Don Camillo… Monseigneur ! : la critique du film (1961)

Comédie | 1h58min
Note de la rédaction :
5/10
5
Don Camillo Monseigneur, l'affiche

Note des spectateurs :

Don Camillo… Monseigneur ! est un épisode encore sympathique, mais la recette commence à tourner court. Le script enchaîne les saynètes sans cohérence et les situations sentent le réchauffé.

Synopsis : Les choses ont beaucoup évolué pour Don Camillo et Peppone : l’un est désormais évêque au Vatican, alors que l’autre s’est glissé sous les traits d’un sénateur. Mais quand Peppone annonce qu’il veut construire une Maison communale dans leur village d’origine en lieu et place d’une vieille chapelle, le sang de Don Camillo ne fait qu’un tour. Les deux hommes se retrouvent à nouveau pour en découdre.

Ce nouvel épisode aborde les années 60 avec prudence

Critique : Il a cette fois fallu attendre six ans pour que les auteurs de la saga Don Camillo décident de remettre le couvert pour un quatrième épisode. Basculant dans les années 60, la saga ne pouvait pas faire l’impasse sur l’actualité et décide donc d’évoquer la coexistence pacifique qui s’ouvre entre le bloc de l’Ouest (les Etats-Unis) et celui de l’Est (l’URSS). Afin d’accompagner le vieillissement des acteurs, ils font également du curé un évêque et du maire un sénateur. Cela permet notamment de délocaliser l’action à Rome durant les premières scènes du film.

don camillo, la jaquette de l'intégrale DVD

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Toutefois, ce point de départ s’avère finalement une mauvaise idée, car les auteurs sont contraints de justifier le retour des deux ennemis dans leur village par une pirouette pas franchement convaincante. Une fois de retour dans leur contrée, les saynètes se succèdent comme au bon vieux temps et l’on finit même par oublier que l’un est évêque et l’autre sénateur.

En réalité, l’œuvre de Guareschi ne peut guère supporter le moindre changement géographique ou contextuel. Or, ces nouvelles aventures, pour la plupart sympathiques, ont bien du mal à faire sens dans ce quatrième volet qui commence sérieusement à tirer à la ligne.

Un sentiment permanent de déjà vu

Le spectateur a donc le sentiment d’avoir déjà fait le tour des contradictions des différents personnages. Ainsi, Don Camillo est toujours aussi menteur, cachottier et bagarreur, tandis que Peppone se drape d’un anticléricalisme de façade pour complaire à ses camarades communistes, alors même qu’il a la foi.

Certes, l’opposition de caractères est encore agréable à suivre grâce à l’alchimie intacte entre Fernandel et Gino Cervi, un duo imparable. Mais cette fois, le cinéaste Carmine Gallone n’a pas su couper et nous impose un spectacle inhabituellement long pour une suite tardive, à savoir deux heures. Alors que le script se résume à une compilation d’événements sans réelle structure, la durée excessive vient tempérer notre plaisir de spectateur qui commence à trouver le temps long.

Finalement, c’est lorsque l’émotion s’invite à la fête lors des obsèques d’un camarade communiste que Carmine Gallone parvient à marquer des points. La séquence, qui nous fait le coup de l’unité nationale au nom des défunts, est plutôt réussie. Par contre, on ne cherche plus ici de vraies ambitions cinématographiques et l’ensemble repose uniquement sur le savoir-faire d’acteurs chevronnés.

Un nouveau succès pour la franchise

Sorti six ans après le précédent opus, Don Camillo… Monseigneur ! a encore convaincu plus de 4,2 millions de spectateurs français. Il s’agit d’un beau résultat, même si la chute inexorable des entrées n’est aucunement enrayée. Le métrage se situe à la 8ème marche du podium français annuel, ce qui demeure très satisfaisant. En Italie, le public est bien plus fidèle avec plus de 6,6 millions de spectateurs décidément friands de cette saga qui va perdurer avec un cinquième opus. Toutefois, comme Carmine Gallone abandonne le cinéma en 1962, après une riche carrière débutée à l’aube du 20ème siècle, un certain Luigi Comencini a pris la suite pour Don Camillo en Russie.

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Critique de Virgile Dumez 

La franchise Don Camillo

Don Camillo Monseigneur, l'affiche

© 1961 Cineriz – Francinex / Illustrateur : Yves Thos. Tous droits réservés.

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