bros Entertainment France
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Warner Bros
  • Date de sortie vidéo : 5 mai 2010, 29 mars 2017 (Réédition)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 638 919 entrées / 226 048 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 41 596 251$ / 77 912 251$
  • Budget : 20 000 000$
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans ("Le climat très angoissant d'un film qui met en scène des enfants, dont un psychopathe sadique, justifie une interdiction aux mineurs de moins de douze ans.")
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleur (35mm, 2K) / DTS, Dolby Digital, SDDS
  • Festivals et récompenses : 1 nomination aux Teen Choice Awards (2009), 1 nomination aux Fangoria Chainsaw Awards...
  • Illustrateur / Création graphique : © Concept Arts. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2009 Dark Castle Holdings, LLC all rights reserved
  • Franchise : Premier opus du diptyque Orphan (Esther, en français)
Note des spectateurs :

Un bon rebondissement final ne parvient pas à sortir Esther du classicisme ambiant. Bref, un thriller horrifique pas désagréable pour un sou, mais par trop conventionnel.

Synopsis : Accablés par la perte de leur enfant mort-né, Kate et son mari John forment le projet d’adopter une petite fille. Ils portent leur choix sur Esther, une orpheline de neuf ans qui, aussitôt installée chez eux, montre à sa mère adoptive, psychologiquement fragile, un visage terrifiant que les autres ne voient pas.

Esther, un triomphe français inattendu au box-office

Critique : Après un joli score aux USA 41M$ pour un budget de 20M$), c’est en grande pompe que Warner a dévoilé Esther à la presse parisienne, lors d’une projection pop et frisson, avec distribution de masques diaboliques à l’effigie d’Esther. Bien leur en a pris. Cette contre programmation hivernale, sorti un 30 décembre, a été un succès considérable, la France devenant le second marché mondial après les USA, avec plus de 600 000 entrées et 5 790 000 dollars de recettes, devant le Royaume-Uni ( 3538 000), l’Espagne (2 713 000), l’Italie (1 283 000) et l’Allemagne (957 000). Un tel succès ne s’explique pas, prenant par surprise le distributeur Warner Bros, alors qu’un an auparavant, lors du tournage à Toronto, des températures hivernales s’étaient acharnées sur la production, contraignant le cinéaste Jaume Collet-Serra, à retravailler l’ambiance du film. Exit le côté hivernal mélancolique. Il lui faut désormais jouer sur le sentiment d’oppression que véhicule une neige angoissante.

Joshua, Esther… la Bible nomme nos démons

Pourtant le thriller horrifique avec sa figure enfantine diabolique est tout sauf une date dans le genre. Esther offre à peu près tout ce que Joshua proposait aux spectateurs, à savoir une enfant manipulatrice qui fomente de sombres desseins destructeurs vis-à-vis de sa famille adoptive (parents ici joués par Peter Sarsgaard, très falot, et Vera Farmiga qui répétait le succès de la trilogie Conjuring).

A vrai dire, dans Joshua et Esther, deux prénoms bibliques en guise de titre, on retrouve la même actrice (la toujours très juste Vera Farminga) dans la peau de la mère (ici adoptive), torturée par son rejeton faux-jeton et forcément accusée de paranoïa et de dépression, voire ici d’alcoolisme.

A voir pour le jeu sombre d’Isabelle Fuhrman

Vous l’aurez compris, Esther est un énième film d’enfant meurtrier qui ne révolutionnera pas le genre de par son ambiance classique et son script à clichés. Malgré l’aisance visuelle de la caméra de Jaume Collet-Serra, un habitué des productions Dark Castle Entertainment (La maison de cire, Sans identité), une jeune actrice de 11 ans étonnante (Isabelle Fuhrman qui pare étonnamment son personnage d’une délicieuse perversité), et surtout un rebondissement final aussi efficace que fédérateur, le spectacle est un brin trop long (2h00) pour le peu qu’il a à relater Les effets gratuits sont privilégiés à la subtilité paranoïaque et forcément, l’efficacité sera surtout optimale auprès du public jeune qui réclame les effets pompiers.

Les enfants maléfiques au cinéma

Les vrais amateurs d’épouvante risquent de trouver cette tentative de subversion (du mâle par le Mal) un peu trop policée pour prétendre aux mêmes sphères horrifiques que l’impitoyable The children, sorti sans bruit en octobre de la même année (2009). Celui-ci avait su pourtant distiller un effroyable sentiment de démence et de violence lorsqu’Esther procure l’amusement. Deux approches de l’angoisse totalement différentes.

Malgré la popularité d’Esther en salle, DVD, Blu-Ray et VOD, il faudra attendre 2022 pour retrouver l’étonnante actrice se réapproprier la morale tranchante de son personnage de psychopathe en salle. On est curieux.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 30 décembre 2009

Dark Castle Entertainment, films, box-office, histoire de la société

Affiche de Esther (Orphan) de Jaumet Collet-Serra

© Warner Bros, Dark Castle Entertainment

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