Dans la ligne de mire : la critique du film (1993)

Thriller, Drame, Action | 2h08min
Note de la rédaction :
7/10
7
Le navet de Wolfgang Petersen, Dans la ligne de mire, affiche

  • Réalisateur : Wolfgang Petersen
  • Acteurs : Clint Eastwood, Rene Russo, John Malkovich, Dylan McDermott, Gary Cole
  • Date de sortie: 08 Sep 1993
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : In the Line of Fire
  • Année de production : 1993
  • Scénariste(s) : Jeff Maguire
  • Directeur de la photographie : John Bailey
  • Compositeur : Ennio Morricone
  • Société(s) de production : Columbia Pictures, Castle Rock Entertainment
  • Distributeur (1ère sortie) : Columbia Tri Star
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Gaumont Columbia Tri Star (VHS, 1994) / Columbia Tri Star Home Vidéo (VHS, 1996) / Columbia Tri Star Home Vidéo (DVD, 2001) / Columbia Tri Star Home Vidéo (blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : 20 août 2008 (blu-ray)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 955 164 entrées / 333 404 entrées
  • Box-office nord-américain 102,2 M$
  • Budget : 40 M$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Stereo
  • Festivals et récompenses : 3 nominations aux Oscars 1994 : Meilleur acteur dans un second rôle pour John Malkovich, Meilleur scénario original et Meilleur montage
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Columbia Pictures Industries Inc.
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 2/5]

Porté par des acteurs charismatiques, Dans la ligne de mire est un thriller tendu qui demeure efficace près de trente ans après sa conception.

Synopsis : Frank Horrigan, agent des services secrets américains, est hanté par le souvenir d’un échec douloureux. Il faisait partie de la brigade chargée de la protection de John Fitzgerald Kennedy. Trente ans plus tard, il est à nouveau appelé à faire partie de la brigade de protection du président des Etats-Unis qui entre en campagne de réélection.

Eastwood reconquiert son public au début des années 90

Critique : En 1992, la carrière légèrement déclinante de Clint Eastwood connaît une embellie avec le triomphe critique et public obtenu par son western crépusculaire Impitoyable. Salué par 4 Oscars dont celui des meilleurs film et réalisateur et des recettes mondiales de plus de 160 millions de dollars pour un budget réduit de 14 millions, Impitoyable réaffirme la place majeure de Clint Eastwood dans l’industrie hollywoodienne.

Eastwood accepte dans la foulée de quitter le temps d’un film la Warner pour venir tourner Dans la ligne de mire (1993) au sein de la Columbia pour le compte de la société Castle Rock. Il cède également le poste de réalisateur au profit de l’Allemand Wolfgang Petersen qui a connu quelques succès dans les années 80 (Le bateau, L’histoire sans fin). Enfin, il ne peut s’appuyer sur aucun de ses collaborateurs habituels et va donc à nouveau jouer à l’acteur sans filet dans ce thriller prometteur issu d’un script qui traîne dans les tiroirs depuis le début des années 80.

Un film où Clint Eastwood se met aux ordres du réalisateur

Longtemps attaché à l’acteur Dustin Hoffman, le scénario a subi de très nombreuses réécritures jusqu’à ce que Jeff Maguire écrive la version finale établissant notamment le passé traumatique de Frank Horrigan qui se sent responsable de la mort de John F. Kennedy. L’auteur reste d’ailleurs l’unique nom crédité au générique en ce qui concerne le scénario. De nombreux éléments ont pu séduire Clint Eastwood dans ce script, comme le fait que l’on insiste sans cesse sur l’âge avancé du protagoniste, mais aussi sur sa capacité à surmonter un passé douloureux et à séduire une femme bien plus jeune que lui – ici incarnée par Rene Russo, la révélation de L’arme fatale 3 (Donner, 1992). Autant de thématiques que l’on trouve régulièrement dans son cinéma.

Enfin, Clint Eastwood est également séduit à l’idée d’être confronté à John Malkovich, acteur qu’il voulait faire tourner depuis longtemps sans parvenir à le convaincre. Ce sera chose faite grâce à l’entremise de Wolfgang Petersen, réalisateur qui parvient à s’imposer face à Eastwood. Tous les témoignages indiquent que Petersen était bien à la barre du projet et que Clint Eastwood n’est pas intervenu dans les choix de mise en scène, contrairement à ce qui s’était passé autrefois avec des cinéastes plus malléables comme Buddy Van Horn.

Dans la ligne de mire ausculte les zones d’ombre du système américain

Et de fait, Dans la ligne de mire propose une réalisation très dynamique qui tranche avec la nonchalance habituelle d’Eastwood. Certes, on reste ici dans un classicisme formel qui ne bouleverse pas de fond en comble la donne, mais Petersen injecte une bonne dose d’énergie au long-métrage par la grâce d’un montage efficace. Contrairement à bon nombre de blockbusters de l’époque, il ne délaisse aucunement la psychologie des personnages et prend son temps pour établir la relation particulière entre le tueur fou et celui qui le traque.

On retrouve ici un discours assez classique visant à accuser le gouvernement fédéral de créer des monstres qui se retournent ensuite contre les Etats-Unis. Dans la lignée du J.F.K. (Stone, 1991) avec Kevin Costner, Dans la ligne de mire revient sur l’assassinat de Kennedy intervenu une trentaine d’années auparavant. Toutefois, le discours est ici bien différent puisque le long-métrage reprend plutôt la thèse officielle du tueur fou solitaire, là où Oliver Stone enfourchait la thèse du complot. Spectacle qui se veut avant tout un divertissement, le film de Petersen n’est pas là pour polémiquer et préfère donc jouer de manière intelligente avec l’histoire officielle. Par la magie des effets spéciaux, un Clint Eastwood jeune est donc incrusté dans des images d’archives avec Kennedy, histoire d’affermir les bases de l’intrigue principale.

Une production calibrée, diablement efficace

Joué avec aplomb par Eastwood, Dans la ligne de mire bénéficie également de l’inquiétante prestation de John Malkovich (qui lui a valu une nomination pour l’Oscar du meilleur second rôle masculin). Celui-ci se fait un malin plaisir à souffler le chaud et le froid en fonction des scènes. Il compose un tueur froid et implacable qui file le frisson. Cette opposition entre un chasseur et sa proie constitue le sel de cette production calibrée qui tient en haleine de la première à la dernière image.

On notera enfin la bonne tenue de la musique composée par Ennio Morricone qui sait mieux que quiconque créer la tension à l’intérieur d’un plan à l’aide de quelques cordes.

Un beau succès international, largement mérité

Sorti en grandes pompes au début du mois de juillet 1993 sur les écrans américains, Dans la ligne de mire a confirmé le regain d’intérêt envers Clint Eastwood en se hissant à la septième place annuelle du box-office nord-américain. En France toutefois, le film échoue à franchir la barre du million, mais ses 955 164 entrées constituent tout de même le plus gros succès de l’acteur sur notre territoire depuis de nombreuses années.

Sans être un incontournable, Dans la ligne de mire demeure près de trente ans après sa réalisation un thriller efficace, tendu et donc divertissant.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 8 septembre 1993

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Le navet de Wolfgang Petersen, Dans la ligne de mire, affiche

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Le navet de Wolfgang Petersen, Dans la ligne de mire, affiche

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