Alexandre Rignault débute au théâtre en 1926 et entame une collaboration avec Louis Jouvet à la Comédie des Champs-Élysées. Il joue alors dans des pièces de Gogol, Giraudoux ou Achard. Il sera fidèle aux planches jusqu’en 1970, de l’Athénée aux Célestins en passant par le Théâtre Antoine, du Festival de Nanterre à celui d’Avignon, dans des spectacles mis en scène par Gaston Baty, Georges Vitaly ou Robert Hossein.
Alexandre Rignault traverse aussi cinquante ans de cinéma français, accumulant les seconds rôles, ce qui lui vaudra d’avoir son entrée dans Les excentriques du cinéma français, ouvrage culte de Raymond Chirat et Olivier Barrot. On le voit notamment en critique d’art dans La chienne (1931) de Jean Renoir, roi Henri VIII dans François 1er (1937) de Christian-Jaque, médecin dans Le puritain (1937) de Jeff Musso, ou géant dans La charrette fantôme (1939) de Julien Duvivier.
Dans les années 40, il endosse l’uniforme de capitaine dans Volpone (1940) de Maurice Tourneur, campe le colosse brutal de L’éternel retour (1943) de Jean Delannoy ou le commissaire Juve de Fantômas version Jean Sacha (1947).
Il reste spécialisé dans les personnages bourrus, austères ou inquiétants à la décennie suivante, gendarme dans Nous sommes tous des assassins (1952) d’André Cayatte, prêtre dans Le Rouge et le Noir (1954) de Claude Autant-Lara, ou aubergiste dans Le bossu (1959) d’André Hunebelle. Le comédien est toujours actif dans les années 60 et 70, inspecteur dans Les yeux sans visage (1960) de Georges Franju, ou voisin dans Les guichets du Louvre (1974) de Michel Mitrani.
Alexandre Rignault continue à tourner jusqu’en 1984, grand-père breton dans Mon oncle d’Amérique (1980) d’Alain Resnais, ou vieil oncle dans Y a-t-il un Français dans la salle ? (1982) de Jean-Pierre Mocky. L’acteur aura également été vu dans des films de Lang, L’Herbier, Gance, Godard, Chabrol… Il a par ailleurs été un pilier de l’ORTF (la mini-série Les rois maudits).