Cinq pour l’enfer : la critique du film (1969)

Film de guerre, Aventures | 1h35min
Note de la rédaction :
6/10
6
Cinq pour l'enfer, l'affiche

  • Réalisateur : Gianfranco Parolini
  • Acteurs : Klaus Kinski, Margaret Lee, Gianni Garko, Aldo Canti, Sal Borgese
  • Date de sortie: 13 Août 1969
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : 5 per l'inferno
  • Scénario : Sergio Garrone, Renato Izzo et Gianfranco Parolini
  • Musique : Elsio Mancuso
  • Distributeur : Les Films Fernand Rivers
  • Editeur vidéo (DVD) : Artus Films
  • Sortie vidéo (DVD) : 2 juin 2015
  • Box-office France / Paris-périphérie : 631 998 entrées / 185 657 entrées
  • Crédits affiche : © Ambrosiana Cinematografica, Società Ambrosiana Cinematografica (SAC), Filmstar. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Film bis jusqu’au bout des ongles, Cinq pour l’enfer est un divertissement enjoué et pétaradant qui ne se prend jamais au sérieux. Ou comment voir la Seconde Guerre mondiale sous un angle insouciant.

Synopsis : Italie. 1944. Un commando spécial de soldats américains est formé pour mettre la main sur des plans ennemis. Dirigée par le lieutenant Hoffmann, la troupe doit investir une villa qui sert de QG aux Nazis. Ils vont devoir faire face au colonel Mueller, officier SS d’une cruauté glaciale.

Les 12 salopards rencontrent les Ocean’s eleven

Critique : A la fin des années 60, deux sous-genres font un carton dans les salles du monde entier. D’une part le film de commando connaît une envolée grâce à l’impact commercial des 12 salopards (Aldrich, 1967) et d’autre part, le film policier se décline de plus en plus sous la forme du casse spectaculaire. Les auteurs et producteurs italiens, toujours prêts à exploiter les dernières recettes éprouvées, se lancent avec Cinq pour l’enfer (1969) dans un mélange de ces deux tendances.

Cinq pour l'enfer, jaquette du DVD Artus

© 2015 Artus Films. Tous droits réservés.

Ainsi, le scénariste Sergio Garrone imagine une intrigue où un commando de cinq soldats américains doit pratiquer un casse dans une grande demeure italienne, siège d’un avant-poste nazi. Ils ont pour mission d’extraire d’un coffre-fort des documents précieux indiquant les plans des nazis pour encercler l’armée américaine (en fait, un vague plan griffonné à la main, mais on passe!). Il s’agit bien ici de mêler deux sous-genres dans un seul et même long-métrage, histoire de proposer un maximum de péripéties au public.

La Seconde Guerre mondiale, c’est décidément trop cool !

Déjà inventeur de ce que l’on pourrait qualifier de western-gadget, le réalisateur Gianfranco Parolini applique exactement la même recette à son film de guerre. Ainsi, Cinq pour l’enfer est sans aucun doute l’un des films de guerre les moins sérieux de l’histoire du cinéma. Le réalisateur prend l’ensemble de l’intrigue avec désinvolture et légèreté puisque son unique but est bien de divertir le public. Dans Cinq pour l’enfer, rien ne semble vraiment grave, puisque les personnages sont plutôt décontractés, même dans les situations les plus dangereuses.

Là où les amoureux du film de guerre traditionnel attendent de la tension et des drames humains, Parolini préfère multiplier les scènes d’action folles et délirantes – voir des soldats franchir une clôture électrifiée à l’aide d’un trampoline est quand même un grand moment de cinéma – ainsi que des moments sautillants et parfois drôles.

Tuer des nazis, un passe-temps comme un autre

Dès les premières minutes montrant un entrainement peu crédible, le long-métrage révèle son profond ADN, celui d’un pur film bis. Décalé en permanence, parsemé d’outrances typiquement italiennes, le film scandalisera donc tous les amoureux du bon goût et devrait ravir tous les autres. Effectivement, alors que bon nombre de films de guerre très sérieux sont aujourd’hui difficilement regardables tant ils sont ennuyeux, Cinq pour l’enfer est une œuvre dynamique, pétaradante et d’une incroyable générosité en matière d’action. Fun du début à la fin, le film nous fait alternativement sourire – on adore l’emploi d’une musique ultra-romantique sur des séquences qui ne s’y prêtent pas du tout – tout en réservant quelques jolis moments de suspense lors du casse.

L’ensemble est d’ailleurs porté par des acteurs parfaitement dans leur élément. Gianni Garko fait un chef d’expédition charismatique qui compense souvent la fadeur de ses autres comparses. Face à eux, Klaus Kinski compose une nouvelle fois une belle figure de nazi pervers. Il est tout bonnement extraordinaire, sans en faire des tonnes. Enfin, la caution féminine est assurée par la belle Margaret Lee qui cherchait alors à se diversifier, elle qui tournait essentiellement dans des euro-spy. Elle fait une espionne plutôt convaincante.

Un joli succès commercial, finalement bien mérité

Le succès du film, aussi bien en Italie qu’à l’international, n’est donc pas si étonnant que cela au vu des mérites de cette œuvre foutraque, certes, mais souvent grisante et toujours amusante. En France, ils furent tout de même plus de 600 000 spectateurs à répondre présent dans les salles obscures de l’Hexagone. Un score très satisfaisant pour ce type de production peu prestigieuse et descendue en flammes par la critique.

Pourtant, Cinq pour l’enfer, tout bis qu’il est, apparaît comme un divertissement revigorant qu’il est bon de visionner en groupe pour en partager les moments les plus savoureux.

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Critique du film :  Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 13 août 1969

Cinq pour l'enfer, l'affiche

© Ambrosiana Cinematografica, Società Ambrosiana Cinematografica (SAC), Filmstar. Tous droits réservés.

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