Des hommes de Lucas Belvaux : la critique du film (2021)

Drame, Historique | 1h41min
Note de la rédaction :
7/10
7
Des hommes de Lucas Belvaux (2020), affiche

  • Réalisateur : Lucas Belvaux
  • Acteurs : Gérard Depardieu, Jean-Pierre Darroussin, Catherine Frot, Yoann Zimmer
  • Date de sortie: 07 Jan 2021
  • Nationalité : Français, Belge
  • Titre original : Des Hommes
  • Titres alternatifs : Home Front
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Lucas Belvaux, d'après le roman de Laurent Mauvignier
  • Directeur de la photographie : Guillaume Deffontaines
  • Compositeur : -
  • Société(s) de production : Synecdoche (France), Artémis Productions (Belgique), France 3 Cinéma (France), Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) (Belgique), VOO (Belgique), BE TV (Belgique), Shelter Prod (Belgique), Canal+ (France), Ciné+ (France)
  • Distributeur (1ère sortie) : Ad Vitam Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics avec avertissement : ""Certaines scènes de ce film qui présentent la violence des hommes pendant la guerre d'Algérie sont de nature à heurter un public sensible."
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : Label Cannes 2020, présenté au Festival de Deauville 2020, Brussels International Film Festival, Festival du film francophone d'Angoulême 2020
  • Illustrateur / Création graphique : Design : Benjamin Seznec / Troïka - Photo : David Koskas
  • Crédits : © Synecdoche - Artémis Productions / France 3 Cinéma / RTBF
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Extrait de Des hommes de Lucas Belvaux

Entre silences et témoignages, Des hommes de Lucas Belvaux tente de réparer, un peu maladroitement, les souffrances infligées à ceux qui ont connu les horreurs de la guerre d’Algérie. Label Cannes 2020.

Synopsis : Ils ont été appelés en Algérie, au moment des « événements » en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et tant d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus. Ils ont vécu leurs vies. Mais parfois, il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

Critique : Depuis quelques années, le cinéma se risque à lever le voile sur ce thème encore sensible de la guerre d’indépendance en Algérie. Touché par la lecture du roman éponyme de Laurent Mauvignier, cet observateur passionné qu’est Lucas Belvaux y voit le prolongement de Chez nous, son précédent film consacré à la montée du Front national, et décide de l’adapter. En confrontant les destins individuels avec la grande Histoire, il apporte un regard personnel sur les blessures secrètes à tout jamais imprimées dans les consciences de ceux dont personne n’a jamais voulu écouter les récits. Mais sans doute le sujet ne se laisse-t-il pas si facilement apprivoiser, puisque, malgré un trio de comédiens de choc et une tentative d’équilibrage entre passé et présent, le récit démarrant sous la forme d’une chronique intimiste prend peu à peu l’allure d’un documentaire à la froideur désarmante.

Des hommes de Lucas Belvaux, photo

© Synecdoche – Artemis Productions – Photo : David Koskas

Des flammes dessinent des ombres oranges et bleues dans une cheminée, laissant flotter une apparente quiétude, pourtant bien trompeuse. Car le feu qui dévore le cœur de Bernard (Gérard Depardieu toujours aussi époustouflant de conviction dans la peau de ce personnage cabossé) désormais surnommé Feu-de-bois n’en finit plus de se consumer. Ce colosse bourru vit reclus dans une maison mal entretenue. Aujourd’hui, exceptionnellement, il a revêtu ses plus beaux habits et enfourche sa mobylette pour rejoindre la salle des fêtes du village où l’on célèbre l’anniversaire de sa sœur, le seul être humain qui ait encore grâce à ses yeux. A son arrivée, l’animosité des villageois à son égard est palpable. Même Rabut (Jean-Pierre Darroussin), son ami de jeunesse et compagnon de combat, le supporte mal. Et la situation s’envenime quand cet ogre raciste et enragé s’en prend à Saïd et sa famille, au seul prétexte qu’ils sont d’origine algérienne. Mais quel est donc ce secret qui le ronge ? Si l’on comprend dans un premier temps qu’il prend sa source au cœur d’une famille divisée, empêtrée dans des querelles de classe, d’argent, de religion et de politique, on devine par la suite qu’il se double d’un secret d’histoire sur lequel Lucas Belvaux choisit de se concentrer.

Pour tenter d’en saisir la complexité, il rassemble un chœur de voix afin d’exposer une diversité de points de vue tout en prenant garde de ne jamais prendre parti. Si l’intention est louable, le procédé trouve vite ses limites. Une multiplicité de voix off, accompagnées d’images directement tirées de documents de l’époque, s’évertue à disséquer les rouages d’une mécanique certes terrifiante avec un didactisme qui finit par annihiler toute trace d’émotion. Même s’il n’est pas question de remettre en cause le talent des jeunes comédiens (Yohann Zimmer, Edouard Sulpice, Félix Kysyl…) qui font revivre le passé, la disparition à l’image des trois interprètes principaux (Darroussin, Depardieu, Frot) qui emportent avec eux tout un pan de l’histoire familiale à peine amorcée, prive une bonne partie du film de sa substance initiale.

Si le chemin emprunté pour accéder à l’âme de ces hommes meurtris par la chape de silence qui s’est abattu sur eux se fait trop contemplatif pour éveiller quelque émoi, il sème tout au long de son parcours quelques pierres utiles pour offrir un nouvel angle d’approche sur une tragédie nationale encore aujourd’hui taboue et dont les stigmates sont toujours visibles. Une manière inaboutie mais nécessaire de rendre hommage à ceux qui n’aspiraient qu’à être des hommes mais que les horreurs de la guerre ont à tout jamais transformés.

Critique : Claudine Levanneur

Sorties du 7 janvier 2021 repoussées

Des hommes de Lucas Belvaux (2020), affiche

© Synecdoche – Artémis Productions / France 3 Cinéma / RTBF – Design : Benjamin Seznec / Troïka – Photo : David Koskas

Extrait Des hommes de Lucas Belvaux

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Des hommes de Lucas Belvaux (2020), affiche

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